dimanche 30 décembre 2012

Plus jamais indifférent-e-s

Je me sens assez cheap depuis le début du temps des fêtes de ne pas commenter le mouvement Idle no More. Mais comment faire autrement que, de manière convenue, appuyer les autochtones, ainsi que leurs prouesses actuelles?

J'observe néanmoins que nous grognons contre Harper depuis sa première élection mais au Québec, où pourtant les gens sont les plus insatisfaits - le mot semble ridiculement faible, oui - nous ne faisons à peu près rien contre son gouvernement réactionnaire et dégoûtant. Bien plus dégoûtant et répressif d'ailleurs que ne l'a jamais été Jean Charest.

Je demeure interloqué par la faible contamination du mouvement Idle no More. C'est une incroyable initiative prise par les Premières Nations (je dirais même autant nécessaire qu'héroïque), évidemment; on en parle partout; maintenant pourquoi ne pas le suivre.

vendredi 21 décembre 2012

Le vandalisme sur les murs de l'UQAM.

L'UQAM a décidé de faire table rase sur des années de création artistique, tout en bloquant l'accès à un espace vital aux étudiant-e-s pendant une bonne partie de la session d'hiver.

Il y a, je pense, au moins dix ans, les étudiant-e-s de l'UQAM ont commencé à gribouiller des choses sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, couvrant bientôt dans des teintes monochromes une surface gigantesque. À chaque grève ou occupation de l'UQAM, il y avait de nouveaux débats, dessins et commentaires qui apparaissaient spontanément. C'était intéressant mais d'une esthétique douteuse. L'administration a laissé faire pendant un bon moment jusqu'à ce qu'elle décide de tout couvrir dans une teinte de blanc sale, gâchant une source fascinante d'histoire institutionnelle. Et comme une seule couche de peinture avait été posée, on voyait encore, en-dessous, les vieilles marques faites au crayon feutre. C'était bien plus laid qu'auparavant.

Scandalisé-e-s, les étudiant-e-s se sont plaint-e-s, ont fait pression et ont finalement obtenu, en mars 2010, de repeindre les murs à leur goût. Pendant toute une soirée, des dizaines d'étudiant-e-s ont redécoré les murs, et ce avec la permission de l'UQAM, qui a même tenté de récupérer cet état de fait en vissant de petites affichettes qui disaient "espace d'expression libre" ou un truc de même. Je ne me souviens plus trop de la mention exacte parce qu'on les a toutes arrachées.

Cet art a été créé pour un coût dérisoire et en fait avec énormément de plaisir partagé. Il ne s'agissait pas de vandalisme, mais de poésie, de dénonciation par l'art. L'arrière-plan de mon blogue est d'ailleurs constitué d'un des "graffitis" gribouillés pendant cette période. Il m'est aussi arrivé de guider des ami-e-s dans l'UQAM, entré-e-s expressément pour admirer les murales.

Les journaux ne montrent que les graffitis les plus dégoulinants et les plus laids.

Un autre exemple de "vandalisme" fait sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, à l'UQAM.

Et que dire des autres messages de haine!

Ces deux photos datent d'avril 2010 (je me suis fait piquer mon appareil-photo l'été suivant par les flics de Toronto et je ne l'ai jamais revu). Depuis, certaines murales ont été repeintes, d'autres considérablement modifiées (par exemple, "agriculteur" a été féminisé). D'une manière générale, je trouve que les murs ont été améliorés au cours des deux dernières années. Ils ne sont en aucun cas "intimidants". Il y a eu des attaques ad hominem, certes, en admettant que des caricatures de Michèle Courchesne soient des attaques.

C'est évident qu'il y a eu des mauvais choix esthétiques fait par la suite. Les « A » cerclés dessinés dans les vitres des fenêtres, c'était moche comme idée. D'autres artistes ont aussi cochonné le plancher un peu partout. Et certaines phrases prennent vraiment trop de place, ou sont écrites sur la brique, à des endroits peu commodes. On peut faire tenir un message sur une surface lisse de 1 m2, mais ça, certaines personnes l'ont visiblement pas compris.

Mais l'avantage de l'exercice, c'est justement qu'on peut toujours repasser sur les échecs en reconstruisant par-dessus. Sans dépenses pour l'université. Cette dernière tente de régler le problème en imposant son autorité conformiste, parce qu'elle veut avoir la réputation d'une institution sérieuse aux murs bien blancs (quoique couverts en plusieurs endroits de pubs de Pepsi). C'est stupide.

Une autre solution aurait été de négocier avec les étudiant-e-s et le personnel pour que ceux-ci nettoient eux-mêmes les graffitis hideux pour les remplacer par de nouvelles murales, plus jolies et qui ne camoufleraient cependant pas nécessairement le message originel. Pourquoi pas repeindre ce fameux « débordons absolument » au milieu d'une rivière agitée et en pleine débâcle, qui traîne dans ses flots les ruines du vieux monde?

Parce que l'UQAM est une institution conformiste qui n'aime pas la beauté, mais le béton uni, le blanc uni, la police, l'ordre, la discipline, les dépenses en sécurité. Elle veut que l'université conserve son rôle traditionnel, qui n'est pas « révolutionnaire et subversif » comme le dirait l'ASSÉ, mais d'imiter le milieu carcéral, avec ses horaires réglés à la seconde et sa lubie d'adapter de force les rebelles à notre système capitaliste de castes. Elle veut tout contrôler et nous faire croire que nous avons le choix.

Fuck l'UQAM et son vandalisme des oeuvres d'art. Vive les graffitis, qui ne sont intimidants que parce qu'ils font ressortir la brutalité des murs totalement blancs.

L'Académie

video

Mort aux perruques.

(Extrait de Cyrano de Bergerac, de Rappeneau.)

jeudi 13 décembre 2012

La trahison du PQ.

Le PQ est loin de l'époque pendant laquelle ses député-e-s portaient le carré rouge. On navigue maintenant de déception en déception, sans d'ailleurs que la plupart des péquistes, pourtant souvent progressistes, ne pensent à critiquer leur parti en public. Illes tiennent leur rang et c'est sans doute ce qui fait le plus mal à la société québécoise. Le PQ coupe là où le PLQ n'aurait jamais osé. La droite reproche au PQ de reculer: mais le PQ ne recule que sur ses mesures progressistes, menacé qu'il est par les mass médias et les agences de notation. La droite reproche finalement au gouvernement de faire ce que la droite veut.

J'aurais pu croire qu'on aurait pu arriver à des résultats complètement différents avec ce gouvernement. Avant les élections, j'avais imaginé deux scénarios: ou bien les mesures progressistes du PQ seraient poussées en avant, alors que les mesures nationalistes seraient bloquées par les partis d'opposition; ou bien l'opposition (en l'occurrence la CAQ) ne laisserait passer que les mesures nationalistes, bloquant tout progrès et transformant le PQ en Parti Conservateur du Canada, exaltant ses éléments xénophobes et obscurantistes. Il semble que nous soyons confronté-e-s à un scénario intermédiaire. Mais aurait-on pu réellement s'attendre à autre chose?

Dans tous les cas, la contestation est inexistante. La FECQ et la FEUQ, qui ont de toute façon fort à faire en dénonçant l'ASSÉ et en gérant les défections massives dans leurs rangs (bien fait pour eux!), sont muettes comme des carpes. L'ASSÉ grogne un peu, mais comme à l'habitude, à travers le filtre des mass médias, il n'en ressort qu'un petit filet de paroles qui est tout de suite dressé comme un épouvantail pour effrayer les braves travailleur-e-s qui sont tellement bon-ne-s de se lever à tous les matins et de polluer notre air de Longueuil à Rimouski. Et l'ASSÉ, encore, ne semble intéressée qu'à cet inutile Sommet sur l'Éducation.

Je me sens pas trahi par le PQ parce que j'ai trahi le PQ autour de 2006 en adoptant le drapeau noir une fois pour toutes. Mais je suis triste pour les gens qui attendaient tant de sa part et qui viennent d'être trahis par lui. Triste surtout parce que la plupart continuent de le défendre.

Après les élections, j'étais muet. Si je peux remercier les péquistes de ma connaissance d'une chose, c'est d'avoir été prudent-e-s avant de me faire la morale. Je sentais venir le fameux « tu vois, les élections peuvent changer quelque chose » comme une escouade de flics en armure lancée à 100km/h dans les rues de Montréal. Mais ils n'ont rien dit, me privant d'ailleurs du plaisir de leur répondre maintenant: « tu vois, les élections sont inutiles. »

La seule chose que nous conservons pour le moment, c'est ce maudit pseudo-gel des frais de scolarité dont, finalement, je me crisse un peu. Le reste nous file entre les doigts comme de l'eau, incluant l'essentiel désir de révolte.

Et les puissant-e-s profitent du temps mort pour placer leurs pions, parce qu'eux ne sont pas aussi épuisé-e-s que nous. Illes ont encore cette énergie parce qu'on ne s'est jamais vraiment attaqué-e-s à eux. Et qu'alors qu'on luttait bénévolement, eux, illes étaient payé-e-s des centaines de milliers de dollars pour nous envoyer leurs flics, leurs injonctions, leurs lois ridicules et liberticides, leurs chroniques nauséabondes.

Au printemps dernier, il n'aurait fallu à la population qu'un seul pas supplémentaire pour monter dans le sentier révolutionnaire. Mais elle a préféré se rasseoir et attendre que le gouvernement change tout. Un militant de Québec Solidaire m'avait bien confirmé partager ce désir. Il m'avait dit, dans une station de métro: « Je ne veux pas me sentir toujours délégué. » Sous-entendu: « je ne veux pas avoir le contrôle de ma vie, c'est trop de problèmes à régler. »

***

Je crois de moins en moins au progrès lent du réformisme. Le système le refuse plus souvent qu'autrement. Sinon c'est la menace de décote. Il FAUT privatiser et détruire notre environnement, c'est un impératif du capitalisme. Devant la tyrannie des agences de notation et des banquiers austères qui habitent dans des palais, il n'y a aucun compromis possible. Devant l'horreur du nationalisme et de l'irrationnel, le savoir ne peut faire aucune concession.

Nous devons tout détruire.

samedi 8 décembre 2012

Un racisme tellement banal.

Martineau, à Maurais Live, nous compare à des « Japonais ». Ou plus précisément à une image folklorisée, stéréotypée et archaïque des touristes japonais.

Racisme ordinaire et banal dans la ville de Québec.



« Ça prouve que nous sommes tous devenus des Japonais. Tu voyages, maintenant et les Japonais ne regardent pas la Tour de Pise. [...] Ils ne regardent que par l'entremise d'une lentille. [...] Tsé sont tous comme ça les Japonais. »

Lien vers l'émission originale du 6 décembre 2012.

vendredi 7 décembre 2012

Le cabaret anarchiste à l'Achoppe.

C'est ce soir, au 1800, avenue Létourneux. C'est à 20h00 et c'est gratuit. C'est une soirée à micro ouvert, donc si vous avez écrit des textes, des courts monologues, de la poésie, de la chanson, vous aurez la chance de présenter un numéro.

Les cabarets anarchistes sont maintenant tellement en demande que le Bloc des Auteur-e-s anarchistes en organisent jusqu'à Saguenay. C'est devenu un formidable party alternatif auquel vous pouvez participer du début à la fin, ou juste y venir pour un petit tour. Vous pouvez en profiter pour vous procurer nos livres - je ne dirais pas que ça ferait un parfait cadeau de Noël, parce que franchement j'aime pas Noël - et discuter avec plusieurs auteur-e-s.

Tout le monde peut venir! (Sauf les oppresseur-e-s.)

Le thème de ce cabaret: la paresse.

Soyez-y!

lundi 3 décembre 2012

Une libération.

Mandy Hiscocks, accusée dans les suites du G-20 de Toronto et emprisonnée pendant presque un an par des oppresseurs dans la prison pour femmes Vanier, a finalement été libérée. Vous pouvez lire de ses commentaires sur ce blog.

Notez que plusieurs accusé-e-s du G-20 n'ont pas encore reçu leur sentence et sont toujours en procès. Non, ce n'est pas terminé. Cette histoire ne sera terminée que quand nous aurons l'anarchie.

Fuck la prison, fuck l'État, fuck le capitalisme et toute forme d'autorité.

« So thanks to you, state, for giving me some of the information and tools i need to be more of a pain in your ass. »
- Mandy Hiscocks