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dimanche 29 avril 2012

Conseil Général du PLQ à Victoriaville - MA ville!

Le PLQ aurait pu faire une erreur fatale en organisant son Conseil Général dans ma ville d'origine, Victoriaville.
 

J'espère que la CLASSE, la FECQ (le cégep de Victo est affilié à cette dernière) ou le monde de la place tous seuls (illes en seraient capables!) vont quand même brasser la cage.

Victo: vous connaissez?

Pour votre information, le cégep de Victoriaville a fait seulement une semaine de grève en 2012, et deux semaines en 2005, quoique les étudiant-e-s d'arts et lettres, ainsi que les étudiant-e-s en agriculture biologique[1] aient décidé héroïquement de continuer une grève modulaire pendant un bout de temps.  Il est très difficile d'organiser le mouvement étudiant là-bas: petites institutions scolaires, milieu très homogène et particulièrement conservateur, familles souvent peu politisées, taux d'analphabétisme explosif et malgré tout un taux de chômage presque inexistant.

L'étalement urbain extrême (tout le monde veut habiter en campagne, mais près de la ville) rend la mobilisation d'autant plus difficile.  L'ambition des Victoriavillois-es n'est pas de faire leur petite vie tranquille et d'habiter en ville, près des festivals (nombreux), du cinéma, des petites épiceries et des cafés-restos-bars (très bons: je recommande le Farniente, le Vieux-Saint-Pierre, et pour finir la soirée, le Shad café; le café culturel, ouvert vers 2004-2005(?) était aussi une bonne idée, mais je ne sais pas si ça a fini par lever), mais de défricher une partie du Mont Arthabaska pour se bâtir un manoir en clabord de vinyle et vivre à flanc de montagne, surtout avec pas d'arbres, parce que les arbres c'est la sauvagerie et ça cache la vue.

Le maire est un opportuniste populaire qui a convaincu les gens de voter pour lui en disant qu'il voulait favoriser les aîné-e-s[2].  Car Victo est une ville de vieux, un ghetto de retraité-e-s qui vivent et meurent dans un quartier qui doit couvrir l'équivalent de la surface d'Hochelag'.  Sur 3 km, il y a plus de triporteurs électriques sur la piste cyclable que de vélos.  Les vieux sont bien plus typiques de Victo que ne l'est la poutine ou l'humour absurde des Chick'n swell.  Même qu'être jeune est sur le bord d'être interdit.  J'en ai déjà parlé.

La mobilisation

J'ai fait des manifs à Victo, contre la construction du Wal-Mart entre autres; nous étions rarement plus que dix et encore, la moitié étaient du PQ.

Mais il s'est passé assez de choses pour qu'on puisse déterminer que Victo possède un important potentiel d'anarchie. Un bon exemple: en 2005, les étudiant-e-s de la Polyvalente Le Boisé ont foxé en masse leurs cours pour rejoindre les quelques cégepien-ne-s qui avaient décidé de prendre la rue Notre-Dame-Est et de faire un party immense devant le bureau du député libéral, Claude Bachand.  Cette fois-là, nous étions 450 jeunes à bloquer complètement la rue et à danser en plein centre-ville.

Nous avions aussi, la même année, perturbé une conférence de Pierre Reid, le ministre de l'éducation de l'époque, en pénétrant en trombe dans l'édifice de la Commission Scolaire.  L'agent de sécurité n'a pas bougé, ahuri.  Moins de réflexes que les sanglants Gardas de Montréal? Plus d'intelligence!

Nous avions pris le contrôle de la salle de conférence et un seul honorable représentant du Parti Libéral avait daigné rester: Claude Bachand[3], député ridicule et ancien prof de chimie, qui connaissait personnellement tous les étudiant-e-s et qui, avec son visage poupon qui avait tourné au rouge (comme un gros jalapeño bien mûr), affichait un air trahi.

Je lui ai tendu un nez de clown. « Tenez, vous pourriez donner ça au ministre. » Il ne m'a jamais pardonné cette boutade.  Il m'en veut peut-être encore.  Sinon, je ressens le désir vaniteux de lui rappeler son dégoût pour moi.  Et je regrette de ne pas pouvoir le faire.  Je suis vraiment désolé.  Il y a le lancement du recueil Subversions II à Québec.  J'ai écrit dedans.

 ***

Les activistes de Victo tentent de faire leur part.  Mais c'est pas facile.  Il y a eu une tentative de créer un campement de Occupons Victoriaville en novembre dernier.  Il paraît que c'était cool.  Mais Victo compte seulement 43 000 habitant-e-s.  Le bassin d'activistes est réduit de facto à quelques dizaines d'individus.

Le milieu communautaire

La présence plus que diffuse des contestataires est palliée par la présence d'institutions dynamiques.  Il y a le 40, rue Alice (le Centre d'Entraide Bénévole) et la Place Rita Saint-Pierre au 59, rue Monfette, des édifices dans lesquels sont situés plusieurs de ces organismes.  Quelques expériences extraordinaires font aussi de Victo un laboratoire en services sociaux (voir la deuxième note de bas de page).

Il y a plein de gens qui se souviennent qu'à Victo, il y a de la pauvreté et des difficultés.  Je voudrais parler de plein d'organismes, mais je vais n'en nommer qu'un seul: l'AGEPA. L'autobiographie d'un des militants de l'AGEPA est d'ailleurs disponible à la bibliothèque DIRA à Montréal: ça s'appelle Une histoire d'engagement social, un livre orange-beige boudiné; il me semble qu'il figure dans la section histoire. 

Quoi faire la fin de semaine prochaine

Allez perturber le Conseil Général du PLQ!  Victoriaville est trop devenue un havre de paix pour les crosseurs.  François Legault et Stephen Harper ont notamment pu y organiser des congrès et consultations dans l'impunité la plus totale.  Il faut que ça arrête.  Il y a toujours des milliers de visiteurs/euses dans les festivals les plus étranges à Victo.  Des gens plein les rues.  Il est temps que les Victoriavillois-es soient à la hauteur d'eux-mêmes et fassent annuler ce Conseil Général.


Mise à jour: les gens de Victo ont déjà formé un groupe Facebook dédié à l'hébergement de militant-e-s.  L'association étudiante du Cégep semble aussi réagir rapidement à l'annonce et multiplier les démarches.  Ça promet!  Bravo Victo!
________


[1] J'aime parfois croire que c'était grâce à ma suggestion faite à l'AGEECV.  Mais ce monde-là a pas besoin de moi pour trouver le moyen de désobéir.

[2]Son prédécesseur, Roger Richard, avait comme passe-temps favori le dézonage et la pollution.  Ça ne l'a cependant pas empêché de rendre hommage aux innovations locales en récupération et recyclage (le CFER de Normand Maurice, par exemple) et de se flatter la bedaine en faisant installer une pancarte géante sur l'autoroute, alimentée par un panneau solaire, et disant: "Victoriaville, berceau du développement durable".  J'ai toujours dit que la seule chose qu'avait faite le maire pour le développement durable avait été de se féliciter de faire du développement durable.
[3]Claude Bachand:
Adresse : 130, rue Notre-Dame Est G6P 3Z6
Téléphone : 819 758-7440
Télécopieur : 819 758-1583
Courriel : cbachand-arth@assnat.qc.ca
Site Internet : www.claudebachand.ca

lundi 23 avril 2012

Rassemblement pour le jour de la Terre : 300 000, vraiment?

J'ai de sérieux doutes sur le nombre de 300 000 personnes avancé par les organisateurs/trices de l'évènement d'hier, qui s'est tenu au centre-ville de Montréal.  Oui, il y avait une foule gigantesque, et oui, je me rends de plus en plus compte que la majorité de mes connaissances résidant à Montréal y étaient.  Mais 300 000, c'est 16% de la population de Montréal.  C'est énorme.  De plus, aucune photo jusqu'à date ne me permet d'estimer la foule de manière globale.  Et comme le trajet n'était pas assez long et que la maudite main géante empêchait tout le monde de circuler, je ne vois pas comment il a pu être possible d'évaluer autrement la foule qu'au pif.

Le 22 mars dernier, il aurait été pratiquement impossible de compter la foule comme je le fais parfois, par bloc de 20 ou 100 personnes.  J'ai calculé selon un débit moyen observé pendant une heure et demie sur la rue Sherbrooke.  C'était extrêmement imprécis mais encore possible.

Impossible de calculer le débit alors que la marche est autant ralentie par un tel bouchon.  Comment, alors, en est-on venu-e-s à cette conclusion?  J'ai entendu dire que d'autres organisateurs/trices se fient essentiellement sur une question d'espace.  On se demande combien de personnes rentrent par exemple à la Place des Spectacles, et si la Place des Spectacles est remplie, eh bien il y a environ tant de manifestant-e-s.

Alors bon.  En ce qui me concerne, je n'aurais certainement pas estimé la foule à moins de 80 000 personnes.  Mais c'était peut-être le double.  J'en ai aucune idée, j'étais à l'intérieur et la seule impression générale que j'ai pu avoir, c'est sur le flanc du Mont-Royal, en arrivant au parc Jeanne-Mance.

On peut assez facilement en conclure que les manifestations des derniers mois sont beaucoup plus historiques que les célèbres manifestations des Cols Rouges de 2010, ces contribuables en colère contre le gaspillage de fonds de l'État québécois.  Notons que le mouvement semble plus ou moins avoir perdu de sa cohésion, puisque leur site web ne répond plus.

Rappelons aussi qu'une manifestation de plus de 10 000 personnes est en temps normal très rare au Québec.  En quelques mois, les étudiant-e-s à eux seul-e-s ont réussi à organiser plus de rassemblements de cette taille que l'ensemble du Québec en peut-être une décennie.  L'ampleur de la contestation n'est pas sans précédents - il faut replacer chaque conflit dans son contexte - mais elle est impressionnante.

Le succès de la grande marche du Jour de la Terre est sans aucun doute une conséquence directe de cette mobilisation.  Il est impensable que sans le conflit étudiant, "300 000" personnes se soient réunies au centre-ville pour dénoncer le bilan de Charest et de Harper en environnement.  Les personnalités et artistes qui se sont chargé-e-s de faire la promotion de l'évènement ne se seraient sans doute d'ailleurs pas déplacé-e-s uniquement pour les femmes innues.  Illes ne se sont pas déplacé-e-s à Québec

Où je veux en venir: il semble y avoir une certaine contamination dans la contestation.  Ce n'est bien entendu pas généralisé.  Si je crois que la mobilisation est exceptionnelle, je ne nous crois pas du tout en contexte « révolutionnaire », que cette révolution soit un printemps « québécois », « érable », « étudiant », ou whatever.  Il est probable que les forces vives de cette contestation ne parviennent même pas à élire un autre gouvernement aux prochaines élections.  Et même si un nouveau gouvernement était élu, il est fort peu probable qu'il se sente réellement investi d'un mandat de changement social.  L'effervescence est très forte, mais elle reste minoritaire.

***

J'ajouterais quelques remarques sur la manifestation d'hier.  Premièrement, j'ai été ulcéré de voir que l'escouade antiémeute s'est déplacée expressément au Parc Émilie-Gamelin pour se livrer encore à un exercice scandaleux de provocation.  Rappelons que la CLASSE avait appelé ses membres à se réunir près de l'UQAM afin de se joindre plus tard et en masse au grand rassemblement.  Les flics en armure ne sont pas sortis de leur minibus, mais le pick-up haut-parleur du SPVM a donné l'ordre aux manifestant-e-s de bien se comporter, nous avertissant de conséquences terribles en cas d'actes illégaux.  Mon petit doigt me dit qu'on n'a pas servi les mêmes avertissements à la "paisible" foule de "300 000" personnes et que cette action policière consistait en un profilage politique particulièrement intimidant.  Pourtant, le petit rassemblement de la CLASSE était constitué d'une foule aussi bigarrée que plus loin vers l'ouest: enfants, étudiant-e-s, familles complètes, travailleurs/euses et retraité-e-s, etc.

Je trouve de plus très mauvaise l'idée de permettre au service d'ordre - chargé de former les limites de la «main» - de provoquer une congestion dégueulasse aux abords du parc, et de rendre ainsi la vie de tout-e-s les manifestant-e-s pogné-e-s au milieu très désagréable.  Créer un bouchon, dans une manifestation monstre, est dangereux et stupide.  De plus, on m'a pratiquement donné l'ordre, à moi et à une co-manifestante, de rester dans un des hosties de doigts de la main, de manière très autoritaire et impolie.

Nous n'avons pas marché assez longtemps: quelques centaines de mètres et c'était déjà terminé.  Je trouve que pour des organisateurs/trices qui attendaient plus de 100 000 personnes, le trajet manquait sérieusement d'ambition.

Je remarque aussi que beaucoup des manifestant-e-s pris-es au milieu de la foule, sur la ligne de départ, ont agi de manière irresponsable.  Les gens poussaient, promenaient des pousse-pousses au milieu de la masse déjà compacte, rendant toute évacuation pratiquement impossible.  Et continuaient malgré tout d'affluer, aggravant le problème.  Il aurait pu y avoir des accidents.  Pensez-y la prochaine fois.  Et là, je parle aux vieux et vieilles qui nous font habituellement la morale sur la vitesse au volant et ou qui veulent nous coller un couvre-feu jusqu'à 25 ans.  Ceux et celles que j'ai vu hier pousser tout le monde en tas pour vous rapprocher de l'avant de la marche.  Vous manquez dangereusement d'autodiscipline et en plus c'est à peine si vous criez des slogans.  Mais c'était pas un festival, hier.  C'était une manifestation.  C'était politique.  Spectacle de Mes Aïeux ou pas.

Ce n'est pas que je ne respecte pas votre manière de vous exprimer, et que je ne suis pas heureux de voir que vous prenez enfin la rue pour défendre une cause.  Mais il ne faut pas mettre un certain facteur de risque de côté.  Une foule compacte remplie de gens sans jugement est bien plus dangereuse que 1000 émeutiers/ères.

Bref.  Je sais bien que vous avez l'habitude de marcher par contingents lors de la marche syndicale du premier mai, de vous faire appeler avant de vous mettre en marche.  Je sais que vous êtes habitué-e-s à ce que des haut-parleurs diffusent des bruits de foule à votre place.  Mais vous avez pas besoin de ça.  Vous avez juste à être créatifs/ives, à prendre des initiatives.  Mais surtout, quand vous voyez une foule compacte devant vous, arrêtez d'avancer.

mercredi 21 décembre 2011

reportage sur les mines canadiennes à l'étranger

Vous avez jusqu'au 23 décembre pour visionner ce reportage dénonçant les conséquences écologiques et sociales de la création de mines à ciel ouvert par des compagnies canadiennes en Amérique latine.

Les Nouveaux Conquistadors

lundi 8 novembre 2010

Ce qu'on veut installer dans votre jardin.

Des puits qui fonctionnent jour et nuit, avec le bruit des explosions, l'odeur âcre du gaz naturel et le souffle brûlant des cheminées.

Qu'êtes-vous prêt-e-s à endurer pour une petite compensation financière?

La propriété, le "libre-contrat" et la loi sur les mines protègent les entreprises qui polluent notre air et détruisent notre qualité de vie, et tout ça pour quelques misérables pinottes.

vendredi 10 septembre 2010

Chroniques du capitalisme, chapitre 1.

Ce matin, je choisis sur ma table une poire qui vient du verger de mes parents et que j'ai cueillie moi-même dans l'arbre. Et, après l'avoir dévorée un peu rapidement, je me demande soudain avec beaucoup de sérieux si je n'ai pas pu, par inadvertance, croquer dans l'étiquette que j'ai oublié d'enlever.

vendredi 3 septembre 2010

gaz de schiste: message aux gens du coin.

Vous allez attendre le rapport du BAPE et poursuivre en justice les compagnies gazières en cas de dommages? Compter sur le PQ pour vous défendre? Vous avez pas rapport. C'est pas avec un avocat qu'on remplit un trou, c'est avec une pelle.

mercredi 26 mai 2010

Les traîtres de Greenpeace.

La gueule m'est tombée quand j'ai vu les gens de Greenpeace s'asseoir avec les capitalistes et leur promettre gentiment de ne plus leur rentrer dedans en échange de miettes. À voir l'enthousiasme généralisé, je commençais à penser que je m'étais peut-être trompé et que j'avais une culture trop radicale, trop confrontationniste pour appuyer ce genre d'entente.

Mais Action Boréale est contre. Depuis que je le sais, je ressens la forte tentation de militer pour cette organisation.

mardi 24 novembre 2009

L'environnement, Beauchamp, l'ONU.

Line Beauchamp est fière, les écolos embourgeoisé-e-s d'Équiterre complaisant-e-s: le Québec compte réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% (sous le seuil de 1990) avant 2020. Le Québec a-t-il les moyens d'arriver à ses objectifs? Je pense qu'il est facile de faire des promesses à long terme et de ne pas les tenir. La ministre de la pollution est persuadée qu'on peut le faire; mais rien n'est encore chiffré et selon elle, les entreprises ont déjà "fait beaucoup d'efforts". Elle nous remet sur le nez le "projet de société" qu'on lance sans arrêt aux politicien-ne-s dans nos manifs afin de nous préparer à faire des sacrifices.

La ministre parle de la voiture électrique; mais cette fausse solution (les usines produisant massivement ce véhicule vont continuer de polluer) a avec le temps dans les discours atteint la même texture vaporeuse que la voiture volante. On parle de transports en commun mais on ne fait presque rien en-dehors de Montréal avec les autoroutes, les petites villes, etc. Un aller simple de Montréal à Québec, en autobus, coûte 53$ chez Orléans Express. C'est plus cher que d'utiliser un service de co-voiturage, plus cher que de louer une voiture à quatre personnes. Si le gouvernement veut désengorger les autoroutes, il sait où frapper, mais ne le fait pas.

Peur de la décroissance et du lobby des entreprises? Pourtant, quand les voitures se venderont moins, les champs ne se videront pas pour autant de leur fertilité. Les rivières ne cesseront pas de couler. Ce qu'il faut, c'est améliorer notre qualité de vie, pas augmenter une croissance illusoire qui se nourrit d'actes inutiles qu'on appelle d'une manière générale le "travail".

La production alimentaire industrielle est une des plus grandes sources de GES. Si un comportement individuel peut réduire l'émission de gaz à effet de serre, en plus de l'utilisation du vélo et du métro, c'est bien celui-là: consommez moins de viande. Consommer moins de fucking viande, c'est pas compliqué[1]. Pas besoin de devenir végétarien-ne. Mangez-en quand il y a de la visite, ou au restaurant. Certainement, plusieurs diront que de toute façon, étant donné le "Climate Gate", il n'est plus nécessaire d'avoir recours à toutes ces mesures. Sauf qu'ignorer imbécilement le problème du réchauffement global ne permettra pas de:
- protéger la biodiversité;
- empêcher le smog de survoler le Québec entier en été;
- réduire les maladies pulmonaires et les cancers causés par la pollution atmosphérique;
- empêcher les terres agricoles de se désertifier;
- protéger les forêts;
- réduire le problème de la congestion routière;
- rendre l'eau des rivières potable;
- réduire la famine dans le monde;
- éliminer le H1N1;
- bref de répondre aux urgences environnementales qui demandent notre intervention, INDÉPENDAMMENT de la véracité ou non du "mythe" du réchauffement global créé par l'humain.

L'ONU et la démographie

L'idée voguait dans l'air depuis quelques années, et maintenant l'ONU se met de la partie. Il faudrait réduire le nombre de naissances pour sauver la planète. J'ai autrefois défendu le mouvement extinctionniste parce que je considérais (et je considère toujours) que l'humain est un parasite nuisible sur la Terre et qu'il met la marde partout. À ce sujet j'ai entendu il y a quelques années une histoire amusante à propos de Tchernobyl (je pensais que c'était peut-être une légende urbaine tellement elle m'apparaissait cynique).

En effet, après la catastrophe que l'on connaît tous et toutes, certaines zones naturelles des alentours ont été étudiées par des scientifiques, qui y ont trouvé un écosystème dynamique, vierge à nouveau, et plus diversifié que ce qu'on voit parfois dans des réserves. Pourquoi? Simplement parce que ces zones n'étaient plus occupées par les humains!

J'ai fait une petite recherche pour tester la véracité de cette rumeur et je suis tombé sur cet article, notant les multiples effets négatifs des radiations sur les insectes mais qui disait aussi: "Cependant, d'autres scientifiques contestent cette étude et affirment que l'absence d'activités humaines dans le secteur de l'explosion a été bénéfique pour la nature."

Imaginez: la présence humaine à elle seule peut être plus dommageable pour l'environnement qu'un accident nucléaire...

Tout pour dire que de faire disparaître l'humain de certains endroits, sans pour autant les en chasser en faisant pleuvoir de l'uranium, ne me semble pas une mauvaise idée. Mais ce rapport de l'ONU me semble cacher quelque chose de croche. On sait très bien que les pays occidentaux n'ont pas besoin de contrôle de naissance: la taille des familles y est déjà petite. C'est donc les pays pauvres que l'on vise. Pourquoi donc utilise-t-on cet argument de cette façon? Pourquoi une baisse démographique dans les pays émergents ne deviendrait pas plutôt un moyen pour les familles de ne pas diviser en des parcelles trop petites leur héritage? Ou un autre truc du genre, pseudo-humanitaire?

Je vois très bien pourquoi l'ONU fait un lien entre gaz à effet de serre et démographie dans les pays émergents: on veut troquer. Vous ne faites pas d'efforts pour réduire vos GES, ok. Mais par exemple vous faites pas de bébés.
__________

[1] En ce qui me concerne, ma consommation est passée, en un an, d'environ 80-90 kg de viande à un peu moins de 20 kg (soit environ trois repas par semaine accompagnés de viande). Je voulais aller plus loin (objectif 9 kg) mais je suis trop souvent invité à souper par des amateur-e-s de boeuf qui sont hélas, malgré ce défaut, des gens trop remarquables pour que je cesse de les fréquenter.

samedi 22 août 2009

De la misère des animaux.

Il y a eu mon chat qui est mort avant que je puisse revenir de Montréal, il y a trois ans. Malade et paralysé des jambes arrières. Il a souffert pendant deux jours avant de se laisser aller. Je me suis consolé vite: il a eu une belle vie. Mon subconscient n'était pas consolé, lui. Des fois, il m'arrive encore de rêver à lui. Je le vois surgir d'entre les morts, le crâne ouvert et les orbites vidés. Je pense que j'aurais voulu pouvoir revenir à temps pour lui donner mon ok. Peut-être c'était ça qu'il attendait. En fait il devait s'en câlisser tellement il avait trop mal, mais en tout cas j'aurais trouvé la paix plus rapidement.

Il y a eu l'oie de notre étang, qui n'avait pas pu défendre le canard domestique qu'elle avait adopté et qu'elle protégeait comme sa propre progéniture. Quand j'ai retrouvé le canard, le cou rongé par un renard et courbé dans une position impossible[1], l'oie était silencieuse. J'ai attrapé le cadavre avec une perche et je l'ai mis dans un sac de plastique avant que mon père l'enterre. Je me souviens très bien, l'oie gossait sur le sac pour faire sortir son compagnon.

Après, elle est devenue agressive et a fini par s'enfermer dans sa solitude, attaquant mon chien (immense mais effrayé) de temps en temps quand elle s'emmerdait.

L'oie, après avoir perdu son ami de toujours, a pris l'habitude de chasser tous les oiseaux qui avaient la mauvaise idée de s'approcher de l'étang... sauf les canards de passage. J'aurais aimé pouvoir la voir s'envoler avec eux et plus jamais revenir patauger au milieu de la gadoue dans laquelle elle était obligée de passer l'hiver.

Il y a le chien qui, depuis qu'il est passé en-dessous d'un char (son âge avancé lui a érodé les réflexes), boîte en souffrant le martyr.

Il y a finalement tous les animaux que j'ai trucidés avec mon père dans notre petite fermette campagnarde. À chaque fois que je voyais le couteau glisser sur le pelage des volailles, je sentais aussi la lame sur la peau de mon cou. Quand je regardais ensuite la tête ensanglantée dans le seau, quand je voyais les yeux hagards des têtes d'oies, de canards, de dindes ou de poulets s'éteindre dans la résignation, une terrible sensation s'emparait de moi; j'en ai encore des vertiges.

La première fois que j'ai vu un animal mourir, je devais pas avoir plus de sept ans. C'était à l'abattoir de Princeville ou de Warwick, je me souviens plus trop et de toute façon ça a fermé. Mon père m'avait raconté que son père (du reste pas si vieux que ça) assommait les vaches d'un grand coup de masse avant de leur trancher la gorge et de les couper en rondelles. La vache que j'avais devant moi ce jour-là était parfaitement consciente, et attachée avec des chaînes par les quatres pattes à un immense treuil qui l'avait montée à quatre pieds au-dessus du sol. Quelques secondes après qu'on lui ait sommairement ouvert la gorge, il lui manquait déjà une cuisse et son flanc droit en entier. Elle meuglait toujours. Ce cri ne s'éteignit que beaucoup plus tard, dans des borborygmes douloureux.

Je trouve donc que les gens qui s'attaquent à la chasse aux phoques ont crissement pas le sens des priorités. C'est pas parce que les phoques saignent dans la neige et qu'ils sont cutes qu'ils souffrent plus que les autres animaux. Les phoques ont encore le loisir de vivre libres. Tant qu'ils vivent. Si vous aimez les animaux, soyez conséquent-e-s et ne contribuez pas à leur élevage.

On dit souvent que les gens entassés dans leurs logements pourris ou dans le métro ressemblent à des porcs alignés devant le comptoir de l'égorgeoir. Mais c'est l'inverse. Ce sont les cochons et les poulets, logés nourris et bourrés de médicaments, qui deviennent tout en engraissant le miroir de l'humanité.

Et il n'y a rien qui souffre autant que des animaux auxquels on a mis un collier ou un numéro de série. Il n'y a rien de vivant qui souffre autant qu'un être forcé de partager la misérable condition d'asservissement des êtres humains.
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[1] Je vous jure que depuis ce jour-là je ne dis plus "ça sent le petit canard à la patte cassée".

mardi 18 août 2009

Le smog

Ça devient intolérable de vivre à Montréal pendant une partie de l'été à cause de ça. Montréal est d'ailleurs une ville dans laquelle je me suis récemment promis de ne pas élever d'enfants.

Je me souviens, quand j'étais plus jeune­, je me disais que la situation serait réellement désespérée quand le smog atteindrait jusqu'au bout de campagne dans lequel j'ai passé mon enfance, Saint-Christophe d'Arthabaska.

...

Le smog a envahi le ciel du hameau de petites maisons rurales et de fermes pour la première fois il y a maintenant deux ans.