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lundi 9 septembre 2013

La manifestation contre l'expulsion dans les lofts Moreau

Réuni-e-s tout d'abord devant la station de métro Préfontaine, les manifestant-e-s ont marché pendant quelques temps avant de bifurquer rapidement dans l'entrée et la cour arrière d'un ancien commerce désaffecté, qui abritait autrefois la boutique d'un-e fleuriste. L'édifice de la rue Sherbrooke, rapidement occupé, a été déclaré Z.A.D., c'est-à-dire Zone à Défendre. Des bannières ont été déroulées sur le toit.

Bien entendu, le SPVM, qui suivait la marche, n'a pas apprécié. Quelques minutes plus tard, une quinzaine de fourgonnettes surgissaient dans le stationnement de l'épicerie voisine. Ils ont ensuite procédé à un long exercice d'encerclement. Après un court affrontement assez peu violent mais très tendu, les activistes ont finalement abandonné le nouveau squat et repris la rue. Le groupe s'est dispersé quelques temps après.

L'action visait à lutter contre le problème de gentrification qui affecte Hochelaga depuis maintenant plusieurs années. Beaucoup de personnes présentes - et de tous âges - ressentaient un fort sentiment d'attachement envers ce quartier traditionnellement ouvrier et populaire.

Rappelons que les lofts Moreau, situés non loin du Métro Préfontaine, servaient de logements et d'ateliers à de nombreux/ses artistes et locataires. Des gens qui ont été impunément expulsé-e-s à la suite d'une intervention violente (eh oui, violente, avec des coups de matraques et tout!) de la Police de Montréal. Le propriétaire, Vito Papasodaro, qui avait auparavant pratiquement laissé les lieux à l'abandon, souhaite maintenant rénover l'édifice afin que d'autres ménages, plus fortuné-e-s, s'y installent.

lundi 3 octobre 2011

Quand le voisinage brûle.

Un incendie vient de se déclarer dans ce qui semble être le toit d'un immeuble abandonné sur le coin Cartier et Villeray, à Montréal. Possédant un mur mitoyen avec un édifice à trois étages et lui-même occupé par des habitants répartis dans quatre logements, son état était menaçant non pas seulement pour lui-même, mais aussi pour le voisinage. La densité de population du quartier Saint-Michel est par ailleurs très élevée.

Heureusement, la situation semble maintenant sous contrôle.

Mais qui sont les responsables de cet incendie qui aurait pu affecter toute une rue pendant des semaines, en plus de faire chier de manière irréversible les habitants de l'immeuble voisin? Les propriétaires, qui ont laissé leur édifice tomber en ruines sans s'inquiéter de la sécurité des voisin-e-s? La ville, qui ne fait pas assez pour s'assurer que nos immeubles restent aux normes? D'éventuel-le-s squatteurs/euses? Il serait un peu naïf de croire qu'un incendie déclaré dans un édifice abandonné est le fruit d'une malchance. Cet incident aurait certainement pu être évité.

Au-delà du match de ping-pong dans lequel pourraient s'affronter les personnes responsables, c'est aussi la question de l'accès au logement qui refait surface. Un immeuble à logements qui brûle, même vide, c'est un lieu d'habitation qui se perd.

Combien de temps, alors que nous sommes au milieu d'une crise du logement qui semble destinée à durer pour l'éternité, devrons-nous endurer l'insulte de cet édifice restant cruellement vide, avant que de dynamiques créateurs de richesse ou la ville le mettent finalement à terre? Combien de temps devrons-nous endurer l'insalubrité et la rareté de logements à peine abordables et la mesquinerie d'une élite qui n'a rien à foutre de nos milieux de vie?