lundi 6 décembre 2010

L'étude du Conseil du Patronat - les étudiant-e-s.

Cette étude est malhonnête et démagogue. Limite diffamatoire, même, tellement elle déforme la réalité. C'est un exercice de propagande qui ne vise qu'à faire passer les idées patronales discutées en tête-à-tête avec les Libéraux, aujourd'hui à Québec.

Cette étude traite des habitudes de consommation des étudiant-e-s (dont 52% ne bénéficient pas de l'aide financière) sans mentionner, pourtant, le taux d'emploi, le nombre d'heures travaillées en moyenne, le niveau d'endettement et surtout le revenu total.

La dernière omission elle-même constitue une bavure intellectuelle d'envergure.

Les étudiants et étudiantes ne SONT PAS FINANCIÈREMENT CONFORTABLES.

"Pour 25 % des étudiants, le niveau de revenu est de moins de 12 000 $."

dimanche 5 décembre 2010

Demain ça va brasser.

Du moins, j'espère. Ça fait plusieurs années que nous sommes dociles et il faut que ça cesse. L'autobus part à 9h00 au Carré Berri et la manif, à Québec, commence à 13h00.

Nous manifestons contre le gouvernement parce qu'il nous menace:
- de doubler (ou plus) les frais de scolarité;
- d'imposer une hausse différée par programme;
- d'augmenter la part des entreprises privées dans le financement des universités;
- etc.

Comme la décision n'est pas prise et que nous ne savons pas vraiment ce qui nous pend au nez, ce ne sera pas le rassemblement le plus important de la décennie. Mais c'est important quand même.

Le gouvernement n'a rien à foutre des grèves étudiantes. Il l'a prouvé à plusieurs reprises. Ce qu'il faut, c'est perturber les activités du pouvoir sur une base quotidienne (ce qui est facile à faire pendant une grève).

samedi 4 décembre 2010

Mon conte de Noël - Saint Frère André

Cette histoire de famille n'a à ma connaissance jamais été racontée en public. Je la tiens de ma mère qui la tient de sa mère.

***

Un cabinet de docteur, un jour à la fin des années vingt ou au début des années trente. Mon arrière-grand-mère se fait examiner. Le médecin, solennel, lui annonce qu'elle ne devrait plus avoir d'enfants. Le danger pour sa santé est beaucoup trop grand.

Mais mon arrière-grand-mère est une femme très pieuse. Elle a entendu de nombreuses fois le curé appeler au respect du devoir conjugal. Elle cherche donc un deuxième avis, car elle n'est pas confortable avec le fait de n'avoir donné deux enfants. Soit à cause de la pression sociale, soit à cause de son mari, soit parce qu'elle aime les enfants. Soit parce que la contraception, c'est péché.

Elle parvient à obtenir un entretien avec le Frère André, qui à l'époque est respecté de tous et de toutes. Il est d'un âge noble. On entend parler de dizaines de miracles. Le miracle lui-même semble graviter autour de sa personne, la sagesse émaner de sa bouche. Il connaît des milliers de gens; il en a conseillé cent mille. Il a une longue expérience de la vie.

Mon arrière-grand-mère le rencontre. Elle lui demande ce qu'elle devrait faire. La réponse exacte du Saint, je ne la connais pas. Tous les témoins directs sont morts depuis longtemps, sauf peut-être une vieille tante qui était alors toute jeune. Mais voilà la phrase rapportée qui s'est transmise de bouche à oreille sur trois générations: "Ce serait dommage qu'une femme aussi jeune s'arrête aussi vite."

Quelques mois plus tard, mon arrière-grand-mère est morte en donnant naissance à ma grand-mère. Aux funérailles, il y a quelques dizaines de personnes, et parmi elles deux enfants tristes et un bébé qui ne connaîtra jamais l'amour maternel.

Moins de dix ans plus tard, le Frère André meurt à son tour. Devant sa dépouille paradent presque un million de personnes.

En quelque sorte, ma grand-mère fut comme beaucoup d'autres un enfant de Saint André Bessette. Quasi-orpheline, elle a été élevée par les bonnes soeurs après que sa mère ait suivi le conseil foireux du vieux religieux. Sans lui, elle ne serait pas née, et moi non plus. Ne suis-je donc pas moi-même un véritable miracle?

Mais comme ma grand-mère, je n'ai aucune reconnaissance pour ce vieil escroc. Même que je lui chie dans la gueule, à ce saint de comédie plate du TNM. Je souille sa crisse de soutane à la mémoire des femmes qui sont mortes à cause de lui. Voilà quelque chose que ma grand-mère, trop bien élevée, n'aurait jamais osé vouloir faire. Quoique.

lundi 22 novembre 2010

Les jeunes dynamiques de "Génération d'Idées"...

... se sont acoquiné-e-s avec la Jeune chambre de Commerce de Montréal en buvant dans la même coupe au déjeuner-conférence de Yolande James. En d'autres mots, les enfants-modèles ont rencontré la jeunesse dorée.

En passant, si vous voulez participer au Festival des disciples de l'Institut du Nouveau Monde, eh bien c'est 50$.

mardi 16 novembre 2010

La pétition, le MCNQ et le budget.

J'espère que les auteur-e-s de la célèbre pétition (le site de l'ASSNAT est encore planté) se rendent compte qu'illes sont en partie responsables du momentum. Avec les grèves étudiantes qui s'ajoutent par-dessus ça et la manif du 23 novembre, les prochains jours pourraient être cruciaux pour la contestation du pouvoir. Il faut que ça lève!

L'opposition aux corrompu-e-s et aux décisions antisociales: vl'à un vrai mouvement "grassroot".

dimanche 14 novembre 2010

Coquelicots.

Francis Dupuis-Déri est parvenu à publier un article pertinent sur le jour du Souvenir dans le Devoir. J'arrive un peu en retard, mais moi aussi, je me questionne sur la pertinence de mettre des soldat-e-s en rang et de saluer le drapeau pour l'occasion.

En mémoire des victimes, on devrait plutôt faire l'amour sur les lieux de batailles historiques et saccager des bureaux de recrutement (avec cérémonie s'il le faut).

À part de ça, j'ai répondu au célèbre poème "Au champ d'honneur" par une version de mon crû. Vous pouvez la lire sur mon blogue littéraire.

lundi 8 novembre 2010

Ce qu'on veut installer dans votre jardin.

Des puits qui fonctionnent jour et nuit, avec le bruit des explosions, l'odeur âcre du gaz naturel et le souffle brûlant des cheminées.

Qu'êtes-vous prêt-e-s à endurer pour une petite compensation financière?

La propriété, le "libre-contrat" et la loi sur les mines protègent les entreprises qui polluent notre air et détruisent notre qualité de vie, et tout ça pour quelques misérables pinottes.

dimanche 7 novembre 2010

Un article qui m'avait échappé.

Dans le journal de Québec, le 22 mai dernier.

"La police refuse de le confirmer, mais des experts en sécurité soupçonnent que les anarchistes sont sous haute surveillance au même titre qu'al-Qaïda à l'approche des sommets du G8 et du G20."

Un peu plus loin:

"Les experts s'entendent également sur le fait qu'ils [le FFFC] font probablement partie de cette minorité de trouble-fête qui se réclame de la mouvance anarchiste simplement dans le but d'infiltrer des manifestations pacifiques afin de provoquer les forces de l'ordre.

L'attaque à la bombe incendiaire d'Ottawa les a toutefois propulsés au rang des organisations anarchistes radicales et des organisations terroristes comme al-Qaïda, aux yeux du SCRS (Service canadien de renseignement de sécurité) et des corps policiers."

Quand je relis ce genre de niaiseries, la tête froide, je n'arrive plus à comprendre l'immense climat de terreur et de paranoïa qui peut régner lors d'une période donnée.

Source.

samedi 6 novembre 2010

L'identité j'men crisse.

Je considère sincèrement que de ressentir le besoin immense de s'identifier à une Nation quelconque naît d'une incapacité à se contenter d'être identifié comme simplement un individu à part entière. Le nationalisme fanatique peut-il donc avoir un lien avec l'absence de satisfaction sur le plan de la vie personnelle? Même s'il est difficile, a priori, d'établir un lien entre profil psychologique et idéologie, c'est possible qu'une telle relation existe. D'ailleurs, j'ai entendu souvent des nationalistes prétendre que si le taux de suicide était si élevé au Québec, c'était surtout parce que les jeunes Québécois se sentaient inconsciemment spoliés par le fédéralisme dans leur quête d'identité. C'est une théorie irrationnelle, malhonnête et stupide, mais séduisante - assez pour que j'y crois pendant une partie de ma jeunesse naïve.

Mais il faut croire que cet état de fait s'applique aux gens qui défendent cette idée. Si l'idée de l'indépendance ou de l'autonomie ou d'un Québec blanc et francophone d'un Océan à l'autre ou whatever disparaissait, sans doute que les nationalistes n'auraient plus de raison de vivre.

Le plus important dans la pensée nationaliste, c'est qu'elle est indépendante des conditions de vie matérielles. Falardeau disait toujours qu'il fallait attendre d'être un pays pour décider de bâtir une société de gauche ou de droite. Au XIXe siècle, les gens ont suivi Papineau sans prendre en considération que c'était un esclavagiste[1], un machiste et un hostie d'autoritaire. Encore aujourd'hui, cette facette de sa personnalité est complètement gommée.

À quel sacrifice permanent sont prêt-e-s les nationalistes pour que leur projet voit le jour? Faudra-t-il par exemple sacrifier une partie de nos libertés individuelles pour servir les libertés collectives? En parlant de concept minable, en voilà tout un. Quand j'étais péquiste, jamais je n'ai été capable de défendre la pertinence des libertés collectives qui consistent, en bref, à écraser les petit-e-s pour permettre aux grand-e-s d'occuper tout l'espace.

La liberté, ce n'est pas la force des identitaires. Il a fallu, par exemple, que les flics soient racistes lors du G20 pour que les nationalistes condamnent la répression torontoise. Avant ça, c'était le silence radio, ou presque. Quant à la solidarité face aux peuples opprimés, elle est foutrement limitée. Les nationalistes solidaires critiquent la domination chinoise sur le Tibet, mais pas la théocratie bouddhiste[2]. Illes critiquent Israël, mais pas la domination ultraconservatrice de l'Islam sur le peuple palestinien. Bref, illes ne sont pas opposé-e-s à la dictature, mais seulement à la dictature d'un-e étranger/ère sur le peuple local.

Notons aussi que lors de la dernière conférence du PQ à laquelle je suis allé (à l'hiver 2006, je crois, à la demande spéciale d'un ami de Victo), je me suis fait huer pour avoir posé la question suivante à Louis Bernard: "Si nous souhaitons voir reconnu le droit à tout peuple d'accéder à l'indépendance, reconnaissons-nous ce droit aux nations autochtones?" J'ai pensé que, contrairement à mon intuition, il aurait pu s'agir d'une réaction isolée, mais on m'a avisé l'autre jour que mon intuition est fondée. Les nationaleux ne veulent pas qu'on touche à l'intégrité territoriale du Québec, telle que décrite par l'ONU. Toute parcelle de l'Empire québécois doit rester inaliénable, même dans les régions jamais habitées par un seul christie de Tremblay.

Il y a aussi cette impression ridicule qu'ont les identitaires de faire partie d'un groupe non pas basé sur des affinités, mais bien sur une appartenance fictive. Ne croyez pas que je nie l'existence des peuples: c'est évident que sociologiquement et culturellement, il existe des groupes distincts. Cependant, les Nations sont bel et bien des entités basées sur l'imaginaire, de même que le Contrat Social que personne n'a jamais signé et qui nous lie prétendument aux structures de domination actuelles.

D'ailleurs, qu'on ne vienne pas prétendre que je fais partie du même large groupe que François Legault et/ou Guy A. Lepage, du monde avec qui je ne partage rien et que j'ai rencontré genre une fois dans ma vie. Ces gens-là ne seraient jamais mes ami-e-s, j'habiterais jamais avec eux; comme la plupart du monde, je choisis mes fréquentations selon les affinités sur le plan personnel, et non pas selon mon niveau de fierté nationale.

Ce qui concerne les Québécois-es concerne aussi les autres peuples. Les règles discriminatoires des réserves mohawks sur le plan marital sont tout aussi nauséabondes que les idées du MLNQ. Et puis j'ai été ulcéré d'entendre, pendant un cours de langue, une jeune musulmane se vanter qu'elle ne fréquentait que des arabes[3].

Cette fixation sur le leader m'écoeure aussi: et c'est la pierre angulaire de l'identité nationale. Les nationalistes aiment leur chef: illes en ont besoin pour garder confiance, conservant toujours dans leurs effets personnels quelque icône de leur maître-sse bien-aimé-e. Quand le/la chef-fe ne fait pas l'affaire, c'est la débandade et l'anxiété. Ce phénomène de servilité fait que des gens pourtant allumés comme Julie Legault vont déclarer sur les ondes de Radio-Canada qu'il nous faudrait un "nouveau René Lévesque". Maudit que je déteste ce type, surtout depuis qu'il est mort.

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[1] Et ne venez pas bullshitter en employant l'argument que "Papineau était un homme de son temps". Son propre père était antiesclavagiste et quelques femmes (propriétaires) avaient encore à l'époque le droit de voter. Papineau était incontestablement un retardé.
Et si tous les "hommes de son temps" étaient des retardés, eh bien je ne vois pas pourquoi on leur rendrait un culte.
[2]"Using one's hand, that is sexual misconduct.'' (le Dalai Lama)
[3] Nb: la jeune femme en question a plus de 20 ans et elle a un accent arabe. Pourtant, elle est inscrite au cours d'Arabe I, et je l'ai clairement entendue prononcer assalam Aalaèkoum en détachant toutes les syllabes, ce qui suggère que malgré sa fierté passé date, elle n'a jamais été capable d'apprendre seulement le mot "bonjour" dans la langue de ses ancêtres.

mardi 2 novembre 2010

L'Anarchist Writers' Bloc.

Ne manquez pas, ce vendredi à 20h00 au DIRA:



Comme vous le devinez, je fais partie de ce collectif multilingue (français, anglais, langues autochtones, etc.) d'une vingtaine d'auteur-e-s qui publiera au printemps sa première anthologie, avec, j'ai de bonnes raisons de le croire, une de mes nouvelles littéraires à l'intérieur.

Au départ, je n'étais pas tout à fait convaincu, mais après avoir lu une bonne partie des textes soumis, je suis persuadé que la publication sera excellente et originale.

L'entrée est gratuite, mais nous vendrons la bière, la bouffe et le dessert (ma tarte aux pommes produite en quantité industrielle).