Les libertaires de 2011
J'ai toujours été pessimiste face à l'impact de l'anarchisme en Égypte. Pendant que les révolutionnaires chaviraient le gouvernement de Moubarak, parfois en criant des hymnes à leur dieu, je ne voyais pas un avenir en couleurs pour les petits groupes nouvellement formés, comme Black Flag et le Libertarian Socialist Movement. Les gouvernements Moubarak et ensuite militaire ont été prompts à dénoncer les militant-e-s anarchistes, les poursuivre, les stigmatiser...
Malheureusement, comme mon arabe est particulièrement faible, il est difficile pour moi de connaître l'étendue de ce phénomène a posteriori.
Mais le fait est que je suis passablement certain que les anars de la première phase de la « révolution » n'étaient pas une menace aussi sérieuse que le prétendaient les autorités. Plutôt menacé-e-s que menaçant-e-s, les anars égyptien-ne-s.
Pourtant, on se souvient des impressions qui nous venaient d'Égypte à partir janvier 2011: celle d'une « révolution » sans chefs, avec des quartiers auto-organisés, des assemblées populaires, des grèves et la fondation de syndicats. Rien pour calmer les anars d'Égypte ou d'ailleurs!
La « révolution »
Je n'ai pas cru à l'anarchisme en Égypte pour plusieurs raisons. Comme tout le monde, bien entendu, j'ai tout d'abord été enthousiasmé par l'organisation autonome des révolutionnaires. Je me suis dit que malgré le conservatisme et le conformisme, malgré le patriotisme maladif et la tendance de la population à suivre des chefs charismatiques, le désir de désordre organique et de défi peut gagner sur la servilité. Mais ça, c'était au début. Quand le mouvement s'est répandu, je me suis bien rendu compte, malgré l'aveuglement volontaire des experts d'ici, que la « révolution » tournait au religieux. Des leaders ont gagné en popularité: assez rarement des laïcs[1]. Et rapidement, c'est la prière du vendredi qui permit d'assembler le plus de monde. On l'imagine plutôt mal ici, mais au Caire, on n'entendait alors pas que le chant du muezzin (qui n'est d'ailleurs pas aussi insupportable qu'on le prétend souvent, quand bien sûr on n'habite pas juste à côté d'un crachoir) mais un sermon en entier, diffusé par les mêmes haut-parleurs. Non pas l'habituel concert de chants mais une seule voix, sévère et agressive, et des millions de Cairotes qui se prosternent.
Et vous vous souvenez des masses qui manifestaient à Tahrir? Je me rappelle d'une discussion d'experts prétendant que la « révolution » égyptienne ne serait pas religieuse. Tout ça sous le hurlement uniforme de la foule: « Dieu est grand! Dieu est grand! »
En 1789, les révolutionnaires français ont détruit la religion, cassé la Sainte-Ampoule, renié le Pape. En 1936, les révolutionnaires espagnols ont brûlé les églises en riant. Mais dans l'Égypte de 2011?
Le fait est, aussi, que les femmes ont participé à cette révolution et qu'elles ont tout perdu en quelques mois. À ce titre, les officiels du gouvernement militaire n'ont pas vraiment mieux fait que les Frères Musulmans, violant des manifestant-e-s, leur imposant des « tests de virginité » et les accusant pratiquement d'être des dévergondées qui « couchaient dans les mêmes tentes que les hommes sur Tahrir ». Oh, quel scandale.
En résumé: il y a eu peu d'espoir pour la liberté. Le problème venait bien plus de la servilité que des autorités. Et ce fait a été confirmé par la victoire écrasante des Frères Musulmans, surpassant... le candidat de l'ancien régime au sprint final.
Tout n'est pas noir.
Depuis quelques jours, une nouvelle force terrifie tous les autoritaires d'Égypte: des black blocs fleurissent partout, protègent les foules contre les agressions des fanatiques et de la police, et attaquent eux-mêmes les institutions oppressives. Au départ, comme les sources étaient uniquement internes au mouvement anarchiste international, je n'y ai pas vraiment cru. On voyait quelques photos de manifestant-e-s masqués, avec une légende qui disait « Black Bloc ». C'était peu convaincant. Ensuite, quelques observations plus consistantes, mais toujours à l'intérieur du milieu anarchiste. Je me suis dit que ce devait être un fait anecdotique.
Puis, ça a débordé dans les médias sociaux, puis dans les médias de masse, qui ne peuvent plus ignorer le phénomène, même le New York Times. Les critiques sont souvent acerbes, chez les Égyptien-ne-s comme chez les étrangers/ères. Sans surprises, beaucoup de démocrates croient que ces révolutionnaires radicaux ne font que mettre le trouble et risquent de servir, au bout du compte, la répression par le régime. On parle aussi d'immaturité politique.
Mais une des pages Facebook du Black Bloc d'Égypte a 36 000 likes. Ce n'est peut-être pas grand-chose dans un pays de 82 millions d'habitant-e-s, mais il faut rappeler que le taux d'alphabétisation est bas, et le nombre de connexions à Internet aussi. Il est difficile d'évaluer l'ampleur du phénomène, mais selon un journaliste de Al-Ahram, complètement dépassé par les évènements: «
Pour faire face à ces attaques imprévisibles, le comité de la sécurité
nationale de la Chambre basse a organisé une réunion d’urgence. Il
s’agissait pour eux de comprendre le danger que représente les Black Block pour mieux les combattre. »
Rappelons que des contestataires ont attaqué, dernièrement, des commissariats, plusieurs bureaux appartenant aux Frères Musulmans, et même le Palais présidentiel, déclenchant de multiples incendies.
Sont-ce vraiment des anars?
C'est la première question que je me suis posée. La rhétorique est semblable. Les slogans sont souvent libertaires. Des photos les montrent parfois avec des drapeaux noirs avec un A cerclé[2]. Il y a une connexion directe dans les tactiques, le discours, etc. Cependant, tout cela cohabite avec la présence, un peu partout, du drapeau égyptien. Et certaines déclarations suggèrent qu'illes ne s'attaquent pas directement à l'État, mais seulement aux Frères Musulmans. Il est encore possible que plusieurs participant-e-s aux Black Blocs n'adhèrent pas à tous les principes de l'anarchisme.
_____________
[1] Il y a aussi eu quelques libéraux, comme El-Baradei, le favori des journaux de l'Occident.
[2] Notez que les islamistes égyptiens s'affichent aussi, assez souvent, avec des drapeaux sur lesquels la couleur noire est dominante. Aussi, la mention est importante.
jeudi 31 janvier 2013
vendredi 25 janvier 2013
À propos d'un débat autour des libertarien-ne-s
Il y a un mini-buzz actuellement autour de l'émission La Cour du roi Pataud, diffusée le jeudi sur le site web des Douteux, et qui présente des débats politiques d'une heure. Cette semaine, Marc-André Cyr (chargé de cours à l'UQAM et blogueur au Voir) et Émilie Jolie (du très sous-estimé Couac!) affrontaient Arielle Grenier et Éric Duhaime. Le sujet: libertarianisme vs anarchisme.
Quasiment la moitié des blogues anarchistes de ma blogoliste diffusent le vidéo. Mais franchement, je n'ai pas été impressionné. Ce type de débats est sans doute la première raison qui me pousse à écrire plutôt que de débattre en public, avec un micro, en prenant des notes et en montant le ton pour couvrir la voix de mes adversaires. Franchement, ce genre de foutoir me fait chier, et c'est pourquoi il ne me serait jamais venu à l'idée de remplacer Marc-André ou Émilie. Cela dit, je m'étonne toujours dans ce genre de discussions qu'on parle si peu des féroces forces qui, il me semble, dévorent réellement nos chances de s'émanciper.
C'est la question du rapport à l'État qui a dominé à travers ce débat pas très poli. Là-dessus, plusieurs questions sont restées en suspens: comment, en effet, distribuer les ressources en situation d'anarchie. Comment remplacer le système de protection étatique par un système de protection basé sur le volontariat, mais sans que ce soit de la charité - concept exécrable s'il en est. Les réponses sont multiples, mais on en a peu évoqué. Et là est une des difficultés gigantesques de parler d'anarchie à des gens tels que Duhaime et Grenier: difficile pour eux d'embrasser avec leur peu d'imagination un modèle fondamentalement différent, ou plutôt, la cohabitation de plusieurs modèles différents. Car certaines personnes ont leurs horizons mentaux bloqués. La tendance des gouvernant-e-s «révolutionnaires» à émuler à la perfection le régime qu'ils ont autrefois combattu en est un excellent signe.
Aussi, il fallait que le débat tourne autour de visions simplistes de la gauche et de la droite, dans un cadre théorique et thématique imposé par Duhaime, malgré le fait que son duo avec Arielle Grenier n'a absolument pas été en mesure de passer à l'offensive pendant l'heure entière. Et c'est ce qui m'a déplu: on a encore mis de côté les questions de fond.
Ce que j'admire du discours féministe radical, c'est de pouvoir s'attaquer entre autres à l'abstraction la plus violente: des traits culturels profondément enracinés et nocifs. Dans la théorie de l'anarchisme, j'observe trop souvent des tentatives d'évitement de ce genre de discussions: ce qui fait que je me retrouve le plus souvent à confondre les rhétoriques simplement marxistes et les discours franchement libertaires. Et pourtant! L'école, le travail, le conformisme! Pourquoi en parle-t-on si peu? On en a toujours que contre les lois et l'argent.
A contrario - et c'est assez singulier, parce que c'est pas mon genre - c'est réellement quand j'entends ou que je lis des intellos plus «modéré-e-s», voire réfos (Chomsky, Baillargeon et Foucault, par exemple) que je parviens généralement à identifier nos problèmes réels, qui transcendent notre rapport à l'État, au capitalisme et à toutes les autres grandes structures visibles: il y a clairement quelque chose de pourri en nous. Notre rapport à l'autorité et à la liberté (qui sont RÉELLEMENT opposés, quoique pourraient en dire certain-e-s libertarien-ne-s) ne se limite pas à ce qu'on pense de l'État. Et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai été relativement interloqué par les attaques du duo Cyr-Joli. J'ai eu l'impression qu'on a eu recours à plusieurs reprises au sophisme de l'homme de paille.
En ce qui me concerne, je pense que Duhaime et Grenier détestent sincèrement l'État et la bureaucratie, avec toutes les contradictions que cela entraîne. Je n'ai pas de difficulté à croire, non plus, Duhaime quand il affirme qu'il a déjà dénoncé la brutalité policière, en tant que libertarien. Grenier sur ce dernier sujet? Sais pas.
Mais peu importe leur haine de l'État, illes restent selon moi des autoritaires. Illes l'ont prouvé de diverses façons au cours de la dernière année mais aussi au cours de l'émission. Le recours au travail comme valeur suprême est un excellent cas de figure, comme les références au mérite et la foi dans le prétendu «libre-contrat», un élément heureusement repéré par les équipiers/ères anars. Plus généralement, j'ai entendu Duhaime et/ou(?) sa gang de minables faire l'apologie de l'autorité traditionnelle et déplorer sa prétendue déconstruction au cours des dernières années (alors que j'observe, moi, à travers le retour des uniformes et du vouvoiement à l'école, un retour en force de cette autorité nauséabonde). Et il est évident qu'il y a aussi une forte contradiction entre la xénophobie paranoïaque de Duhaime face aux immigrant-e-s issus de pays musulman-e-s et les libertés individuelles. On n'a pas non plus relevé la contradiction sur les impôts et les fonctions régaliennes de l'État: si les riches peuvent refuser de payer pour les soins de santé des pauvres, pourquoi les pauvres devraient-illes payer pour protéger le produit d'un vol[1]?
Les autres ténors québécois de la pensée « libertarienne », surtout présent-e-s à la radio, sont encore pires. Réjean Breton, aristoraciste à l'insupportable voix patricienne, gagnerait entre autres à être dénoncé ou du moins, déconstruit et décrédibilisé.
Et il n'y a de toute façon pas que l'État et le capitalisme qui méritent d'être jetés à terre. L'oppression pourrait facilement leur survivre.
_____________________
[1] « Voleurs, défendez votre bien! Ce n'est pas à nous de le faire. »
Quasiment la moitié des blogues anarchistes de ma blogoliste diffusent le vidéo. Mais franchement, je n'ai pas été impressionné. Ce type de débats est sans doute la première raison qui me pousse à écrire plutôt que de débattre en public, avec un micro, en prenant des notes et en montant le ton pour couvrir la voix de mes adversaires. Franchement, ce genre de foutoir me fait chier, et c'est pourquoi il ne me serait jamais venu à l'idée de remplacer Marc-André ou Émilie. Cela dit, je m'étonne toujours dans ce genre de discussions qu'on parle si peu des féroces forces qui, il me semble, dévorent réellement nos chances de s'émanciper.
C'est la question du rapport à l'État qui a dominé à travers ce débat pas très poli. Là-dessus, plusieurs questions sont restées en suspens: comment, en effet, distribuer les ressources en situation d'anarchie. Comment remplacer le système de protection étatique par un système de protection basé sur le volontariat, mais sans que ce soit de la charité - concept exécrable s'il en est. Les réponses sont multiples, mais on en a peu évoqué. Et là est une des difficultés gigantesques de parler d'anarchie à des gens tels que Duhaime et Grenier: difficile pour eux d'embrasser avec leur peu d'imagination un modèle fondamentalement différent, ou plutôt, la cohabitation de plusieurs modèles différents. Car certaines personnes ont leurs horizons mentaux bloqués. La tendance des gouvernant-e-s «révolutionnaires» à émuler à la perfection le régime qu'ils ont autrefois combattu en est un excellent signe.
Aussi, il fallait que le débat tourne autour de visions simplistes de la gauche et de la droite, dans un cadre théorique et thématique imposé par Duhaime, malgré le fait que son duo avec Arielle Grenier n'a absolument pas été en mesure de passer à l'offensive pendant l'heure entière. Et c'est ce qui m'a déplu: on a encore mis de côté les questions de fond.
Ce que j'admire du discours féministe radical, c'est de pouvoir s'attaquer entre autres à l'abstraction la plus violente: des traits culturels profondément enracinés et nocifs. Dans la théorie de l'anarchisme, j'observe trop souvent des tentatives d'évitement de ce genre de discussions: ce qui fait que je me retrouve le plus souvent à confondre les rhétoriques simplement marxistes et les discours franchement libertaires. Et pourtant! L'école, le travail, le conformisme! Pourquoi en parle-t-on si peu? On en a toujours que contre les lois et l'argent.
A contrario - et c'est assez singulier, parce que c'est pas mon genre - c'est réellement quand j'entends ou que je lis des intellos plus «modéré-e-s», voire réfos (Chomsky, Baillargeon et Foucault, par exemple) que je parviens généralement à identifier nos problèmes réels, qui transcendent notre rapport à l'État, au capitalisme et à toutes les autres grandes structures visibles: il y a clairement quelque chose de pourri en nous. Notre rapport à l'autorité et à la liberté (qui sont RÉELLEMENT opposés, quoique pourraient en dire certain-e-s libertarien-ne-s) ne se limite pas à ce qu'on pense de l'État. Et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai été relativement interloqué par les attaques du duo Cyr-Joli. J'ai eu l'impression qu'on a eu recours à plusieurs reprises au sophisme de l'homme de paille.
En ce qui me concerne, je pense que Duhaime et Grenier détestent sincèrement l'État et la bureaucratie, avec toutes les contradictions que cela entraîne. Je n'ai pas de difficulté à croire, non plus, Duhaime quand il affirme qu'il a déjà dénoncé la brutalité policière, en tant que libertarien. Grenier sur ce dernier sujet? Sais pas.
Mais peu importe leur haine de l'État, illes restent selon moi des autoritaires. Illes l'ont prouvé de diverses façons au cours de la dernière année mais aussi au cours de l'émission. Le recours au travail comme valeur suprême est un excellent cas de figure, comme les références au mérite et la foi dans le prétendu «libre-contrat», un élément heureusement repéré par les équipiers/ères anars. Plus généralement, j'ai entendu Duhaime et/ou(?) sa gang de minables faire l'apologie de l'autorité traditionnelle et déplorer sa prétendue déconstruction au cours des dernières années (alors que j'observe, moi, à travers le retour des uniformes et du vouvoiement à l'école, un retour en force de cette autorité nauséabonde). Et il est évident qu'il y a aussi une forte contradiction entre la xénophobie paranoïaque de Duhaime face aux immigrant-e-s issus de pays musulman-e-s et les libertés individuelles. On n'a pas non plus relevé la contradiction sur les impôts et les fonctions régaliennes de l'État: si les riches peuvent refuser de payer pour les soins de santé des pauvres, pourquoi les pauvres devraient-illes payer pour protéger le produit d'un vol[1]?
Les autres ténors québécois de la pensée « libertarienne », surtout présent-e-s à la radio, sont encore pires. Réjean Breton, aristoraciste à l'insupportable voix patricienne, gagnerait entre autres à être dénoncé ou du moins, déconstruit et décrédibilisé.
Et il n'y a de toute façon pas que l'État et le capitalisme qui méritent d'être jetés à terre. L'oppression pourrait facilement leur survivre.
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[1] « Voleurs, défendez votre bien! Ce n'est pas à nous de le faire. »
jeudi 17 janvier 2013
Informe.
“Therefore the consumation of forming an army
is to arrive at formlessness. When you have no
form, undercover esponiage cannot find out
anything, intelligence cannot form a strategy.”
(Sun Tzu, The Art of War)
Can't stop Kaos est une brochure sur le Black Bloc publiée en 2010. Ça m'avait échappé. C'est sur ses origines et son histoire. C'est un intéressant travail.
dimanche 30 décembre 2012
Plus jamais indifférent-e-s
Je me sens assez cheap depuis le début du temps des fêtes de ne pas commenter le mouvement Idle no More. Mais comment faire autrement que, de manière convenue, appuyer les autochtones, ainsi que leurs prouesses actuelles?
J'observe néanmoins que nous grognons contre Harper depuis sa première élection mais au Québec, où pourtant les gens sont les plus insatisfaits - le mot semble ridiculement faible, oui - nous ne faisons à peu près rien contre son gouvernement réactionnaire et dégoûtant. Bien plus dégoûtant et répressif d'ailleurs que ne l'a jamais été Jean Charest.
Je demeure interloqué par la faible contamination du mouvement Idle no More. C'est une incroyable initiative prise par les Premières Nations (je dirais même autant nécessaire qu'héroïque), évidemment; on en parle partout; maintenant pourquoi ne pas le suivre.
J'observe néanmoins que nous grognons contre Harper depuis sa première élection mais au Québec, où pourtant les gens sont les plus insatisfaits - le mot semble ridiculement faible, oui - nous ne faisons à peu près rien contre son gouvernement réactionnaire et dégoûtant. Bien plus dégoûtant et répressif d'ailleurs que ne l'a jamais été Jean Charest.
Je demeure interloqué par la faible contamination du mouvement Idle no More. C'est une incroyable initiative prise par les Premières Nations (je dirais même autant nécessaire qu'héroïque), évidemment; on en parle partout; maintenant pourquoi ne pas le suivre.
Libellules :
pauvreté et marginaux,
Premières nations,
racisme
vendredi 21 décembre 2012
Le vandalisme sur les murs de l'UQAM.
L'UQAM a décidé de faire table rase sur des années de création artistique, tout en bloquant l'accès à un espace vital aux étudiant-e-s pendant une bonne partie de la session d'hiver.
Il y a, je pense, au moins dix ans, les étudiant-e-s de l'UQAM ont commencé à gribouiller des choses sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, couvrant bientôt dans des teintes monochromes une surface gigantesque. À chaque grève ou occupation de l'UQAM, il y avait de nouveaux débats, dessins et commentaires qui apparaissaient spontanément. C'était intéressant mais d'une esthétique douteuse. L'administration a laissé faire pendant un bon moment jusqu'à ce qu'elle décide de tout couvrir dans une teinte de blanc sale, gâchant une source fascinante d'histoire institutionnelle. Et comme une seule couche de peinture avait été posée, on voyait encore, en-dessous, les vieilles marques faites au crayon feutre. C'était bien plus laid qu'auparavant.
Scandalisé-e-s, les étudiant-e-s se sont plaint-e-s, ont fait pression et ont finalement obtenu, en mars 2010, de repeindre les murs à leur goût. Pendant toute une soirée, des dizaines d'étudiant-e-s ont redécoré les murs, et ce avec la permission de l'UQAM, qui a même tenté de récupérer cet état de fait en vissant de petites affichettes qui disaient "espace d'expression libre" ou un truc de même. Je ne me souviens plus trop de la mention exacte parce qu'on les a toutes arrachées.
Cet art a été créé pour un coût dérisoire et en fait avec énormément de plaisir partagé. Il ne s'agissait pas de vandalisme, mais de poésie, de dénonciation par l'art. L'arrière-plan de mon blogue est d'ailleurs constitué d'un des "graffitis" gribouillés pendant cette période. Il m'est aussi arrivé de guider des ami-e-s dans l'UQAM, entré-e-s expressément pour admirer les murales.
Les journaux ne montrent que les graffitis les plus dégoulinants et les plus laids.
Un autre exemple de "vandalisme" fait sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, à l'UQAM.
Et que dire des autres messages de haine!
Ces deux photos datent d'avril 2010 (je me suis fait piquer mon appareil-photo l'été suivant par les flics de Toronto et je ne l'ai jamais revu). Depuis, certaines murales ont été repeintes, d'autres considérablement modifiées (par exemple, "agriculteur" a été féminisé). D'une manière générale, je trouve que les murs ont été améliorés au cours des deux dernières années. Ils ne sont en aucun cas "intimidants". Il y a eu des attaques ad hominem, certes, en admettant que des caricatures de Michèle Courchesne soient des attaques.
C'est évident qu'il y a eu des mauvais choix esthétiques fait par la suite. Les « A » cerclés dessinés dans les vitres des fenêtres, c'était moche comme idée. D'autres artistes ont aussi cochonné le plancher un peu partout. Et certaines phrases prennent vraiment trop de place, ou sont écrites sur la brique, à des endroits peu commodes. On peut faire tenir un message sur une surface lisse de 1 m2, mais ça, certaines personnes l'ont visiblement pas compris.
Mais l'avantage de l'exercice, c'est justement qu'on peut toujours repasser sur les échecs en reconstruisant par-dessus. Sans dépenses pour l'université. Cette dernière tente de régler le problème en imposant son autorité conformiste, parce qu'elle veut avoir la réputation d'une institution sérieuse aux murs bien blancs (quoique couverts en plusieurs endroits de pubs de Pepsi). C'est stupide.
Une autre solution aurait été de négocier avec les étudiant-e-s et le personnel pour que ceux-ci nettoient eux-mêmes les graffitis hideux pour les remplacer par de nouvelles murales, plus jolies et qui ne camoufleraient cependant pas nécessairement le message originel. Pourquoi pas repeindre ce fameux « débordons absolument » au milieu d'une rivière agitée et en pleine débâcle, qui traîne dans ses flots les ruines du vieux monde?
Il y a, je pense, au moins dix ans, les étudiant-e-s de l'UQAM ont commencé à gribouiller des choses sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, couvrant bientôt dans des teintes monochromes une surface gigantesque. À chaque grève ou occupation de l'UQAM, il y avait de nouveaux débats, dessins et commentaires qui apparaissaient spontanément. C'était intéressant mais d'une esthétique douteuse. L'administration a laissé faire pendant un bon moment jusqu'à ce qu'elle décide de tout couvrir dans une teinte de blanc sale, gâchant une source fascinante d'histoire institutionnelle. Et comme une seule couche de peinture avait été posée, on voyait encore, en-dessous, les vieilles marques faites au crayon feutre. C'était bien plus laid qu'auparavant.
Scandalisé-e-s, les étudiant-e-s se sont plaint-e-s, ont fait pression et ont finalement obtenu, en mars 2010, de repeindre les murs à leur goût. Pendant toute une soirée, des dizaines d'étudiant-e-s ont redécoré les murs, et ce avec la permission de l'UQAM, qui a même tenté de récupérer cet état de fait en vissant de petites affichettes qui disaient "espace d'expression libre" ou un truc de même. Je ne me souviens plus trop de la mention exacte parce qu'on les a toutes arrachées.
Cet art a été créé pour un coût dérisoire et en fait avec énormément de plaisir partagé. Il ne s'agissait pas de vandalisme, mais de poésie, de dénonciation par l'art. L'arrière-plan de mon blogue est d'ailleurs constitué d'un des "graffitis" gribouillés pendant cette période. Il m'est aussi arrivé de guider des ami-e-s dans l'UQAM, entré-e-s expressément pour admirer les murales.
Les journaux ne montrent que les graffitis les plus dégoulinants et les plus laids.
Un autre exemple de "vandalisme" fait sur les murs du deuxième étage du Pavillon Aquin, à l'UQAM.
Et que dire des autres messages de haine!
Ces deux photos datent d'avril 2010 (je me suis fait piquer mon appareil-photo l'été suivant par les flics de Toronto et je ne l'ai jamais revu). Depuis, certaines murales ont été repeintes, d'autres considérablement modifiées (par exemple, "agriculteur" a été féminisé). D'une manière générale, je trouve que les murs ont été améliorés au cours des deux dernières années. Ils ne sont en aucun cas "intimidants". Il y a eu des attaques ad hominem, certes, en admettant que des caricatures de Michèle Courchesne soient des attaques.
C'est évident qu'il y a eu des mauvais choix esthétiques fait par la suite. Les « A » cerclés dessinés dans les vitres des fenêtres, c'était moche comme idée. D'autres artistes ont aussi cochonné le plancher un peu partout. Et certaines phrases prennent vraiment trop de place, ou sont écrites sur la brique, à des endroits peu commodes. On peut faire tenir un message sur une surface lisse de 1 m2, mais ça, certaines personnes l'ont visiblement pas compris.
Mais l'avantage de l'exercice, c'est justement qu'on peut toujours repasser sur les échecs en reconstruisant par-dessus. Sans dépenses pour l'université. Cette dernière tente de régler le problème en imposant son autorité conformiste, parce qu'elle veut avoir la réputation d'une institution sérieuse aux murs bien blancs (quoique couverts en plusieurs endroits de pubs de Pepsi). C'est stupide.
Une autre solution aurait été de négocier avec les étudiant-e-s et le personnel pour que ceux-ci nettoient eux-mêmes les graffitis hideux pour les remplacer par de nouvelles murales, plus jolies et qui ne camoufleraient cependant pas nécessairement le message originel. Pourquoi pas repeindre ce fameux « débordons absolument » au milieu d'une rivière agitée et en pleine débâcle, qui traîne dans ses flots les ruines du vieux monde?
Parce que l'UQAM est une institution conformiste qui n'aime pas la beauté, mais le béton uni, le blanc uni, la police, l'ordre, la discipline, les dépenses en sécurité. Elle veut que l'université conserve son rôle traditionnel, qui n'est pas « révolutionnaire et subversif » comme le dirait l'ASSÉ, mais d'imiter le milieu carcéral, avec ses horaires réglés à la seconde et sa lubie d'adapter de force les rebelles à notre système capitaliste de castes. Elle veut tout contrôler et nous faire croire que nous avons le choix.
Fuck l'UQAM et son vandalisme des oeuvres d'art. Vive les graffitis, qui ne sont intimidants que parce qu'ils font ressortir la brutalité des murs totalement blancs.
jeudi 13 décembre 2012
La trahison du PQ.
Le PQ est loin de l'époque pendant laquelle ses député-e-s portaient le carré rouge. On navigue maintenant de déception en déception, sans d'ailleurs que la plupart des péquistes, pourtant souvent progressistes, ne pensent à critiquer leur parti en public. Illes tiennent leur rang et c'est sans doute ce qui fait le plus mal à la société québécoise. Le PQ coupe là où le PLQ n'aurait jamais osé. La droite reproche au PQ de reculer: mais le PQ ne recule que sur ses mesures progressistes, menacé qu'il est par les mass médias et les agences de notation. La droite reproche finalement au gouvernement de faire ce que la droite veut.
J'aurais pu croire qu'on aurait pu arriver à des résultats complètement différents avec ce gouvernement. Avant les élections, j'avais imaginé deux scénarios: ou bien les mesures progressistes du PQ seraient poussées en avant, alors que les mesures nationalistes seraient bloquées par les partis d'opposition; ou bien l'opposition (en l'occurrence la CAQ) ne laisserait passer que les mesures nationalistes, bloquant tout progrès et transformant le PQ en Parti Conservateur du Canada, exaltant ses éléments xénophobes et obscurantistes. Il semble que nous soyons confronté-e-s à un scénario intermédiaire. Mais aurait-on pu réellement s'attendre à autre chose?
Dans tous les cas, la contestation est inexistante. La FECQ et la FEUQ, qui ont de toute façon fort à faire en dénonçant l'ASSÉ et en gérant les défections massives dans leurs rangs (bien fait pour eux!), sont muettes comme des carpes. L'ASSÉ grogne un peu, mais comme à l'habitude, à travers le filtre des mass médias, il n'en ressort qu'un petit filet de paroles qui est tout de suite dressé comme un épouvantail pour effrayer les braves travailleur-e-s qui sont tellement bon-ne-s de se lever à tous les matins et de polluer notre air de Longueuil à Rimouski. Et l'ASSÉ, encore, ne semble intéressée qu'à cet inutile Sommet sur l'Éducation.
Je me sens pas trahi par le PQ parce que j'ai trahi le PQ autour de 2006 en adoptant le drapeau noir une fois pour toutes. Mais je suis triste pour les gens qui attendaient tant de sa part et qui viennent d'être trahis par lui. Triste surtout parce que la plupart continuent de le défendre.
Après les élections, j'étais muet. Si je peux remercier les péquistes de ma connaissance d'une chose, c'est d'avoir été prudent-e-s avant de me faire la morale. Je sentais venir le fameux « tu vois, les élections peuvent changer quelque chose » comme une escouade de flics en armure lancée à 100km/h dans les rues de Montréal. Mais ils n'ont rien dit, me privant d'ailleurs du plaisir de leur répondre maintenant: « tu vois, les élections sont inutiles. »
La seule chose que nous conservons pour le moment, c'est ce maudit pseudo-gel des frais de scolarité dont, finalement, je me crisse un peu. Le reste nous file entre les doigts comme de l'eau, incluant l'essentiel désir de révolte.
Et les puissant-e-s profitent du temps mort pour placer leurs pions, parce qu'eux ne sont pas aussi épuisé-e-s que nous. Illes ont encore cette énergie parce qu'on ne s'est jamais vraiment attaqué-e-s à eux. Et qu'alors qu'on luttait bénévolement, eux, illes étaient payé-e-s des centaines de milliers de dollars pour nous envoyer leurs flics, leurs injonctions, leurs lois ridicules et liberticides, leurs chroniques nauséabondes.
Au printemps dernier, il n'aurait fallu à la population qu'un seul pas supplémentaire pour monter dans le sentier révolutionnaire. Mais elle a préféré se rasseoir et attendre que le gouvernement change tout. Un militant de Québec Solidaire m'avait bien confirmé partager ce désir. Il m'avait dit, dans une station de métro: « Je ne veux pas me sentir toujours délégué. » Sous-entendu: « je ne veux pas avoir le contrôle de ma vie, c'est trop de problèmes à régler. »
***
Je crois de moins en moins au progrès lent du réformisme. Le système le refuse plus souvent qu'autrement. Sinon c'est la menace de décote. Il FAUT privatiser et détruire notre environnement, c'est un impératif du capitalisme. Devant la tyrannie des agences de notation et des banquiers austères qui habitent dans des palais, il n'y a aucun compromis possible. Devant l'horreur du nationalisme et de l'irrationnel, le savoir ne peut faire aucune concession.
Nous devons tout détruire.
J'aurais pu croire qu'on aurait pu arriver à des résultats complètement différents avec ce gouvernement. Avant les élections, j'avais imaginé deux scénarios: ou bien les mesures progressistes du PQ seraient poussées en avant, alors que les mesures nationalistes seraient bloquées par les partis d'opposition; ou bien l'opposition (en l'occurrence la CAQ) ne laisserait passer que les mesures nationalistes, bloquant tout progrès et transformant le PQ en Parti Conservateur du Canada, exaltant ses éléments xénophobes et obscurantistes. Il semble que nous soyons confronté-e-s à un scénario intermédiaire. Mais aurait-on pu réellement s'attendre à autre chose?
Dans tous les cas, la contestation est inexistante. La FECQ et la FEUQ, qui ont de toute façon fort à faire en dénonçant l'ASSÉ et en gérant les défections massives dans leurs rangs (bien fait pour eux!), sont muettes comme des carpes. L'ASSÉ grogne un peu, mais comme à l'habitude, à travers le filtre des mass médias, il n'en ressort qu'un petit filet de paroles qui est tout de suite dressé comme un épouvantail pour effrayer les braves travailleur-e-s qui sont tellement bon-ne-s de se lever à tous les matins et de polluer notre air de Longueuil à Rimouski. Et l'ASSÉ, encore, ne semble intéressée qu'à cet inutile Sommet sur l'Éducation.
Je me sens pas trahi par le PQ parce que j'ai trahi le PQ autour de 2006 en adoptant le drapeau noir une fois pour toutes. Mais je suis triste pour les gens qui attendaient tant de sa part et qui viennent d'être trahis par lui. Triste surtout parce que la plupart continuent de le défendre.
Après les élections, j'étais muet. Si je peux remercier les péquistes de ma connaissance d'une chose, c'est d'avoir été prudent-e-s avant de me faire la morale. Je sentais venir le fameux « tu vois, les élections peuvent changer quelque chose » comme une escouade de flics en armure lancée à 100km/h dans les rues de Montréal. Mais ils n'ont rien dit, me privant d'ailleurs du plaisir de leur répondre maintenant: « tu vois, les élections sont inutiles. »
La seule chose que nous conservons pour le moment, c'est ce maudit pseudo-gel des frais de scolarité dont, finalement, je me crisse un peu. Le reste nous file entre les doigts comme de l'eau, incluant l'essentiel désir de révolte.
Et les puissant-e-s profitent du temps mort pour placer leurs pions, parce qu'eux ne sont pas aussi épuisé-e-s que nous. Illes ont encore cette énergie parce qu'on ne s'est jamais vraiment attaqué-e-s à eux. Et qu'alors qu'on luttait bénévolement, eux, illes étaient payé-e-s des centaines de milliers de dollars pour nous envoyer leurs flics, leurs injonctions, leurs lois ridicules et liberticides, leurs chroniques nauséabondes.
Au printemps dernier, il n'aurait fallu à la population qu'un seul pas supplémentaire pour monter dans le sentier révolutionnaire. Mais elle a préféré se rasseoir et attendre que le gouvernement change tout. Un militant de Québec Solidaire m'avait bien confirmé partager ce désir. Il m'avait dit, dans une station de métro: « Je ne veux pas me sentir toujours délégué. » Sous-entendu: « je ne veux pas avoir le contrôle de ma vie, c'est trop de problèmes à régler. »
***
Je crois de moins en moins au progrès lent du réformisme. Le système le refuse plus souvent qu'autrement. Sinon c'est la menace de décote. Il FAUT privatiser et détruire notre environnement, c'est un impératif du capitalisme. Devant la tyrannie des agences de notation et des banquiers austères qui habitent dans des palais, il n'y a aucun compromis possible. Devant l'horreur du nationalisme et de l'irrationnel, le savoir ne peut faire aucune concession.
Nous devons tout détruire.
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samedi 8 décembre 2012
Un racisme tellement banal.
Martineau, à Maurais Live, nous compare à des « Japonais ». Ou plus précisément à une image folklorisée, stéréotypée et archaïque des touristes japonais.
Racisme ordinaire et banal dans la ville de Québec.
« Ça prouve que nous sommes tous devenus des Japonais. Tu voyages, maintenant et les Japonais ne regardent pas la Tour de Pise. [...] Ils ne regardent que par l'entremise d'une lentille. [...] Tsé sont tous comme ça les Japonais. »
Lien vers l'émission originale du 6 décembre 2012.
Racisme ordinaire et banal dans la ville de Québec.
« Ça prouve que nous sommes tous devenus des Japonais. Tu voyages, maintenant et les Japonais ne regardent pas la Tour de Pise. [...] Ils ne regardent que par l'entremise d'une lentille. [...] Tsé sont tous comme ça les Japonais. »
Lien vers l'émission originale du 6 décembre 2012.
vendredi 7 décembre 2012
Le cabaret anarchiste à l'Achoppe.
C'est ce soir, au 1800, avenue Létourneux. C'est à 20h00 et c'est gratuit. C'est une soirée à micro ouvert, donc si vous avez écrit des textes, des courts monologues, de la poésie, de la chanson, vous aurez la chance de présenter un numéro.
Les cabarets anarchistes sont maintenant tellement en demande que le Bloc des Auteur-e-s anarchistes en organisent jusqu'à Saguenay. C'est devenu un formidable party alternatif auquel vous pouvez participer du début à la fin, ou juste y venir pour un petit tour. Vous pouvez en profiter pour vous procurer nos livres - je ne dirais pas que ça ferait un parfait cadeau de Noël, parce que franchement j'aime pas Noël - et discuter avec plusieurs auteur-e-s.
Tout le monde peut venir! (Sauf les oppresseur-e-s.)
Le thème de ce cabaret: la paresse.
Soyez-y!
Les cabarets anarchistes sont maintenant tellement en demande que le Bloc des Auteur-e-s anarchistes en organisent jusqu'à Saguenay. C'est devenu un formidable party alternatif auquel vous pouvez participer du début à la fin, ou juste y venir pour un petit tour. Vous pouvez en profiter pour vous procurer nos livres - je ne dirais pas que ça ferait un parfait cadeau de Noël, parce que franchement j'aime pas Noël - et discuter avec plusieurs auteur-e-s.
Tout le monde peut venir! (Sauf les oppresseur-e-s.)
Le thème de ce cabaret: la paresse.
Soyez-y!
lundi 3 décembre 2012
Une libération.
Mandy Hiscocks, accusée dans les suites du G-20 de Toronto et emprisonnée pendant presque un an par des oppresseurs dans la prison pour femmes Vanier, a finalement été libérée. Vous pouvez lire de ses commentaires sur ce blog.
Notez que plusieurs accusé-e-s du G-20 n'ont pas encore reçu leur sentence et sont toujours en procès. Non, ce n'est pas terminé. Cette histoire ne sera terminée que quand nous aurons l'anarchie.
Fuck la prison, fuck l'État, fuck le capitalisme et toute forme d'autorité.
« So thanks to you, state, for giving me some of the information and tools i need to be more of a pain in your ass. »
- Mandy Hiscocks
Notez que plusieurs accusé-e-s du G-20 n'ont pas encore reçu leur sentence et sont toujours en procès. Non, ce n'est pas terminé. Cette histoire ne sera terminée que quand nous aurons l'anarchie.
Fuck la prison, fuck l'État, fuck le capitalisme et toute forme d'autorité.
« So thanks to you, state, for giving me some of the information and tools i need to be more of a pain in your ass. »
- Mandy Hiscocks
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