jeudi 22 octobre 2009

L'effigie de Bush massacrée

Voilà un petit vidéo de défoulement que je viens de créer pour souligner le passage de Bush à Montréal. Je l'avais téléchargée sur Youtube, mais la politique de droits d'auteurs du site web a décidé que la trame sonore était une violation de je-ne-sais-plus-trop quel principe stupide.

Bush à Montréal

La manifestation a débuté vers 11h00 devant le Queen Elisabeth. Vers midi et demie, nous étions quelques centaines (300 maximum) à dénoncer la présence de l'ancien Président des USA, invité par la Chambre de Commerce à présenter une conférence sur son le bilan de son passage au pouvoir. Il faisait froid et le brouillard humide n'aidait pas, mais l'évènement fut quand même plaisant.
Des gens avaient apporté une effigie grandeur nature de Georges W. Bush, plantée au bout d'un bâton. Après l'avoir battue à coup de pals, on la brûla dans la plus grande gaieté. Soulignons le zèle d'Armand Vaillancourt, qui a entretenu le feu de joie avec tout ce qu'il a trouvé sur place (pancartes, boîtes vides, etc.), et qui n'est parti que quand il ne restait plus rien à brûler (d'accessible).



Un peu après 13h00, les policiers ont décidé de réouvrir la rue. Les manifestant-e-s se sont alors dégonflé-e-s, le crachin les ayant trempé-e-s jusqu'aux os. Un peu avant que nous soyions définitivement refoulé-e-s sur le trottoir, un policier a bien essayé de déclencher les hostilités en bousculant une petite jeune femme qui passait en vélo sans raison apparente; mais quand il a vu les kodaks pointés dans sa direction, il a abandonné sa proie.



Les flics ont également apporté des chiens et des chevaux pour nous intimider. Les maîtres canins ont reçu des souliers dans la gueule en guise de réponse à cette menace.
Édition: Il paraît qu'il y aurait eu cinq arrestations.

mardi 20 octobre 2009

L'état de nos rues.

J'ai regardé le débat entre les candidat-e-s à la Mairie de Montréal à Radio-Canada. Un vrai foutoir, un rendez-vous manqué. Bergeron, de Projet Montréal, a décidé d'adopter la rhétorique d'un adéquiste qui serait écoeurant de pureté, se présentant comme l'adversaire des "vieux partis". Pas impressionnant. Quant aux deux autres, ils jouaient au jeu de la pomme la plus pourrite, s'accusant mutuellement d'être le/la plus corrompu-e.

En ce qui me concerne, je viens de me rendre compte que je ne suis même pas inscrit sur la liste électorale. Oui, je sais, ça fait dur. Faut croire que je suis tellement habitué à ne plus voter que je ne prends même plus la peine de vérifier si j'en ai encore le droit.

Pourtant, l'autre jour, je me suis dit que voter aux élections municipales ne serait pas si immoral que ça. Élire des délégué-e-s pour s'occuper de l'état des routes sur un très petit territoire comme une municipalité me semblait pas a priori encourager un système répressif. Mais la corruption est si grande, et le pouvoir de la Ville de Montréal nous écrase tellement qu'il me devient impossible de cautionner une telle institution.

La réaction des médias devant les histoires de crime organisé et de contributions anonymes est cependant très amusante. Certain de tenir un scoop, on annonce que la mafia, les partis politiques, les syndicats et les hommes d'affaires seraient liés par de très édi-fientes amitiés. Tiens tiens...

Et dire que les journalistes font mine d'être étonné-e-s.

Et dire qu'ils ont été étonné-e-s aussi de voir des jeunes péter des vitrines le 15 mars dernier.

Ramasser des éclats de verre: 200$.
Réprimer le peuple: 10 000$
Ignorer la collusion dans l'attribution des contrats: ça n'a pas de prix.

Dommage que les gens aient peur ou ne soient intéressé-e-s qu'à leur bonheur illusoire de consommateurs abusés. Les bouttes d'asphalte décollés du pavé voleraient. En veux-tu du nid-de-poule en vlà.

jeudi 15 octobre 2009

Keny Arkana

A-t-elle des cheveux?

lundi 12 octobre 2009

Hommage à Falardeau au Lion d'Or: "Nous vaincrons!"

"Nous vaincrons", c'est l'éternel slogan des très bruyants jeunes du RRQ, qui selon moi ne sonne pas aussi bien que "On va les avouère!" et qui en plus d'être trop pompeux à mon goût a été sur-utilisé au cours de la soirée d'hommage à Falardeau au Lion d'Or. Soirée très peuplée d'ailleurs (peut-être 370 personnes dans cette salle de 300 places) et en gros pas du tout minable, bien que certains discours, trop longs et/ou peu originaux aient été légèrement ennuyants ou carrément épeurants (quand un révolutionnaire quelconque tint à peu près ce discours: "On les a avertis que s'ils s'attaquent à la mémoire de Falardeau, il vont se rendre compte qu'ils se sont attaqués à plus fort qu'eux! On les a avertis!", les hurlements fanatiques de la moitié droite de la salle m'ont fait un peu paniquer).

Le seul moment vraiment intéressant de la première partie fut ce numéro très senti de la flûtiste-poète accompagnée d'un pianiste: j'en suis presque tombé en bas de ma chaise. Il faut bien accorder ça au mouvement indépendantiste: il recrute de bon-ne-s artistes polyvalent-e-s qui offrent des performances de très grande qualité et d'une diversité infinie. (Le numéro en question suivait le témoignage très ordinaire du très ordinaire Patrick Bourgeois[1], bruyamment accueilli par ses amis - les petits révolutionnaires de terrains de jeu du RRQ.) Le poème intitulé "J'ai oublié" était d'une longueur appréciable et rythmé - c'était pas un haïku de coin de comptoir - et le morceau de flûte très complexe (du Doppler). L'ambiance musicale et visuelle était également très bien choisie: bref, il a bénéficié d'une mise en scène vraiment géniale pour un spectacle organisé à la dernière minute.

Notons quand même la performance plus qu'acceptable de Jules Falardeau, le fils de l'autre, qui a rappé avec son copain "Le Paysan". Il avait un bon flot. Le beat et les paroles étaient très recherchés aussi.

La deuxième partie a été plus que correcte, avec l'interprétation très réussie du Screw, une des chansons entendues dans le film Le Party et qui a été composée par Richard Desjardins. Loco Locass a été par contre franchement plate (mais où est donc passé Chafiik?) avec l'interprétation de "La Censure pour l'échafaud" et "Les Géants". "La Censure pour l'échafaud" n'est pas une mauvaise toune (surtout qu'elle fait référence, avec un jeu de mots, au film de Louis Malle), mais "Les Géants" est un des pires textes que j'ai entendus de ma vie: c'est une gaffe de la Saint-Jean qui a souffert d'over-exposure.

Paul Piché a toutefois été très entraînant et le témoignage de Luc Picard, qui clôturait l'évènement, était émouvant. Ce qui devait suivre fut cependant un peu étrange: l'animateur de la soirée qui conclut simplement par "C'est un bel hommage" et l'ovation debout devant un poster de Falardeau accroché au plafond de la scène.

En bref, le show a certes duré un peu trop longtemps, ce qui fait que le public commençait à devenir plus éméché que respectueux vers la fin, mais il nous a permis quelques belles découvertes et, bien entendu, a permis aux spectateurs et spectatrices de connaître l'entourage de Falardeau.

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[1] Le gars qui voit des "fédéraleux crissement débiles" partout.

dimanche 11 octobre 2009

Hommage à Falardeau - Lion d'or

Je serai présent au Lion d'Or ce soir pour assister à l'hommage organisé à Montréal en souvenir du décès de Pierre Falardeau.

Loco Locass et Paul Piché, entre autres, performeront. Il paraît aussi que plusieurs séquences de films de Falardeau seront également projetées et que plusieurs textes seront lus par des personnalités connues. J'ai appris entre les branches que la soirée d'hommage a été préparée avec une générale technique seulement, ce qui fait que la présentation risque d'être assez conviviale.

Une flûtiste-poète a aussi été invitée par les organisateurs/trices de la soirée.

Mes raisons d'y être ne sont pas politiques (même si, comme je l'ai laissé entendre plus tôt, je reconnais une grande valeur à l'ensemble de l'oeuvre du cinéaste), mais comme certains numéros inédits en vaudront vraiment la peine, je ferai sans doute un retour là-dessus plus tard.

samedi 3 octobre 2009

Le FSQ: Un autre Québec en marche.

Une amie qui préfère conserver l'anonymat m'a traîné au Forum Social Québécois en 2007. J'étais pas si enthousiaste au départ mais finalement, j'ai beaucoup apprécié, étant donné que c'est ma fréquentation de cet évènement qui m'a fait connaître le mouvement pour une décroissance conviviale et qui m'a mis en contact avec le groupe The Untakens, qui malheureusement aux dernières nouvelles était mort. J'ai alors découvert qu'il y avait un salut hors de l'ASSÉ, de la NEFAC et du PCR, et que plusieurs regroupements aux tendances très libertaires existaient à l'extérieur de ce qu'on considère généralement comme le milieu anarchiste de Montréal. Ils étaient réseautés au point d'avoir des associations amies jusque dans le Vermont et le Maine.

Les journées de séminaire de l'Institut Fraser (ce think tank de droite qui conseille par ses études biaisées les plus hauts placés de notre gouvernement), disaient quelques conférenciers en 2007, visent à faire contrepoids à ce genre d'évènements en proposant une journée de débats sur les politiques publiques qui ne soit pas contrôlé par l'establishment nationaliste étatiste. Sauf que cet évènement auquel j'ai participé deux fois ne vise en fait que l'abrutissement des jeunesses dorées. Quand un élément dissident fait surface au cours des discussions en "ateliers", on lui refuse le droit de parole et s'il insiste, on sort l'artillerie lourde en envoyant des grands parleurs caler les individus en question. Et puis en plus, au cours des trois dernières années il n'y a eu peut-être qu'une ou deux conférencières, contre environ vingt-cinq hommes, les femmes étant réléguées aux postes traditionnels de gestion de la liste d'invité-e-s.

Le FSQ est la seule place où j'ai pu m'exprimer en toute sincérité sans avoir à faire face à des huées. C'est peut-être une question d'affinités, me direz-vous: peut-être. Mais comme les structures du FSQ sont plutôt lâches, et que la formule des ateliers n'est pas du tout uniforme, les participant-e-s visitent le site avec une curiosité naturelle d'être humain, sans attentes particulières, prêt-e-s à l'écoute et à l'échange. Il n'y a pas de "tenue décontractée suggérée" comme à l'Institut Fraser. Ni de dogmes comme dans les partis politiques. Il y règne certes une organisation mais aussi une sorte de doux chaos qui permet à tout le monde de s'impliquer un peu. Comme, vous savez, quand il y a une fuite de gaz et que des gentil-le-s habitant-e-s des environs, qui n'ont pourtant jamais rien fait que se fier sur l'Autorité, apportent du café aux gens qui attendent dehors en robe de chambre.

Le seul problème, c'est que la dernière fois, il y avait des partisan-e-s de Québec Solidaire dans chaque atelier qui commençaient toutes leurs phrases par "Nous à Québec Solidaire..." ou par "Enfin un parti qui...", faque si j'en entends un s'essayer cette année je le slogue.

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À propos, au Devoir, Stéphane Baillargeon a donné la parole à la professeure Anne-Marie Gingras : «Je vais leur dire [aux jeunes du FSQ] qu'il faut construire la critique de la société à partir des institutions existantes et non pas contre elles. On ne peut pas faire table rase de tout et rêver de repartir à neuf. Le nihilisme anarchiste de certains radicaux dessert l'analyse fine et nuancée. C'est un des problèmes de la gauche actuelle.»

Ça m'a fait bien marrer. "L'anarchisme nihiliste" au Québec, c'est quoi, deux cent personnes maximum... dont:
- deux personnes qui arrivent à publier un article ou un essai de temps en temps;
- une à trois personnes sur le conseil exécutif de l'ASSÉ;
- une quinzaine de personnes qui tiennent des blogues que personne lit (je fais autant partie de ces personnes que de ce personne);
- une centaine d'individus qui vont dans les manifs et/ou qui cherchent de la nourriture dans les poubelles.

Alors comme ça, l'activité de ces gens-là, qui sont à placer dans les ennemis de l'intellectualisme (je m'étouffe de rire) est un des problèmes de la gauche actuelle... Sans nous, les syndicats corporatistes auraient tellement le champ libre pour pratiquer leur lobbyisme collabo, ce serait-y pas formidable! Le radicalisme gauchiste québécois est en voie de disparition et sa voix ne se fait jamais entendre sur la place publique - ou on ne l'écoute pas sérieusement. Comment peut-on imputer une responsabilité à quelque chose qui n'existe pas? Quand j'ai lu ce médiocre article de Baillargeon, la gueule m'est tombée, et elle n'est toujours pas remontée. La gauche actuelle, dans ce qu'elle a de modérée, de pitoyablement réformatrice, d'allergique à l'audace et d'antidémocratique, bref dans ce qu'elle a de facalienne, de michel-vennienne et de jean-françois-liséenne[1], est entièrement responsable de ses propres déboires. Comme on dit: "Pendant que la droite essaie de gagner, la gauche essaie d'avoir raison."

Et depuis quand le fait d'imaginer un monde différent, avec des institutions différentes, est-il nocif? C'est l'espoir de voir venir au jour un monde différent qui a conduit nos ami-e-s de la Pointe Libertaire et leurs autres camarades à fonder le Centre Social Autogéré et à commettre de formidables attentats végétaux. Et ce sont les modéré-e-s "ne voulant pas lutter contre, mais à l'intérieur des institutions" qui les ont abandonné-e-s à leur sort après pourtant les avoir appuyé-e-s dans une déclaration commune.

Néanmoins, ayant moi-même déjà été victime de citation imaginaire dans La Presse, je donne encore à Mme Gingras le bénéfice du doute. Quant à Stéphane Baillargeon, eh bien qu'il mange donc d'la marde.
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[1]Il faut piquer des idées à la droite... telle que le totalitarisme.

samedi 26 septembre 2009

Salut pourriture: on va s'ennuyer de toi.

Le décès soudain de Nelly Arcan a été un choc; j'aime les récits d'autofiction parce que je trouve qu'ils manquent réellement de pudeur. Car si connaître des vérités sur quelqu'un est très révélateur, connaître ses mensonges est atteindre un degré d'intimité encore plus grand. Nelly Arcan était quelque chose comme une porte-étendard de ce genre littéraire. Et comme elle était une porte-étendard qui se vendait bien, sa disparition a retenu beaucoup d'attention. 

Mais voilà les hommages funèbres troublés par le décès du non moins célèbre Pierre Falardeau, ce nationaliste violent qui prenait plaisir à insulter les morts. "Salut pourriture", c'est ce qu'il a servi à Claude Ryan après la mort de celui-ci. Les chroniqueurs des grands médias n'ont pas encore ressorti de la poussière cette phrase-choc, à part de manière trompeusement subtile: peut-être ont-ils reçu des instructions, ou peut-être ont-ils trouvé qu'un pareil titre pour un de leurs articles manquerait cruellement d'originalité. Mais ailleurs que dans la presse professionnelle ça se déchaîne. Les "salut pourriture" fusent de partout, par milliers. Ces lâches s'imaginent-ils lui remettre la monnaie de sa pièce? Falardeau est mort. Il s'en crisse. Il est trop tard. Falardeau était un homme d'une vulgarité phénoménale, voire unique. Lors d'entrevues, il s'attaquait même souvent aux journalistes. Il a en outre traité David Suzuki de japonouille et chiâlé contre le Congrès juif canadien. C'est que Pierre Falardeau était un folkloriste anglophobe et régionaliste. Il n'acceptait pas que les critiques viennent de l'extérieur (lire: du Canada).

Mais il y avait quelque chose de beau et de profondément naïf dans les positions extrêmes qu'il prenait. C'est peut-être pour ça qu'à seize ans, j'étais très impressionné par ses discours, me déplaçant même une fois jusqu'à Trois-Rivières pour en écouter un. Pierre Falardeau avait aussi accepté de devenir "personne ressource" pour une recherche au cégep sur l'art engagé que j'avais décidé de mener avec deux amies. Avec ma collègue et moi, il avait été d'une amabilité et d'une patience admirables. Pierre Falardeau parlait de manière à ce que n'importe qui (de familier avec le joual) soit en mesure de le comprendre. Pour cette raison c'était choquant. Il disait n*** au lieu de dolichocéphale ou, comme l'écrirait Babacar Sall, mélanoderme. Ses propos ne revêtaient pas le lustre opaque de l'anthropologie vaguement raciste de certains "savant-e-s" et chroniqueurs/euses vendu-e-s. Ils étaient compris parce qu'ils étaient sensibles[1]. Aurait-il aussi autant parlé si on l'avait laissé faire en paix ses films? Plusieurs de ses projets sont tombés à l'eau - refus de subvention. Je soupçonne l'ostracisme politique. Et pourtant, le vide politique et social de certaines oeuvres subventionnées est beaucoup plus subversif. Et pourtant, n'en déplaise aux admirateurs béats et admiratrices béates de Robert Lepage (le grand artiste) et de Denys Arcand (l'hostie de bourgeois), Falardeau avait quelque chose dans ses films de plus proche du peuple. Qui ne s’embarrassait pas des snobberies tellement appréciées des critiques. Qui était bien plus proche de l'esprit de Mon Oncle Antoine ou de l'Âge de la machine. Avec des vrais personnages. 

De savoir que tout ça disparaîtra avec Falardeau, que c'est son oeuvre de pamphlétaire qui survivra (au moins à court terme), ou plutôt l'analyse de son oeuvre pamphlétaire par des crétin-e-s sans intelligence, provoque en moi un fort mécontentement. En fin de compte, ce seront les limaces méprisantes mais polies de Power Corporation qui auront le dernier mot. Salut pourriture. On va s'ennuyer de toi. 

 

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[1]On dira dans les milieux patriotes que Patrick Bourgeois, cet immonde polémiste nationaliste, sera le digne successeur de Falardeau, en porteur unique de son héritage: foutaise. Bourgeois n'a pas d'âme, et c'est précisément pour ça qu'il cherchera à s'emparer de celle des autres.

dimanche 20 septembre 2009

Hors-d'oeuvre revendique l'attentat contre Martineau.

Ça s'était passé près d'un Ikéa. Apparemment, un bum pro-Villanueva l'aurait menacé devant sa blonde et ses enfants. C'est ce qu'il disait sur son blogue. Il paraît que ce serait un gars de Hors-d'oeuvre qui serait l'auteur des menaces. Le groupe de marxistes défend l'acte en affirmant que l'individu en question souhaitait surtout discuter. Je sais que je suis en retard dans les nouvelles, mais je ne peux m'empêcher de trouver ça amusant.

Je connais Hors-d'oeuvre presque seulement au travers d'anecdotes racontées par mon entourage (et des membres de Hors-d'Oeuvre) et encore plus superficiellement par le site qu'ils entretiennent somme toute assez rarement. Les activistes de ce groupe plus ou moins structuré semblent spécialisés dans les menaces ("Des représailles seront envisagées envers les dissident-e-s"), la diffamation et les actes de sabotage. Leurs ennemis préférés sont entre autres les primitivistes, les postmodernistes, les gens ayant une certaine renommée et la police, mais ça arrive aussi qu'ils s'attaquent à du monde au hasard.

Dans le cas des menaces proférées contre Martineau, eh bien j'avoue que je ne sais pas qui croire. Martineau est un menteur et les gens de Hors-d'Oeuvre sont des ivrognes frustrés fanfarons et pas fiables. Le premier aurait pu exagérer une menace, les seconds auraient pu imaginer en être les auteurs.

L'ASSÉ s'est-elle stalinisée?

Ça a commencé il y a quelques années quand on a demandé aux associations étudiantes intéressées par la formation d'une nouvelle coalition (semblable à la CASSÉE de 2005) de payer des cotisations de la même manière que si elles avaient été membres à part entière de l'ASSÉ... sans pour autant pouvoir voter en tant qu'association membre. Ça a commencé quand on a menacé les petites associations étudiantes de réduire leur pouvoir en imposant un droit de vote proportionnel à la population des assos (un projet qui est heureusement tombé à l'eau - cela va sans dire, après qu'un "commissaire", par ailleurs membre de la plus grosse asso de l'ASSÉ, ait été nommé pour étudier la situation). Ça s'est poursuivi quand l'ASSÉ a demandé aux membres de sa liste d'envoi par courriel de s'identifier... Maintenant, pour s'inscrire sur leur forum, il faut même téléphoner et se justifier.

Il y a quelques années, j'ai écrit un article pour le journal de l'ASSÉ, l'Ultimatum. La réaction approximative, quand j'ai offert mes services à la rédaction: "On te connaît même pas, mais c'est pas grave, shoote ton article." J'ai ainsi écrit un article, paru non pas sur du papier journal banal, mais dans une revue au papier glacé. Personne ne m'a contrôlé. On m'a simplement renvoyé l'article pour que je corrige quelques fautes (il en reste). Ça, c'était en 2006. Est-ce que la même chose serait possible maintenant? Si oui, que l'ASSÉ suive donc l'exemple de son propre journal de propagande.

Même les manifs de l'ASSÉ sont maintenant parfois contrôlées comme le seraient un cortège de fanatiques de la scientologie: au cours de la dernière manif-action à laquelle j'ai participé, il nous était impossible de savoir vers où on se dirigeait: allions-nous bloquer le pont Jacques-Cartier? Occuper la chambre de commerce de Montréal? Seuls les organisateurs, muets comme des carpes, le savaient, se parlant à distance avec dans leurs walkie-talkie. "On a peur des fuites", m'expliquèrent-ils. Plus précisément, ils craignaient que les flics soient mis au courant. "Vous n'avez qu'à me chuchoter dans l'oreille, alors. Personne entendra." Mais apparemment, j'avais trop l'air d'un flic. Les flics de l'ASSÉ, que je connaissais pourtant personnellement, refusaient même de me donner un indice. Pourtant, ils entraînaient à leur suite, sans les avoir consulté-e-s ni informé-e-s, presque 300 manifestant-e-s. Ça ressemblait à une initiation de club de cégep.

De la même manière, pendant certains moments chauds des dernières années, on a exclu des journalistes des congrès de l'ASSÉ à plusieurs reprises, pour discuter de ce que je considère comme étant des conneries sans importance. Où sont donc les belles valeurs de démocratie et de transparence de l'ASSÉ? Il me semble que c'étaient ces mêmes valeurs qui distinguaient ce groupe de l'autre grabataire conglomérat d'associations étudiantes (la très péquiste FEUQ, qui a récemment décidé de noyauter la TéluQ).