Affichage des articles dont le libellé est santé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est santé. Afficher tous les articles

vendredi 16 décembre 2011

détail manquant - nombre de médecins au Québec

Bel article tronqué dans Le Devoir:

"Le Québec n’a jamais compté autant de médecins"

L'article ne nie pas que la pénurie existe toujours mais se contente de comparer la situation du Québec avec le reste du Canada, devant lequel il ne fait pas trop mauvaise figure. Cependant, si on compare le nombre de médecins par 1 000 hab. au Québec, soit 2,24, avec d'autres pays, eh bien on arrive à ceci:

Pays-Bas: 3,8 / 1 000 hab.
Italie: 3,7 / 1 000 hab.
Allemagne: 3,5 / 1000 hab.
USA: 2,4 / 1000 hab.
Pologne: 2,2 / 1000 hab.

La source date de 2009.

Pour une comparaison plus large, il est possible d'analyser ce tableau sur statistiques-mondiales.com. Mais rien ne vaut, bien entendu, un bon Atlas encyclopédique récent.

Maintenant, on peut ajouter Amélie Daoust-Boisvert sur la (longue) liste des journalistes qui rédigent leurs articles en 15 minutes et sans faire de recherches. Espérons qu'elle soit payée de l'heure.

Je vous donne un lien direct vers l'étude citée par la journaliste. Les données analysées sont majoritairement en p. 90. Un autre tableau utile (p. 147) nous apprend que le Québec compte glorieusement 2 chirurgiens plastiques pour 1 radio-oncologue (une proportion malheureusement approximative).

mardi 13 septembre 2011

Le centre communautaire Adrianna

Il a brûlé...

Si vous avez des solutions au problème de la relocalisation du centre, gênez-vous pas pour proposer...

dimanche 6 février 2011

clinique de l'intolérance.

Bon, je m'excuse de ne pas avoir publié d'articles dignes de ce nom depuis si longtemps. J'étais très occupé et préoccupé (d'ailleurs, je le suis toujours). Je n'ai pas envie de donner dans les détails: disons simplement que je suis un peu malade depuis le 15 décembre, que j'avale des pilules comme d'autres avalent des sushis et que je sais toujours pas ce que j'ai. Mon faible taux de Vitamine B12 (juste un peu sous la normale) suggère que c'est soit dû à mon alimentation trop faible en produits d'origine animale, soit dû à un problème de mal absorption, soit dû à une intolérance/allergie au gluten, etc. En fait, je me suis rendu compte depuis le début du mois que des dizaines de maladies présentent les mêmes symptômes et que la médecine n'est pas aussi avancée qu'on pourrait le croire, puisque ces problèmes sont à peu près impossibles à diagnostiquer sans possibilité d'erreur après deux ou trois tests.

Un des meilleurs exemples, c'est le syndrome du côlon irritable.
1. On sait pas par quoi c'est causé.
2. On ne peut pas le diagnostiquer rapidement.
3. On attribue souvent ce problème à des gens qui ont autre chose.
4. On ne peut pas le soigner par voie médicale.

J'en parle surtout parce que ça touche 10% à 20% de la population et que dans certains cas, ça peut vraiment polluer la vie, parce que ça peut provoquer jusqu'à un dérèglement du taux de sérotonine. Or, un mauvais taux de sérotonine conduit directement à la dépression.

Je ne crois pas être atteint d'un tel problème, mais le fait d'avoir été convaincu d'en être victime pendant une semaine m'a fait comprendre plein de choses sur les difficultés de vivre quotidiennement avec des problèmes de santé en apparence mineurs et dans l'indifférence totale du système.

Il se trouve que comme plusieurs autres, je n'ai pas de médecin de famille. Je n'ai pas jugé bon d'en chercher un parce que ma mère est omnipraticienne (maintenant, elle travaille dans son verger) mais la distance complique souvent les choses, alors je consulte généralement par les voies ordinaires, comme tout le monde. Je suis allé quelques fois à l'hôpital et tout s'est à peu près toujours bien passé, malgré le fait que ces édifices soient des monstres inhumains, obscurs et que la publicité soit omniprésente. Notons aussi qu'il est devenu très facile d'avoir des passe-droits en payant un supplément, ce qui ne devrait d'ailleurs étonner personne.

Mais cette fois-ci, j'ai visité une clinique sans rendez-vous de deuxième étage de pharmacie (suggérée par la réceptionniste d'une autre clinique). Grosse erreur.

Suite à un temps d'attente normal en période d'épidémie de rhume/grippe/gastro, la médecin, une jeune, m'a examiné le ventre avant de remplir une feuille avec des examens sanguins à passer[1]. Tout y était: ma mère devait plus tard s'esclaffer après avoir vu le nombre de trucs inutiles qu'il faudrait vérifier. Tout ça après avoir simplement posé deux questions (je me serais attendu au minimum à ce qu'elle me demande si je fumais et buvais, étant donné que ce sont deux facteurs augmentant les risques d'ulcères).

La moitié de la consultation consista en fait à m'obstiner avec la médecin pour qu'elle me foute la paix avec ses offres de services payants. Elle voulait me vendre une séance avec une nutritionniste avant même de savoir ce que j'ai. Quand j'ai dit que je n'avais pas d'argent, elle a été plus émue que si elle avait appris que j'étais en phase terminale. Elle a répondu: "Il faut que tu comprennes que c'est un investissement que tu fais." Franchement, je suis fatigué de subir ce discours. C'est la même chose avec mon éducation. Pourquoi ne me dit-on plus jamais: fais ça, c'est pour ton bien?

Le pire, c'est que la médecin semblait plus intéressée par mon domaine d'études que par mon mode de vie. "Un historien, ça doit faire dans les 60 000$", a-t-elle probablement estimé mentalement, avant d'ajouter: "Puisque tu ne veux pas payer, je te conseille d'aller passer tes tests au Royal Victoria."

Le lendemain, j'appelle au Royal Victoria pour avoir des infos et/ou prendre un rendez-vous. Je tombe sur le répondeur.

_______

[1] En passant, ça vous dit quelque chose, Up to Date? C'est comme le Wikipédia des médecins. C'est encore plus facile à utiliser que Jstor, mais l'abonnement doit coûter plus cher.

vendredi 28 janvier 2011

chauffeur de taxi de Louxor

Mes études en histoire de l'Antiquité m'ont obligé à visiter l'Égypte en avril 2009. Entre le meilleur et le pire du pays, je pense que j'ai vu le pire et c'est surtout ça qui m'a marqué: conservatisme religieux malsain, surpopulation, problèmes endémiques de pollution, mauvaise alimentation, présence policière et militaire constante, et surtout grande misère. De plus, les sites touristiques sont tout sauf paisibles. Il faut pratiquement s'en enfuir pour rencontrer finalement du monde intéressant.

Mais malgré tout, ni les gens dans les cafés, ni dans les musées, ni même la fille d'un certain Institut français d'archéologie n'ont voulu aborder un sujet social et politique. C'est un chauffeur de taxi de Louxor (c'est con à dire, mais pour les touristes c'était moins cher de prendre un taxi que le bus) qui a fini par s'ouvrir, après que nous l'ayons provoqué plein de fois. Voilà ce qu'il a dit, à peu près[1], dans un anglais approximatif:

"La vie est très dure en Égypte, quand on a pas d'argent. Au gouvernement, ils disent qu'on peut se faire soigner pour pas grand-chose dans les hôpitaux publics, mais c'est faux. Si tu ne payes pas, le médecin ne voudra pas te soigner. Je me souviens qu'il y avait un vieux monsieur [le père de son beau-frère?] qui avait un violent mal de dents. Il est allé chez le docteur et celui-ci lui a demandé de payer un montant impossible. Le vieux a dit qu'il ne pouvait pas payer, et le médecin a voulu le chasser. Mais comme la douleur était trop grande, il s'en est finalement sorti en mentant et en disant qu'il avait l'argent. Une fois le traitement terminé, le docteur a dit que c'était le temps de payer. L'autre a dû avouer qu'il n'avait pas un sou.

L'Égypte est si peuplée qu'on doit bientôt songer à bâtir des villes dans le désert. C'est devenu invivable ici. Il faut sans cesse se battre pour respirer et les hommes doivent avoir deux ou trois emplois pour faire vivre leur famille."

Le chauffeur était un homme bourru et amer. Sa conduite était extrêmement dangereuse et même qu'il égrainait une sorte de chapelet pendant le voyage. Ce genre d'état d'esprit m'a semblé très courant dans ce pays. Partout, la tension sociale était palpable, et c'était pas agréable du tout. Les gens ne plaisantaient pas beaucoup...
______

[1] J'aurais voulu rapporter ses propos plus exactement, mais mon journal de voyage est encore à Toronto, "held as evidence".

samedi 4 décembre 2010

Mon conte de Noël - Saint Frère André

Cette histoire de famille n'a à ma connaissance jamais été racontée en public. Je la tiens de ma mère qui la tient de sa mère.

***

Un cabinet de docteur, un jour à la fin des années vingt ou au début des années trente. Mon arrière-grand-mère se fait examiner. Le médecin, solennel, lui annonce qu'elle ne devrait plus avoir d'enfants. Le danger pour sa santé est beaucoup trop grand.

Mais mon arrière-grand-mère est une femme très pieuse. Elle a entendu de nombreuses fois le curé appeler au respect du devoir conjugal. Elle cherche donc un deuxième avis, car elle n'est pas confortable avec le fait de n'avoir donné deux enfants. Soit à cause de la pression sociale, soit à cause de son mari, soit parce qu'elle aime les enfants. Soit parce que la contraception, c'est péché.

Elle parvient à obtenir un entretien avec le Frère André, qui à l'époque est respecté de tous et de toutes. Il est d'un âge noble. On entend parler de dizaines de miracles. Le miracle lui-même semble graviter autour de sa personne, la sagesse émaner de sa bouche. Il connaît des milliers de gens; il en a conseillé cent mille. Il a une longue expérience de la vie.

Mon arrière-grand-mère le rencontre. Elle lui demande ce qu'elle devrait faire. La réponse exacte du Saint, je ne la connais pas. Tous les témoins directs sont morts depuis longtemps, sauf peut-être une vieille tante qui était alors toute jeune. Mais voilà la phrase rapportée qui s'est transmise de bouche à oreille sur trois générations: "Ce serait dommage qu'une femme aussi jeune s'arrête aussi vite."

Quelques mois plus tard, mon arrière-grand-mère est morte en donnant naissance à ma grand-mère. Aux funérailles, il y a quelques dizaines de personnes, et parmi elles deux enfants tristes et un bébé qui ne connaîtra jamais l'amour maternel.

Moins de dix ans plus tard, le Frère André meurt à son tour. Devant sa dépouille paradent presque un million de personnes.

En quelque sorte, ma grand-mère fut comme beaucoup d'autres un enfant de Saint André Bessette. Quasi-orpheline, elle a été élevée par les bonnes soeurs après que sa mère ait suivi le conseil foireux du vieux religieux. Sans lui, elle ne serait pas née, et moi non plus. Ne suis-je donc pas moi-même un véritable miracle?

Mais comme ma grand-mère, je n'ai aucune reconnaissance pour ce vieil escroc. Même que je lui chie dans la gueule, à ce saint de comédie plate du TNM. Je souille sa crisse de soutane à la mémoire des femmes qui sont mortes à cause de lui. Voilà quelque chose que ma grand-mère, trop bien élevée, n'aurait jamais osé vouloir faire. Quoique.

mercredi 1 septembre 2010

Liberté mon cul.

Les libertariens et minarchistes croient que si on se contente de couper dans les dépenses de l'État et de déréglementer, les gens vivront libres, car le gouvernement aura cessé de se mêler de nos affaires.

Or, c'est complètement absurde. Et ce serait tout à fait irresponsable que de l'espérer comme le font stupidement ces fous et folles qui sont séduit-e-s par ce mouvement de débiles mentaux irrationnels qui cachent souvent très mal leurs tendances ultraconservatrices et xénophobes à la Glenn Beck.

Quand l'État dérèglemente, l'environnement et la qualité de vie sont les premières victimes d'un long processus de dégradation sociale. Pensons à l'exemple albertain: le gouvernement a permis aux compagnies d'exploiter les sables bitumineux en leur ôtant presque toute restriction, content de bénéficier de cette nouvelle manne noire. Résultat: les rivières ont été contaminées par les métaux lourds. Dans un climat économique marqué par l'arrivée au Québec d'hommes à cravates intéressés par le schiste qui dort dans nos sous-sols, la règlementation est un enjeu immédiat et critique pour la sauvegarde de nos milieux de vie.

Pensons aussi à l'exemple du SPVM. Selon la logique libertarienne, une coupure de budget dans les forces répressives devrait réduire la répression et donc, le gouvernement devrait être moins porté à mettre le nez dans nos affaires, non? Or, il se trouve que la police s'en sort très bien en s'autoprivatisant: elle vend maintenant ses services à des propriétaires.

La notion de propriété s'applique mal à la réalité parce que les individus ne sont pas des planètes éloignées les unes des autres. Si vous chiez sur une pelouse, le fait qu'elle vous appartienne n'empêchera pas la pluie de la balayer chez le voisin. Voilà d'ailleurs pourquoi de plus en plus de collectivités gèrent la qualité de leur eau par bassin versant.

Se contenter de déréglementer l'économie et la société en général ne peut que conduire à l'empoisonnement de nos vies par l'irresponsabilité des grandes entreprises pour qui même la survie passe après le profit. Serons-nous plus libres une fois que boire un verre d'eau du robinet nous donnera le cancer?

Plusieurs disent que la nature a horreur du vide. C'est vrai dans certains cas: si la coercition de l'État tombe, dans les circonstances actuelles, elle ne sera remplacée que par la coercition corporatiste. Du moins, c'est ce en quoi les libertariens et autres crapules de Liberté Québec aspirent: ils dénoncent la dictature de l'État et vénèrent la dictature du capital. Je ne sais pas ce que ça évoque chez vous, mais moi ça me fait penser au discours stalinien. Le fait de promettre la liberté et profiter de la naïveté du commun pour installer une oligarchie assassine d'accaparateurs, c'est pas une nouveauté.

Il n'y a pas mille façons de devenir libres: il faut faire tomber l'État ET le capitalisme. Il faut faire tomber tous les pouvoirs et bien se garder d'en laisser un seul nous opprimer.

lundi 17 mai 2010

Quels modèles pour la santé anarchiste?

Il y a longtemps que ça me trotte dans la tête, cette question. Comment faire fonctionner un système de santé dans un monde (ou une région) libertaire? Il est temps d'analyser le problème de manière pragmatique[1]. Je n'aime pas faire des plans pour un avenir incertain, ni écrire une plateforme dont tout-e dissident-e serait un-e hérétique. Cependant, évaluer les possibilités m'apparaît essentiel. Selon moi, refuser d'y penser c'est refuser l'imagination. Par ailleurs, je commence à trouver un peu risible l'utilisation à mauvais escient de "on ne peut pas élaborer des structures désaliénées à partir d'une position d'aliéné-e" [2]. Mettons que le Grand Soir arrive et que pof, on arrête d'être aliéné-e-s vers une heure du matin, peut-être bien qu'on va finir par considérer que la révolution elle-même était une erreur. En bref, pourquoi risquer une révolution ou du moins une lutte politique coûteuse, si on ne prend même pas le risque d'imaginer (et non pas de planifier, c'est pas la même chose)?

De l'importance de ne pas jouer avec le feu et de tout faire foirer

En ce qui me concerne, je préfère à toute autre forme de système de santé celui qui sera universel, gratuit et égalitaire. Ces trois conditions m'apparaissent en tout lieu indispensables. Tout compromis à cet égard m'est impossible. Certain-e-s diront que je suis un gaugauche qui tient à ses vaches sacrées, mais je suis pas mal convaincu que les gens qui me diraient une pareille chose sont bourrés de fric ou ne souffrent pas de maladies chroniques. Je pense d'ailleurs que je serais un imbécile profond et un mégalomane impudent si je me préparais à mettre en péril la santé des autres au profit de la promotion de mon idéologie personnelle, comme le font quotidiennement les sales capitalistes, ces irresponsables suicidaires qui pensent que la vie est un jeu.

Aussi, je me demande comment on pourrait se débarrasser de l'État tout en conservant un minimum de nos acquis sociaux en santé. Le fait est que nos hôpitaux, CLSC et CSHLD gobent beaucoup d'énergie en terme de production. Il faut des industries très spécialisées pour produire des équipements médicaux, et donc des réseaux de distribution bien rodés. Il faut des laboratoires de recherche, de production de médicaments, et surtout des spécialistes convenablement formé-e-s. Dans les circonstances actuelles, il faut surtout une concentration gigantesque de ressources, et donc leur mise en commun, voire leur gestion centralisée.

De la gestion

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à une assemblée hospitalière[3]. C'est pas beau. La direction n'a souvent pas la moindre transparence. Et comme elle n'a pas vraiment de comptes à rendre, elle chôme souvent, délégant ses tâches - notamment dans la gestion du personnel par le biais des agences d'infirmiers/ères - à des entreprises privées, ce qui multiplie le nombre d'échelons bureaucratiques sans rien améliorer.

Je pense donc que l'autogestion des centres de soin, quelque soit leur nature, serait bien entendu avantageuse en tout point. La "direction" serait directement dépendante des décisions de la population, des patient-e-s et du personnel. Un mode décisionnel basé sur des principes anarchistes ou de démocratie directe permettrait, en faisant s'effondrer une hiérarchie basée sur rien, de mettre "le patient à l'avant-plan" comme le dirait ma mère, plutôt que l'ambition de demeuré-e-s qui se flattent le ventre en voyant la bonne note accordée dans le classement de La Presse[4].

De la difficulté de réunir les ressources

La question de la direction est toutefois un problème mineur. La gestion médiocre des hôpitaux et autres institutions fait certainement des ravages, mais si c'est un désastre, ce n'est cependant pas encore un cataclysme. Toujours, c'est la question du financement qui inquiète. Sans État ni impôts, il faut trouver une autre manière de faire fonctionner les centres de soins hospitaliers. Ça va encore pour les CLSC; mais pour faire fonctionner des salles de chirurgie et d'examens avec toutes leurs machines, c'est une autre histoire.

Or, la multiplication des cabinet privés dans lesquels des salles de chirurgie bien équipées fonctionnent à plein régime suggère que l'investissement de départ ne doit pas être inaccessible à une petite collectivité, s'il est accessible à un individu ou à un groupe de deux ou trois médecins spécialistes. Maintenant, j'ignore de quelle manière peut être recueillie l'énergie disponible à la création et au maintien du service d'une salle de chirurgie. Cotisation volontaire? Corvées publiques? Changement d'orientation vers des soins moins coûteux? Piraterie côtière?

Il y a aussi la question des disparités régionales. Ces disparités ne sont pas nécessairement un problème grave dans toutes les circonstances. Par exemple, si les gens de la commune mutuelliste de Drummondville habitent dans des maisons unifamiliales et ceux de l'enclave queer de Notre-Dame-du-Bon-Conseil dans des 5 1/2, on s'en crisse un peu. En revanche, la pauvreté relative de la collectivité paysanne libre de Ham-Nord pourrait la priver de médecin; ce qui pourrait causer des difficultés immenses, voire la disparition de la collectivité et donc des délicieuses mais peu rentables patates bio-équitables-expérimentales qui y seraient cultivées.

À défaut de pouvoir centraliser l'attribution des ressources dans une institution semblable à l'État, que pourrions-nous faire? Je pense qu'il serait un peu hasardeux de penser que la loi de l'offre et de la demande suffirait à régler les problèmes de disparités dans la disponibilité des ressources. Proposerions-nous donc d'instaurer un système de péréquation-santé entre collectivités? Compterions-nous seulement sur la solidarité entre elles? Les patates expérimentales de Ham-Nord auraient-elles une valeur sentimentale assez élevée dans la région pour que la Commune Durable de Victoriaville consente à envoyer de la main-d'oeuvre en mission au village?

De la conclusion la plus brève possible

D'une manière plus globale, je crois que la meilleure médecine serait communautaire, personnalisée et décentralisée. Hélas, transformer nos hôpitaux en petites villes de malades isolé-e-s allant en jaquette, c'est j'ai l'impression l'intention de nos gouvernements. Mais ce n'est pas en construisant des hôpitaux géants dans lesquels s'entrelacent des couloirs sombres ponctués de cafés Van Houtte que nous allons rendre service à des êtres humains en difficulté.

______

[1] Kin Renart!
[2] Je pense qu'utiliser cette expression face aux marxistes libertaires et autres hurluberlus dogmatiques est cependant tout à fait justifiable.
[3] Eh oui, croyez-le ou non, cette instance existe. Le public s'y rend et a le droit de poser des questions au Conseil d'Administration. Nb: le Conseil d'Administration n'est pas tenu de répondre aux questions.
[4] Cette attaque est spécifiquement adressée à la direction de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.

mercredi 20 janvier 2010

Les paradigmes sexuels: l'asexualité existe aussi.

Suite à un débat sur le blogue de Noisette Sociale portant aussi sur la bisexualité, j'ai décidé d'écrire un billet sur ce sujet. Ce n'est pas facile du tout. Juste choisir une libellule est compliqué. Et pourtant, j'ai bien traité à plusieurs reprises de sexualité sur mon blogue. Et comme je me rends de plus en plus compte que les avis divergent immensément, j'ai décidé d'écrire ce petit billet en complément du débat initié par Noisette.

La science, qui est une des pierres angulaires de la sagesse contemporaine, a tenté à plusieurs reprises de prouver qu'il existait un gène de l'homosexualité. Les dernières conclusions allant dans ce sens ont été démenties par des recherches plus récentes.

Quel est au juste l'intérêt de découvrir des causes génétiques à l'homosexualité? Très simple. Une partie de la gaiegeoisie (à l'instar des queers nous appelons ainsi l'ensemble des groupes d'action homosexuels mainstream) souhaite que l'on prouve hors de tout doute que l'homosexualité est naturelle et prédéterminée à la naissance. C'est bref une manière de trouver une place au sein du grand schéma biologique organisé par nos scientifiques et ainsi de se justifier. Et pourtant, l'homosexualité ne se justifie pas: elle n'en a pas besoin. Le sexe entre deux personnes du même sexe, c'est tout simplement... bon et agréable.

Ce besoin que ressentent les homosexuel-le-s d'exister manque parfois de solidarité. Ainsi, il y a une croyance assez populaire chez les gays: celle que les bisexuel-le-s sont des homos refoulé-e-s. Pour plusieurs, la bisexualité n'existe tout simplement pas: c'est l'un ou c'est l'autre. Assez paradoxal pour des gens qu'on a accusé-e-s par le passé d'être "contre-nature", d'être un défi à leur propre biologie. Maintenant, on cherche désespérément à prouver que l'homosexualité est dans la nature, et simultanément on fait subir les mêmes vieux préjugés aux bisexuel-le-s, qui sont à leur tour qualifié-e-s d'être "contre-nature".

Mais même cela a tendance à changer. L'expérience transcende même la faible popularité des études scientifiques honnêtes. C'est maintenant presque quotidiennement que j'entends parler de l'échelle de Kinsey. Les bisexuel-le-s sont réellement en train d'entrer dans notre grand schéma des orientations[1]. Il y a maintenant sept compartiments dans lesquels ont peut se placer.

Reste encore qu'une dernière discrimination, basée sur le même paradigme, affecte les asexuel-le-s. On les accuse encore d'être un défi à la nature et de ne pas exister. Les arguments sont d'une simplicité extraordinaire: pour plusieurs, les asexuel-le-s n'ont tout simplement pas appris à aimer le sexe. Suivant cette logique, ne pourrait-on pas alors apprendre à aimer le sexe avec les deux genres? L'érotisme est-il une construction culturelle? Si c'est le cas, il ne faut pas faire deux poids deux mesures. Et accepter que des gens puissent préférer le rouge au bleu sans que se mette à l'oeuvre un inéluctable processus biologique.

Mais si c'est la biologie qui détermine notre orientation sexuelle, il faut pouvoir accepter que certain-e-s préfèrent les hommes, d'autres les femmes, d'autres tout le monde et d'autres personne[2]. Les gens qui n'ont pas de désir sexuel ne sont pas des détraqué-e-s.

Pour plus d'informations sur l'asexualité:
Le centre de documentation sur l'asexualité
Aven France

_______

[1] Vous aurez compris que je n'aime pas utiliser le terme d'"orientations". Comme je l'ai déjà dit ailleurs, une verge n'est pas une boussole. Je partage plus l'idée Paula Naurius: il peut y avoir plusieurs dimensions à notre désir. En gros, elle base ses conclusions selon deux droites. L'une décrit l'homo-érotisme et l'autre l'hétéro-érotisme. Si suite à son questionnaire vous obtenez 100% dans les deux, vous êtes bi et fucking libidineux/euse. Si vous obtenez 0% dans la dimension hétéro-érotique et 100% dans l'autre, vous êtes a-hétérosexuel-le et homosexuel-le. Si enfin vous obtenez un score très bas dans les deux dimensions, vous êtes asexuel-le ou hyposexuel-le.
[2] C'est volontairement que j'évite de faire mention des autres orientations, dont on ne discutera pas ici afin d'éviter toute déformation démagogique.

lundi 7 décembre 2009

Cinq minutes hier.

Plus quinze à attendre dans la salle pour être bien certain que je ne me transformerais pas en quelque chose de dangereux après l'injection.

L'autre jour, à la polyclinique (sans rendez-vous), ma blonde et moi avons attendu moins d'une heure pour une chirurgie pas du tout urgente et tout à fait mineure.

Je dois avoir un bon karma.

mercredi 28 octobre 2009

A.

Ça commence et c'est mal parti. J'ai changé d'idée, et j'ai décidé de me faire vacciner le plus tôt possible (en décembre...) parce que l'anticipation des prophètes de malheur semblent se vérifier, pour une fois. Même si je ne suis pas à risque personnellement (je suis en rédaction à la maîtrise, si c'est le bordel j'emprunte quelques livres et je m'enterre dans ma chambre jusqu'à temps que ça passe), je suis du genre à attrapper tous les virus qui passent et comme mes colocs (des fumeurs qui boivent beaucoup d'alcool) sont très à risque et m'ont traité de maniaque parce que j'avais acheté du softsoap antibactérien - même pas du gel antiseptique! - je ne veux pas être exposé aux cochonneries que leur insouciance ramènera dans notre appartement (qui accessoirement est de la taille d'un module de station spatiale, sans être plus aéré).

Ma première idée était de compter sur la psychose pour m'en sortir. C'était bien parti, les médias ont tellement fait un cas avec le AH1N1 que je me suis dit que me faire vacciner était une précaution inutile, alors que 99% de la très anxieuse et docile population serait de toute façon protégée.

J'ai changé d'idée quand l'autre jour, dans un wagon bondé du métro, j'ai vu un CRÉTIN tousser à pleins poumons sans protéger ses voisin-e-s à l'aide du creux de son coude, étendant des bactéries quinze kilomètres à la ronde. J'ai changé d'idée quand j'ai vu quelqu'un qui venait de se moucher s'essuyer la main contre un poteau sur la ligne orange.

Je ne crois pas que le vaccin soit la meilleure manière de combattre une pandémie. Mais un conspirationnisme dénué d'instinct de survie non plus. Selon moi, l'hygiène et le civisme sont les deux meilleures manières de combattre une telle maladie. Et justement, c'est l'incapacité de la collectivité à faire preuve d'intelligence devant ce phénomène mondial qui m'a convaincu de me faire vacciner au plus maudit. Bref, ce n'est pas contre le virus que je veux être protégé en me faisant vacciner, c'est contre VOUS!

LA VENGEANCE DES PORCS

Vous cherchez un responsable à la pandémie et au décès des écoliers? Vous avez envie de vous laisser séduire par les théories qui rendent responsables des laboratoires d'entreprises pharmaceutiques? Regardez plutôt dans votre maudite assiette. Plusieurs grippes dangereuses ont une origine animale et se déclarent dans les zones d'élevage industriel.

mercredi 11 mars 2009

Réponse aux Chrétiens.

Apprenez aux gens à fourrer librement et il n'y aura plus de guerre, ni d'excès de vitesse, et peut-être même moins d'ivresse. Changez les scènes sanglantes dans les films pour des scènes érotiques (pas pornographiques), et troquez les J.I. Joe pour des dildos. Que les condoms tombent du ciel comme des confettis! L'abstinence, c'est la violence.

Texte datant du 21 janvier 2009 (la ressemblance entre ce paragraphe et un slogan présent dans d'autres textes est une pure coïncidence).

samedi 6 septembre 2008

Les hommes riches du Canada sont plus gros.

On nous colporte, dans la culture populaire, une certaine idée du pauvre: c'est un gros tas qui ne fait rien de sa journée. Or, Statistiques Canada, dans une étude sur l'obésité, affirme que les gros tas sont plus nombreux parmi les riches que parmi les gens des classes inférieures, surtout chez les hommes. Chez les femmes, c'est parmi la classe moyenne qu'on trouve le plus d'obèses. Nous vivons dans une société patriarcale qui en demande beaucoup aux femmes de l'élite, sur le plan de l'apparence.

Le mythe de l'assisté social obèse et grabataire tient moins bien dans mon esprit que celui de l'homme d'affaires, fumeur de cigare, chauffeur de voitures de golf, amorphe et mou.

(Maudit que je suis de mauvaise foi, quand même. Mais c'est tellement délicieux. Ha ha ha ha!)

lundi 18 août 2008

Des médecins sont contre la privatisation

Ils et elles ne sont pas tous de cet avis, car beaucoup profitent de la commercialisation de la santé et de leur nouveau statut de femmes et hommes d'affaires. Mais certains placent l'intérêt de leurs patient-e-s avant leurs intérêts matériels.

On sait qu'il y a grossièrement deux manières d'agir au cours d'une pénurie: soit on rationne le bien devenu trop rare et qu'on le distribue équitablement entre membres d'une communauté, soit on laisse la spéculation agir jusqu'à ce que la crise passe. Conserver un système public seulement, comme le veulent les médecins de Médecins québécois pour le régime public, entre dans une logique de rationnement. On sait que les médecins sont trop rares pour faire face à la demande, alors on choisit les patient-e-s de manière pragmatique afin de pouvoir maximiser le service; c'est le même principe qu'une économie de guerre. Les médecins et banquiers en faveur de la privatisation de la santé (ici, il s'agit véritablement de capitalisation de la santé, et non seulement de privatisation) comptent au contraire sur la spéculation qu'entraîne la rareté pour maximiser leurs revenus. (Mais ça, tout le monde le sait, bien que certains droitistes parviennent à prétendre que c'est pour le bien du peuple qu'on privatise les hôpitaux.) Dans une telle situation de vente aux enchères des soins de santé, (il y en aura pas pour tout le monde) des chirurgies esthétiques à la glotte peuvent passer avant le traitement du cancer.

Il y a un second problème à cette pénurie: c'est qu'elle dure. Les corporations de médecins ont bien accepté d'ouvrir un peu les veines et d'augmenter les admissions dans les universités, mais c'est loin d'être suffisant. La solution se trouve, d'après moi, dans la destruction du statut social des médecins et dans l'anéantissement de leur caractère névralgique. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article. En attendant, ne croyez pas que je veuille retirer aux médecins leur mérite.

La FTQ, d'autres syndicats et quelques organismes communautaires mènent actuellement une campagne très tiède pour la conservation du système de santé public. Vous pouvez signer une pétition ici, et une autre . Le Mouton Marron préfère encore suivre de loin les brutes syndicales que les chèvres à cravates, car si leur coeur parle rude et étatiquement, au moins c'est leur coeur qui parle.

Cependant, je crois que les hôpitaux devraient être gérés par les citoyen-ne-s des communautés réuni-e-s en assemblées, et non pas par des patron-ne-s actionnaires, ni par des bureaucrates. L'hôpital doit être un lieu humain, ouvert et polyvalent, et non pas un bureau de relations publiques ou une usine. Il ne doit jamais s'y faire de transaction bancaire, car l'argent lui-même est une plaie.

samedi 28 juin 2008

Suicidez-vous ailleurs!

La STM reste silencieuse quant au phénomène du suicide dans les rampes de métro à Montréal, afin d'éviter de faire de la publicité. Deux tentatives ont lieu par mois en moyenne, environ; 129 ont été couronnées de succès entre 1986 et 1996.

Ces suicides sont de véritables nuisances pour l'humanité. Si la STM n'est pas en mesure de les empêcher physiquement, et que les psychologues en sont incapables thérapeutiquement, qu'on enlève donc les clôtures à suicide sur le pont Jacques-Cartier et qu'on y installe un tremplin.

La société doit cesser d'être hypocrite. C'est elle qui cause ces suicides à répétition qui font chier tout le monde pendant des heures. Le suicide, conséquence ultime d'une maladie mentale souvent causée par une culture consumériste pourrie et des pressions sociales impossibles à assumer, est aussi une manière pour la société de se débarrasser de ses parasites.

Que les autorités cessent donc de promouvoir leur simulâcre de vertu, et qu'elles cessent de prétendre vouloir aider les gens dépressifs, sans jamais s'attaquer à la racine du problème! Qu'elles poussent donc les ostracisé-e-s à se tuer, et surtout se tuer ailleurs qu'à la station Berri-UQÀM. Des travailleurs en maudit d'arriver chez eux après deux heures d'attente, et qui restent en maudit jusqu'au lendemain, ça réduit la productivité...

vendredi 6 juin 2008

Les itinérant-e-s privé-e-s de leurs compagnons

Après-demain, dimanche, aura lieu une manifestation opposée à l'interdiction des chiens dans de plus en plus d'endroits de la ville de Montréal. Le règlement, imposé à la population depuis presque un an, vise surtout les sans-abris qui dorment ou errent au Carré Viger, près de la station Champs-de-Mars.

Les chiens sont les meilleurs amis des itinérant-e-s, et souvent les seuls. Ils leur fournissent chaleur, affection et protection. Proies faciles, les plus démunis des démunis se font souvent molester, agresser plus ou moins gratuitement. Ils ne dorment pas derrière une jolie porte verrouillée et sécurisée; la rue, qui est un milieu déjà très dangereux, ne leur offre pas un tel luxe. Avoir un ou plusieurs chiens avec soi est une garantie de sommeil moins infernal et moins trouble au milieu de la grisaille quotidienne et des matelas de béton. Le chien se réveille au moindre bruit suspect; il alerte son camarade en cas de danger; il décourage les agresseurs potentiels; bref il empêche l'humain qu'il accompagne de ne pas se réveiller le lendemain matin. Enlever aux sans-abris leurs chiens, c'est les exposer aux crimes les plus bas et les plus sournois.

Le huit juin, à 14h au Carré Berri, montrons que nous sommes solidaires des gens qui n'ont pas de domicile autre que la fourrure d'un canidé.