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samedi 19 octobre 2013

Quelques trucs - toujours la prison - les élections à Mtl.

Le Cabaret

Tout d'abord, bravo aux participant-e-s du dernier Cabaret Anarchiste. Une quarantaine de personnes se sont réunies dans le petit local du DIRA, ont mangé des tartes aux pommes et/ou ont librement lu des poèmes et des textes contestataires. Après trois années, la formule ne s'épuise toujours pas!

L'anthologie du Bloc des Auteur.e.s anarchistes

Si vous voulez participer au nouveau recueil de nouvelles anarchistes Subversions III, publié par le Bloc des Auteur.e.s anarchistes, il vous reste encore jusqu'à la fin du mois pour nous soumettre un texte de fiction. Toutes les informations sont ici!

Des potes, toujours en prison

Un groupe Facebook a été créé pour venir en aide à deux accusés du G20 qui sont actuellement enfermés à la prison de Bordeaux. Dans mon esprit à moi, les crimes dont ils ont été accusés ne mériteraient en rétribution qu'une bonne tape sur l'épaule, en admettant qu'ils les aient réellement commis. Mais même dans la logique interne de notre société néolibérale, la peine qui leur est infligée est disproportionnée. Vous pouvez leur écrire en suivant les indications laissées sur la page.

Vous habitez hors de Montréal et vous avez la flemme de poster une lettre d'encouragement à cause des timbres? Vous pouvez m'envoyer un courriel (mon adresse de compte, c'est "inactifs", sur hotmail.com). Si vous êtes convaincant-e, je peux faire quelques impressions et les envoyer moi-même de temps à autres.

Ça y est, je ne veux plus parler de la Charte.

Je suis toujours contre, mais je trouve que le débat est plombé. Jamais je n'ai assisté à un dialogue aussi con de toute ma vie. Assez peu de personnes me semblent avoir un avis éclairé sur la question, et beaucoup pensent que ce projet ridicule est en fait une licence pour tenir des propos xénophobes, tout en se défendant de l'être. Même Normand Baillargeon entre dans le jeu de bon coeur avec des crétineries rocambolesques. Foglia aussi: mais ça c'est à vrai dire pas vraiment étonnant. Et que dire de l'avis du sociologue Guy Rocher? Je me sens presque trahi par son autoritarisme vulgaire. Tu quoque, mon espèce d'épais?

À ce titre, les Janettes ne font qu'ajouter des clowneries supplémentaires au moisi collectif.

De l'autre côté, il y a Pratte, avec qui plusieurs gauchistes (mais pas tous/toutes, parce que plusieurs croient aux « libertés collectives », terme vide s'il en est) s'étonnent aujourd'hui d'être d'accord. Celui-ci fait appel à l'avis de la Commission des droits de la personne. Pour un éditorialiste qui s'est toujours crissé de nos droits - et surtout en 2012 - je trouve que c'est ironique[1]. Dans cette situation, on peut réellement parler d'argument d'autorité. Et il y a certaines femmes musulmanes qui au lieu de défendre leurs libertés individuelles avant tout, nous parlent de la nécessité de non pas être soumises à l'homme, mais d'être soumises à Dieu, ce qui n'est pas, nônon, la même chose. Je peux pas dire que je suis d'accord. Et surtout ces hommes religieux qui pilotent certaines contestations de la Charte[2], contre ces hommes chrétiens ou laïcs qui pilotent certaines actions d'appui.

Je ne veux plus me prononcer sur la Charte parce que je trouve actuellement que tout le monde est con. De la connerie, de la connerie partout, et elle est hargneuse en plus. Et j'ai peur d'être con moi aussi. Juste écrire ces trois paragraphes me semble un risque non-calculé de tomber dans les mêmes schémas imbéciles.

Alors fuck that shit.

Projet Montréal et les élections

J'ai rarement autant détesté un parti politique municipal que Projet Montréal. Même les corrompus m'énervent moins que ces social-traîtres carriéristes. Qu'illes aillent chier, je voterai pas pour eux, même s'illes leur viennent à l'idée de me payer pour. Il a fallu leur tordre un bras pour qu'illes votent contre P-6, et maintenant beaucoup d'entre eux prétendent que tout le monde, au parti, a toujours été contre. Leurs déclarations sur les itinérant-e-s et les logements sociaux sont confuses et Richard Bergeron adapte son discours selon son auditoire, avec de grands sparages. Et ses projets pharaoniques qui sont censés se réaliser en quelques années seulement (sans expulsion? sans consensus? en tout cas sans manif j'imagine, parce que ce sera toujours interdit), je vais me battre contre. J'aimerais bien en discuter avec eux, mais à chaque fois que j'en pogne une gang de cette engeance-là, c'est le festival du sophisme et de l'enfirouapage.

La solution au marasme politique à Montréal, à la corruption, la crosse, la répression et le mensonge, c'est pas un parti politique moins à droite que les autres. C'est le chavirement de ces institutions-là.

______________________

[1] Un peu comme si un-e anar défendait l'État comme moyen de lutter contre les excès du capitalisme.  
[2] Notez qu'il y a de notables exceptions. No one is illegal n'est pas exactement un groupe pro-religion.

mardi 1 octobre 2013

Mort aux prisons et à toute forme d'autorité - G20

Il y a déjà trois étés, une des plus importantes répressions politiques de l'histoire récente du Canada s'est déroulée à Toronto, pendant que des leaders et « créateurs de richesse » criminels et assassins prenaient des décisions en huis clos. Les sociopathes qui se disent nos représentant-e-s élu-e-s avaient patiemment dressé un puissant piège contre les contestataires: un dispositif impressionnant comprenant des essaims de milliers de flics, des clôtures, des contrôles, des caméras. Et par milliers, des flics incontrôlables ont harcelé, humilié, frappé, torturé, agressé sexuellement la population et les manifestant-e-s. Fouilles à nu systématiques, arrestations arbitraires, détentions dans des conditions insalubres: l'Ordre n'a reculé devant rien pour écraser tout ce qui ressemblait à de la dissidence.

La plupart d'entre nous en sommes ressorti-e-s avec seulement un très mauvais souvenir. Nous nous rappelons que pendant que la police menait une chasse brutale contre nous dans le cadre de l'opération « fox trap », des médias complices et des politicien-ne-s enragé-e-s, au lieu de nous venir en aide, nous ont stigmatisé-e-s. La responsabilité de toute violence incombe autant à ceux qui l'exercent directement qu'à ces provocateurs/trices haineux/ses qui justifient la répression ou qui la nient, défendant à corps perdu les forces de l'ordre. Ces gens-là protégeraient des génocidaires plutôt que de critiquer les fondements de l'autorité qui perpétue ces crimes.

Plusieurs ont néanmoins connu pire que les quelques jours passés dans une taule dégueulasse, froide et surpeuplée. Nous avons à peu près tous et toutes entendu parler du sort vraiment épouvantable réservé à des gens comme Leah Henderson, Jaggi Singh et Alex Hundert, et autres « ringleaders », qui ont assez rapidement subi les foudres de ce que l'ironie inhérente à notre société appelle la justice. Plusieurs des accusé-e-s du G20 ont dû passer plus d'un an en prison, certain-e-s documentant d'ailleurs leur expérience et l'épreuve nouvelle qu'a constitué une incarcération dans des conditions qui feraient l'admiration des architectes des camps de concentration.

Youri et Guillaume, six mois en-dedans

Et ça se poursuit. Après trois ans, la guillotine aveugle du juge continue de trancher des vies, en l'occurrence celles de Youri et de Guillaume. Après ces années de multiples arrestations, de harcèlement politique et de procès kafkaïens, pendant lesquels des raclures de fachos ont soumis une argumentation truffée de trous, de raccourcis et de mensonges, après des délais ridicules, le juge rend finalement une décision clairement politique. L'establishment montre par le fait même qu'il n'a pas changé ses méthodes depuis le procès des cinq et la Loi sur les mesures de guerre. Il frappe quand et où ça lui tente.

Il ne cherche pas à « rendre justice » mais à protéger l'ordre en nous terrorisant, distribuant cà et là les coups de matraque, mais surtout en s'acharnant sur les individus qu'il parvient à identifier clairement comme de vrai-e-s dissident-e-s, leur accordant des peines exemplaires pour des méfaits flous, incertains, souvent fantasmés et la plupart du temps absolument mineurs et/ou sans victime.

C'est une évidence: ces deux gars-là n'ont pas leur place en-dedans, pas plus que tous les autres qui y sont passé-e-s dans les suites du G20 et de la grève étudiante. Cette prison qu'on impose en majorité à des gens qui ne sont un danger pour personne n'est qu'un lieu de destruction de l'individu et dépasse de loin son objectif punitif.

Et toutes ces sous-merdes qui soutiennent par leur travail cette machine participent au sabotage des vies de tous et toutes. Du fonctionnaire le plus insignifiant au screw le plus brutalement zélé, ces cadavres animés sont tous et toutes des Eichmann en puissance, pour qui le mal radical est une oeuvre quotidienne; un assassinat par le papier. Ce n'est pas qu'un juge et une procureure qui mettent Youri et Guillaume en prison. C'est toute une galaxie de petit-e-s flics, sous-flics et sous-sous-flics-adjoint-e-s minables, paranos ou indifférent-e-s, pour qui l'impunité est une garantie aussi sûre que la retraite.

Pas de consolation, que de la colère.

Ces types qui font leur travail sans apparent examen de conscience, la main sur une loi idiote et conçue pour du bétail, la phrase moraliste sur le bout des lèvres en plus, je les hais de tout mon coeur. Que n'existe-t-il un enfer spécifiquement creusé au fond d'un puits sans lumière pour ces ordures! Je suis prêt à entrer dans toute religion qui leur en inventera un.

Penser à l'état dans lequel peut se trouver mon ami m'est insupportable. Et savoir qu'il n'y aura sans doute jamais de réparation pour toute cette souffrance déjà endurée et à venir l'est aussi.

Il n'y a d'espoir que dans la destruction méticuleuse de toutes les idoles de la Loi et de l'État. Un jour il faudra bien qu'elles éclatent, comme du cristal!

*****

À lire: un autre texte de solidarité envers Guillaume et Youri. 

Mise à jour: l'audience aura lieu demain, 9h00, au palais de justice de Montréal (1, Notre-Dame).

Remise à jour: Youri témoigne dans un article publié par Marc-André Cyr.

jeudi 17 janvier 2013

Informe.

“Therefore the consumation of forming an army
is to arrive at formlessness. When you have no
form, undercover esponiage cannot find out
anything, intelligence cannot form a strategy.”
(Sun Tzu, The Art of War)

Can't stop Kaos est une brochure sur le Black Bloc publiée en 2010. Ça m'avait échappé. C'est sur ses origines et son histoire. C'est un intéressant travail.

lundi 3 décembre 2012

Une libération.

Mandy Hiscocks, accusée dans les suites du G-20 de Toronto et emprisonnée pendant presque un an par des oppresseurs dans la prison pour femmes Vanier, a finalement été libérée. Vous pouvez lire de ses commentaires sur ce blog.

Notez que plusieurs accusé-e-s du G-20 n'ont pas encore reçu leur sentence et sont toujours en procès. Non, ce n'est pas terminé. Cette histoire ne sera terminée que quand nous aurons l'anarchie.

Fuck la prison, fuck l'État, fuck le capitalisme et toute forme d'autorité.

« So thanks to you, state, for giving me some of the information and tools i need to be more of a pain in your ass. »
- Mandy Hiscocks

lundi 23 avril 2012

Procès, prison et négos.

Il y a beaucoup de choses à dire aujourd'hui.  Navré d'enterrer ce blogue de textes.  Notez cependant que j'ai plus ou moins pris congé aujourd'hui, et que beaucoup de choses se passent. 

Une activiste qui paiera plus que 1625$ en cas de défaite.

Je souhaitais tout d'abord livrer un vibrant texte en soutien aux personnes arrêtées samedi dernier, tout particulièrement V... qui a payé plus que sa juste part dans ce conflit.  Tout d'abord arrêtée au cours de l'été 2011 par ce que plusieurs pensent être l'escouade GAMMA - je pense cependant que la police n'a pas besoin de cette section du SPVM pour opprimer le peuple - elle a ensuite été prise en souricière par les flics, avec 90 autres personnes, dans le cadre d'une manifestation pacifique.  Contrairement au reste de ses co-détenu-e-s, elle a été gardée deux jours en prison avant d'être accusée au criminel pour bris de condition.  Peu importe le verdict final, le harcèlement policier dont elle est victime est tout à fait inacceptable.

Marc-André Cyr, sur Voir.ca, parle de près de 700 arrestations depuis le début de la grève, sans compter les suspensions, blessures, conditions, injonctions et retenues qui privent aussi plusieurs citoyen-ne-s de leur liberté.

Toutes ces luttes contre l'autorité judiciaire ne doivent pas occulter, bien entendu, le fait que des procès en cours concernent toujours des accusé-e-s du G-20, de manifs antérieures à la grève ou d'actions directes.  Je vous épargne les noms, surtout un qui me vient en tête. 

Vaut mieux regarder la réalité en face quand on doit subir un procès au criminel: ça peut durer de longues années.  Des années pendant lesquelles, malgré la "présomption" d'innocence, on n'est jamais vraiment libre.  Ces procès sont une forme de "dette" de l'activiste, qui épuise ses énergies et le/la traîne dans la boue.  La colère que nous devons ressentir face à la répression ne doit pas se limiter à dénoncer les coups de matraque, ni même les arrestations, mais aussi les procès qui n'en finissent pas.

Mon soutien sincère à toutes les personnes qui doivent passer par ce genre d'épreuves.  L'histoire vous rendra un jour hommage.

Aux journalistes: Gab = pas notre chef.

À ceux et celles qui continuent de voir en Gabriel Nadeau-Dubois un grand leader étudiant, notez qu'il ne fait pas partie de l'équipe devant se rendre à la table de négociation, malgré ce que les médias ignorants laissent parfois entendre.  S'il n'a pas proposé sa candidature au comité de négociation, ce n'est même sans doute pas parce qu'il est surchargé de travail, mais parce qu'il existe déjà des négociateurs/trices qui sont doué-e-s à la CLASSE. Gabriel Nadeau-Dubois n'est pas le chef de la grève.  Il n'est pas le chef de l'ASSÉ.  La CLASSE est loin d'être parfaite sur le plan décisionnel (c'est pas l'anarchie), mais il y a bien ça de vrai : elle n'a pas de chef-fe, de président-e ou de P.D.G.  Le conseil exécutif n'est pas hiérarchisé à proprement dit.  Vous pensez que ça se peut pas?

Ben ça se peut.

mercredi 21 décembre 2011

Ils auront leur os, les chiens.

Henderson se prend 10 mois de prison dans la gueule, auxquels il faut ajouter le mois qu'elle a déjà passé en-dedans. Et elle n'est pas la seule. Ça continue. Je ne connais de mots en aucune langue pour exprimer mon mépris des hommes de loi.

Rappelons que la répression n'a jamais jusqu'à présent connu de fin. Les conditions sévères de remise en liberté et les procès de comédie se poursuivent.

Peu importe l'enfer que vivent et vivront les résistant-e-s, je reste persuadé que l'histoire rendra justice à ceux et celles qui ont désobéi. Les puissants sont effrayants quand ils sont en vie, mais le visage des oppresseurs prend avec les siècles une apparence de plus en plus grotesque et pathétique.

mardi 28 juin 2011

G20, un an plus tard.

Bon, je m'excuse en partant si plusieurs trouvent mon analyse trop foucaldienne.

Mais au bout du compte, excluant de nombreuses bavures bien sûr, cette répression fut largement un jeu psychologique. Il fallait casser intérieurement les manifestant-e-s, d'où les menaces, d'où les petits coups de genoux, d'où les commentaires sexistes. Parce que l'incarcération en tant que telle n'est pas bien traumatisante. Il faisait froid, c'était humide, on avait pas d'eau propre, etc. C'était inconfortable mais en ce qui me concerne, je préfère ça à l'école primaire, dans laquelle comme tout le monde j'ai passé six ans à me faire écraser et discipliner. Et une salle d'attente de clinique ou d'hôpital, quand t'es malade et que tout le personnel semble s'en crisser, c'est pas non plus la joie.

Mais l'école primaire, c'est le lot de tout le monde. Quand on se lève le matin pour prendre l'autobus, on ne repasse pas les derniers jours dans notre tête pour essayer de trouver ce qu'on a fait de mal pour se retrouver là. Idem pour la salle d'attente. La prison, c'est autre chose et ça ne fait rire personne.

Nous sommes formaté-e-s pour avoir peur de la prison et pour ostraciser ceux et celles qui y font un passage. Quand par un hasard affreux on y est enfermé-e, et que par-dessus tout on est battu-e et menacé-e, c'est donc tout un système de valeurs et un système identitaire qui s'effondre. Ces systèmes sont basés sur le fait que lorsqu'on est un-e bon-ne citoyen-ne, il ne peut en théorie rien nous arriver.

Sans doute que la façon la plus facile de ne pas passer par cet effondrement violent, c'est de ne pas avoir ce système de valeurs. Est-ce que cela nous met à l'abri des dépressions et traumatismes potentiellement causés par une arrestation aussi brutale qu'injustifiée? Je ne sais pas.

***

Il y a ce gars qui faisait son jogging dans la cellule d'attente. Cette cage avait été montée devant la sortie. Les flics vous jetaient là en attendant de réunir vos affaires et de terminer la paperasse. Quand j'ai quitté mes amis - au départ, quand les chiens m'ont demandé de sortir, j'ai failli répondre "non", mais j'avais trop peur qu'ils m'écoutent - pour aller dans cette dernière cellule, je ne savais pas trop comment je me sentais. Une policière me tenait par le bras et fut aussi étonnée que moi de voir le jeune courir en cercle comme si de rien n'était. "Is this regular?" dit-elle en pointant John Doe du doigt. L'autre a arrêté de courir quand je suis arrivé. Il m'a dit qu'il avait jeté ses cartes dans une bouche d'égouts après qu'on eut encerclé son groupe. Sur lui, il n'avait donc plus que ses clefs et un peu d'argent. Il a refusé de s'identifier en prison. Les flics l'ont brassé un peu, l'ont menacé. Il n'a pas cédé. Dans la cellule, il m'a demandé mon opinion sur le BB. Je suis resté évasif, juste au cas où. Il est sorti en même temps que moi, après une dizaine d'heures d'incarcération.

Les flics n'ont sans doute toujours aucune idée de qui c'est. Moi non plus.

Et il y a ce gars rencontré dans un autre contexte. Un de ceux qui a fracassé une vitrine. Je lui ai demandé ce qu'il avait ressenti en faisant ça. "Je me suis senti vivre. T'as pas idée." Rien à voir avec les sensations fortes des montagnes russes ou de la course automobile. C'est une sensation de liberté totale, le sentiment que tu échappes au contrôle et à la peur. Le poing que tu serrais depuis longtemps pour retenir ta colère s'ouvre.

Le dernier, c'est un jeune adulte arrêté en même temps que moi. Sitôt enfermé, il s'agite, il arrache un pan de la toilette chimique. La police arrive avec un verre d'eau. Il le leur lance au visage. Idem pour le sandwich[1]. Les flics sont revenus avec un bâton. Ils lui ont dit qu'ils allaient le battre s'il ne se calmait pas. Il s'en foutait. Ils sont revenus avec du gros ruban à gommer. Ils lui ont dit qu'ils allaient l'attacher avec s'il continuait de faire du tapage. Il ne les croyait plus. Tout ce qu'il croyait, c'est qu'il n'avait plus rien à perdre. Finalement, il n'est resté que huit heures en prison, incontrôlable du début à la fin.

***

Depuis, les exemples de brutalité policière se sont multipliés à leur rythme habituel, à un tel point que l'on ne parle plus vraiment du G-20 que comme une des nombreuses fois où les autorités ont bafoué nos droits. C'est une perception que je partage absolument. Chaque nouvelle bavure m'apparaît pire que la précédente. Après la dernière marche du COBP, plusieurs de mes ami-e-s ont été détenu-e-s dans des conditions totalement insultantes. La marche du premier mai a également été l'occasion de plusieurs abus. Mais c'est peu en comparaison de la brutalité quotidienne des porcs et des autres représentant-e-s des autorités à l'égard de la population.

Et c'est presque obscène d'ériger la répression du G-20 en drame humain alors que des milliers de personnes sont assassinées par les dictatures des pays arabes.
_______

[1] Dire que je leur avais répondu merci, par réflexe. Après avoir appris son histoire j'ai instantanément eu honte.

dimanche 7 novembre 2010

Un article qui m'avait échappé.

Dans le journal de Québec, le 22 mai dernier.

"La police refuse de le confirmer, mais des experts en sécurité soupçonnent que les anarchistes sont sous haute surveillance au même titre qu'al-Qaïda à l'approche des sommets du G8 et du G20."

Un peu plus loin:

"Les experts s'entendent également sur le fait qu'ils [le FFFC] font probablement partie de cette minorité de trouble-fête qui se réclame de la mouvance anarchiste simplement dans le but d'infiltrer des manifestations pacifiques afin de provoquer les forces de l'ordre.

L'attaque à la bombe incendiaire d'Ottawa les a toutefois propulsés au rang des organisations anarchistes radicales et des organisations terroristes comme al-Qaïda, aux yeux du SCRS (Service canadien de renseignement de sécurité) et des corps policiers."

Quand je relis ce genre de niaiseries, la tête froide, je n'arrive plus à comprendre l'immense climat de terreur et de paranoïa qui peut régner lors d'une période donnée.

Source.

jeudi 14 octobre 2010

Le G-20 au gymnase.

Je suis très content pour tous les gens qui ont vu les charges ridicules et infâmes retenues contre eux abandonnées dans la panique par une police à cours d'arguments. J'avais plusieurs ami-e-s parmi eux et je suis soulagé de savoir qu'on leur a fiché la paix. Mais plusieurs personnes font toujours face à des accusations et les arrestations se poursuivent. Le RAGE nous a d'ailleurs informé qu'un Québécois (Y.C.) a dû se rendre à la police hier parce qu'on le soupçonne d'avoir crevé une vitre à 18 000$. Le communiqué diffusé par la CLAC[1] fait état de cinq personnes toujours en prison.

Plusieurs autres vivent aussi avec les conséquences des évènements: stress post-traumatique, annulation de départ à l'étranger et/ou annulation de stage, perte d'emploi, difficultés financières, etc. C'est aussi sans compter que les policiers/ères coupables de bavures sévères ne passeront visiblement jamais en déontologie (et pour ce que ça donnerait), parce qu'on ne croit pas les témoignages des victimes et/ou parce que ces porcs et truies se promenaient sans badge.

Ça bien entendu, les mass médias n'en parlent pas beaucoup, parce que ce sont des hosties de larves[2].

Alors fêtons raisonnablement. Nous ne venons pas de remporter une victoire: c'est seulement que les conditions de notre défaite ont été allégées.

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[1] Tiens, j'envoie un lien vers La Pointe Libertaire, ça leur fera un peu de pub.
[2] Mise à jour du 15 octobre: finalement, les médias ont daigné en parler aujourd'hui. Des articles de La Presse et du Star ont notamment adopté un point de vue moins étroit. N'empêche, je pense toujours que ce sont des larves.

mercredi 25 août 2010

La Presse et le G20

Les chroniqueurs/euses de la Presse lancent souvent des idées au hasard sans jamais chercher à vérifier. Je suis toujours étonné de lire des inepties déclarées de manière plus catégorique que dans les blogues (et tweets?) les plus amateurs. J'en comprends que les articles sont un simple prétexte à la pub qui remplit les pages des quotidiens. J'en comprends aussi que les éditorialistes ne font même pas l'effort de lire les autres articles du journal dans lequel ils écrivent leurs niaiseries.

Hier, Mario Roy donnait son étonnante opinion de la répression judiciaire de nos ami-e-s qui ont dû comparaître inutilement à Toronto le 23 août: il croit que malgré la culpabilité évidente des arrêté-e-s, les charges devraient être abandonnées. "Il y a des occasions où il faut savoir marcher sur ses principes, en effet, y compris celui de la justice." Ce serait donc justice de conserver les charges contre des gens innocents? Mario Roy ne le précise pas: il n'énonce pas l'idée pourtant évidente que sans doute 95% des accusé-e-s n'ont pas commis la moindre infraction pendant la fin de semaine du G20, et que la minorité de "coupables" qui se sont fait pogner ne méritent pas des accusations aussi graves de complot en vue de commettre un acte criminel. Mais s'illes ont été arrêté-e-s, c'est nécessairement parce qu'illes l'ont cherché, n'est-ce pas, M. Roy?

Le vieil éditorialiste sénile commente aussi un texte qui, à l'origine publié dans Le Devoir, a fait le tour du milieu anarchiste québécois (et même français dans une certaine mesure): "De fait, on trouvera dans Le Devoir de ce matin, sur une demi-page, un exemple de la prose extraordinairement convenue et banale à laquelle le courant anarchiste en est réduit." Or, on pourrait lui reprocher la même chose. "La police joue le jeu des anars"[1], "les gens masqués ont quelque chose à cacher", sont des idioties qui ont tellement été répétées qu'elles ont l'effet de simples jappements.

L'éditorialiste va au-delà du doute raisonnable: s'il pense que la police a eu tort de provoquer des gens belliqueux par des arrestations massives, il ajoute prudemment qu'ils ont aussi agi "peut-être même (mais comment peut-on vraiment connaître la vérité ?) par la brutalité et par l’abus de pouvoir." Sauf que la vérité est établie depuis longtemps là-dessus. Quelqu'un qui se fait piétiner par une charge de cavalerie n'est donc pas une preuve de brutalité? La détention illégale et les accusations farfelues ne sont pas des preuves d'abus de pouvoir? Dans une société de droit, voilà longtemps que toutes les accusations auraient été abandonnées, ne serait-ce qu'en raison de vices de procédure.

Mais Mario Roy est un éditorialiste formaté qui ne s'informe pas ailleurs qu'aux nouvelles de TVA, et visiblement seulement une fois par mois.

Marie-Claude Lortie n'est pas en reste dans le rayon des bêtises. Pas loin d'une pub de Rolex, elle échoue elle aussi lamentablement à prendre ses distances face aux évènements. Son texte, "Des deux côtés de la clôture", et aussi idiot que méprisant. Elle commence par un décidé "Depuis Seattle en 1999, on est habitués." Habitué-e-s à quoi? À regarder des images de manifestant-e-s écrapouti-e-s à partir de son salon? Visiblement, les contestataires (et flics, nuance-t-elle) sont coupables du crime le plus grave: ennuyer Sa Majesté Marie-Claude Lortie ainsi que sa cour de lobotomisé-e-s.

Paradoxalement avant de les défendre, elle y va de nombreuses pointes contre les activistes de gauche: entre autres, elle désigne Naomi Klein comme la "gourou de l'altermondialisme". Lortie n'a jamais pensé sortir de son monde autoritaire qui fonctionne avec une hiérarchie clairement définie: son cerveau fonctionne de même. Normal qu'elle décide de désigner une figure qui sort du rang (notamment en terme de ventes...) comme notre leader incontesté. Des punks de Montréal ont déjà répondu à ce genre de réactions stupides en collant une affiche sur leur chien qui disait "PDG des anarchistes". J'avais trouvé cette idée vraiment amusante et je pense qu'on n'a pas besoin d'en rajouter.

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[1] Comme si ça ne nous faisait pas chier d'aller en prison.

mercredi 21 juillet 2010

Pourquoi dénoncer la violence insurrectionnelle?

Tout pète de partout et il semble que la force coercitive de l'État a reçu une réponse à sa mesure: les actes de vandalisme à caractère politique se multiplient au Québec et en Ontario.

Il y a plus d'un mois, les banques étaient ciblées dans le but de dénoncer le G20; maintenant, on assiste à une série de petites actions directes, souvent accomplies par des groupes réduits, parfois en solitaire. Une bombe a explosé dans un bureau de recrutement de l'armée à Trois-Rivières, un jeune pyromane écologiste a été arrêté à Chambly pour avoir coûté 1,5 millions aux propriétaires des chantiers de construction, des anarchistes vandalisent toujours des banques et on a appris, il y a quelques jours, que des gens vêtus de noir avaient abîmé l'orgueil et les locaux de la GRC à Montréal.

Je pense que cette tempête d'actes visant la propriété risque de se calmer bientôt. Une telle série d'actes avait suivi la parution du manifeste du collectif "Ton Père". Mais après que les flics - complètement dépassés - aient visité les gens de Koumbit (qui hébergent le CMAQ), un certain silence s'était installé et on n'a plus entendu parler de famille de toute l'année 2008-2009. Quoique la situation est cette fois-ci différente et que les incidents ne sont pas tous reliés entre eux, sinon par la situation politique et sociale particulièrement désespérante que nous vivons depuis quelques temps.

Les puissant-e-s, ahuri-e-s par le défi lancé par des quidams, qualifient ces actes d'attentats terroristes. Et quand certains organismes contestataires sont ciblés par la répression policière qui cherche à punir les rebelles pour les actions des plus radicaux/ales d'entre eux, hautain-e-s et méprisant-e-s, les chroniqueurs/euses à deux balles posent cette question stupide aux représentant-e-s médias: "Dénoncez-vous les actes de violence posés pendant la manifestation?" Quand les personnes interviewées répondent "non", on considère qu'elles refusent de se distancier. Cela cause tout un émoi. En revanche, quand le gouvernement appuie la négation des droits humains, les intrépides libre-penseurs des mass médias haussent les épaules en disant: "Ah bon".

Je ne vois pas pourquoi les activistes devraient dénoncer de front les actes de vandalisme. Prendre ses distances est tout à fait normal: ce n'est pas la CLAC2010, ni l'UCL, ni moi et mes ami-e-s qui ont pété des vitrines, et je pense que la grande majorité des anarchistes et autres anticapitalistes présent-e-s au G20 n'ont absolument rien fait pour favoriser les actes de vandalisme, sauf peut-être applaudir occasionnellement. Idem pour les "attentats" de Trois-Rivières, Montréal, Chambly, Ottawa, etc. Et puis qu'est-ce que ça changerait de toute façon que les anars rient dans leur barbe, a posteriori? La police cherche les coupables, pas le monde qui trouve ça drôle.

Mais comment dénoncer? Dénoncer ces actions désespérées, c'est comme dénoncer la piqûre d'une abeille. Elle n'est pas toujours bien ciblée, n'atteint pas nécessairement les véritables responsables de la misère de la ruche, elle est incontrôlée et motivée par l'instinct. Chez les responsables des actes commis au cours des dernières semaines, on n'y reconnaît donc pas l'expression de la domination ou de la violence coercitive, comme le serait un tag néonazi sur le mur d'une coop d'habitation; mais plutôt l'expression des dominé-e-s qui tentent de mordiller leur cage afin d'en sortir. Or, s'attaquer à des barreaux de prison n'est pas un acte de violence: c'est un acte de défense et de liberté qui veut mettre fin à une violence.

Les actions directes de ce type, de mon point de vue, manquent cependant sérieusement d'efficacité. En général, ça se conclut seulement par un intense gaspillage. Le dicton "Vole aux riches pour donner aux pauvres" pourrait aussi être remplacé par une version plus contemporaine. Je suggère: "Brûle les riches... pour brûler des riches." Le vandalisme est un acte naturel de défense contre une agression systémique, mais pour cette même raison elle n'est pas toujours la réponse la plus rationnelle, toute théâtrale qu'elle soit.

Après tout, je suis contre le travail, et le vandalisme force dans quelques cas (et heureusement pas dans tous) les travailleurs/euses à se lever plus tôt pour ramasser le bordel - ce ne sont certainement pas les bourgeois-es qui iront tout ranger[1].

Mais en attendant le Grand Soir qui n'arrivera pas de notre vivant[2], je ne sais pas quoi proposer en échange de ces actes de violence contre des personnes (morales que sont les corporations) qui n'ont jamais, jusqu'à maintenant, fait davantage que de consoler les véritables victimes en leur donnant une pâle sensation de vengeance.

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[1] Nous pourrions objecter à cela que les employé-e-s qui acceptent de ramasser les carcasses d'autopatrouilles rôties ne sont que des esclaves et qu'ils/elles méritent amplement de se lever tôt le matin, la réaction la plus logique - que dis-je, la réaction la plus héroïque - étant de refuser la job de bras et de peser sur snooze.
[2] Ne pas y croire ne m'empêche pas de l'espérer.

samedi 10 juillet 2010

Vigile au carré Philips

C'est ce soir à 20h30 et c'est organisé en solidarité avec les gens qui sont toujours dans le trouble.

lundi 5 juillet 2010

Une petite histoire d'horreur...

...Au cas où vous ne seriez pas encore convaincu-e.

Un amputé ontarien est jeté au sol et privé de sa prothèse.

Mon Fake Lake à Torontonamo

Pendant la journée de dimanche, la pluie est passée par des trous dans le plafond. Une flaque s'est alors formée en plein centre de notre cellule, autour de laquelle mes co-détenus et moi nous nous sommes couchés.

N'est-ce pas ironique? Manquait plus que des oiseaux empaillés et un décor de coucher de soleil.

Voici une analyse très pertinente du G20 et de la répression.

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Les caméramans de la télé ont filmé les casseurs/euses mais pas la répression policière. Je crois savoir pourquoi: rester devant les flics était trop dangereux!

vendredi 2 juillet 2010

L'amour de la prison.

Les gens croient que les opérations policières de répression à Toronto furent largement justifiées par la casse (66% au Canada et 71% au Québec), malgré la découverte des nombreux mensonges et étonnantes irrégularités dans le discours du chef Blair et de ses idiot-e-s de disciples. Par exemple, plusieurs armes ont été faussement attribuées à des activistes et présentées à des journalistes.

Une démonstration mathématique simple suffirait pourtant à prouver que les nombreux moutons blancs ont parfaitement tort dans leur soutien ridicule aux arrestations massives.

Nombre de casseurs et casseuses = environ 60.
Nombre de personnes arrêtées = 900

900 > 60.

Je suis normalement assez indulgent envers les gens aux idées irraisonnées, mais comme je me suis fait casser mes lunettes, battre, voler et emprisonner simplement parce que je marchais sur le trottoir LE LENDEMAIN d'une manifestation et à 3 km de la fameuse barrière, je vais vous dire, vous êtes des imbéciles. Ou des fascistes qui mériteraient mieux que moi de pourrir en prison pour leurs idées.

L'appui féroce des Québécois-es à cette répression est d'autant plus étrange que la police de Toronto, vraiment raciste, a ciblé tout particulièrement les francophones, fouillant toute voiture portant une plaque du Québec, harcelant des touristes pacifiques de Longueuil ou de Saint-Jérôme, et retenant intentionnellement en cellule les gens qui portaient un nom à consonance québécoise. Pendant toute la fin de semaine, c'était la peur du foreigner qui s'était incrustée dans la tête des réac' de Toronto; et ce foreigner parlait français.

J'espère de tout mon coeur que ce sondage Angus-Reid était aussi poche que les précédents et qu'il ne reflète en rien la véritable opinion générale du peuple. Car si une majorité croit dur comme fer que la suppression des droits humains pour le bénéfice d'un meeting de quelques bourgeois-es vaut vraiment la peine, après tout ce que les bourgeois-es des banques nous ont fait subir, je trouve que c'est triste.

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Il faut selon moi, pour passer à travers l'épreuve d'une incarcération injustifiée, être un-e philosophe aguerri-e. Il faut, du moins, être capable de réfléchir sur sa condition et/ou savoir se raconter des mensonges. Pendant mes 22 heures de prison, je me répétais que pour la première fois, j'étais conscient de mon emprisonnement perpétuel. Pour la première fois, je voyais les barreaux de la cellule qui dort généralement à l'intérieur de mon crâne. Je me répétais aussi, en voyant les agent-e-s de police aux traits tirés et au regard vide d'intelligence, que j'étais du bon côté des barreaux et que c'était eux qui étaient enfermé-e-s avec nous.

Et puis, il faut relativiser. Ce qui s'est passé à l'intérieur était vraiment terrible; je ne souhaite cette expérience à personne, surtout en ce qui concerne les sévices à caractère sexuel que certain-e-s de nos camarades ont subis. Mais c'était sans aucun doute moins pire que la dernière heure d'un tour de nuit au Macdo avec un cadre aussi puissant que pervers.

La prison n'est pas non plus une maladie incurable.

Hier matin, en faisant mon déménagement, je me suis cogné l'orteil sur le coin de la table et le coup fut si violent que l'ongle a partiellement décollé. Eh bien ce fut plus douloureux que la fois où l'agent de police m'a envoyé la tête contre un mur de béton parce que je refusais de me la fermer. L'humiliation de la vie quotidienne est également plus lourde, à mon sens, que celle que j'ai subie quand l'agent McArthur m'a demandé de me pencher de dos et de toucher à mes pieds.

La bouffe du Métro est aussi dégueulasse que les sandwiches à rien qu'ils nous ont donnés là-bas. Le Pepsi est aussi dégueulasse que l'eau brune de la prison.

Tout le monde est en prison et assez peu veulent en sortir.

mardi 29 juin 2010

Foxtrap

Maudit, j'ai mangé assez de marde pour deux-tiers de vie.


"Comment ça, tu as été accusé de possession de drogue?
- Les laboratoires de la Police de Toronto n'ont pas encore pu établir avec certitude que mon sachet contenait du sel."
Entendu lors d'un dialogue entre deux détenus.

"What are you gonna do with these peanuts?"
Un policier pose cette question d'un ton très suspicieux en fouillant un passant.

"How many windows did you break last night, fuckin' Frenchie?"
Un policier à un membre... de l'escouade médicale.

samedi 26 juin 2010

confusion au G20

Les choses ont vraiment mal tourne au Queen's Park. Jamais je n'ai vu une manifestation aussi pacifique se faire reprimer aussi durement. Le siege du parc a dure plus de deux heures. Quand je suis parti (j'ai ete separe du groupe principal vers 20h00), il y avait encore du monde.

Les choses allaient mieux a quelques rues de la barriere, sur Queen's Street. Mais ca s'est corse quand quelques personnes ont decide de mettre le feu a des voitures de police. Je vous en raconterai davantage a mon retour.

Comme vous l'avez sans doute vu aux nouvelles, le Black Block a eu plus de succes sur Yonge.

vendredi 25 juin 2010

Manif de cons (G20)

Les policiers ne nous ont pas lache-e-s d'une semelle. Je n'ai jamais vu une manifestation unitaire ''pacifique'' aussi controlee. Il y a eu quelques arrestations et quelques agressions policieres avant qu'on soit finalement stoppe-e-s a plusieurs kilometres de la barriere, sur University Street. Je n'ai pas vu les manifestant-e-s reagir violemment aux agressions, mais la tension etait constante et palpable due a l'omnipresence des forces de l'ordre. Il y avait tellement de policiers qu'il etait pratiquement impossible de monter sur le trottoir ou de sortir de la foule pour emprunter une rue perpendiculaire. Les autorites avaient pratiquement installe un ''ruban'' autour de la manifestation, qui faisait pourtant quelques milliers de marcheurs/euses. Elles n'ont pas utilise de gaz lacrymogene, mais je crois que du poivre de cayenne a ete disperse dans l'air apres la premiere arrestation musclee de la manifestation. Visiblement, nous insistions trop bruyamment pour que les victimes soient relachees.

En outre, les manifestant-e-s ont du faire face a plusieurs fouilles illegales et de nombreux manches de drapeaux ont ete saisis.

Un campement a ete leve au Allen's Garden, tout pres du lieu ou notre groupe a ete loge. Les policiers risquent de nettoyer bientot.

Si une manifestation risque de mal tourner, c'est bien celle de demain. Elle devrait se scinder en deux: la premiere ne tentera rien a priori, mais la seconde, appelee ''get off the fence'', va surement brasser. Je vais tenter de donner des nouvelles si j'ai toujours acces a un ordinateur demain soir (avec toujours, bien entendu, ce sympathique clavier ontarien sans accents).

jeudi 24 juin 2010

La veille du G20

La veille du départ, je suis extrêmement pessimiste. À l'intérieur du périmètre sécurisé, les hommes d'État vont sans doute diffuser au peuple des promesses qu'ils ne respecteront pas et s'en faire entre eux qu'ils respecteront. Ils disent qu'ils parleront de pauvreté et d'environnement: mon cul. Nous sentons bien ce qui est dans l'air: malgré Obama qui souhaite réduire au minimum les mesures d'austérité, c'est dix ans de coupures et de vaches maigres qui nous attendent. Ces années difficiles ont un objectif double: bien entendu, de revenir à l'équilibre budgétaire, mais aussi de nous habituer collectivement à vivre sans programmes sociaux. Quand la croissance redeviendra aussi enflammée qu'en 2006, croyez-vous vraiment que les services vont être rétablis?

À l'extérieur du périmètre, ce sera encore pire. Il y aura sans aucun doute plus de policiers que de manifestant-e-s. À la marche de la COBP, ça passe encore: mais dans une situation de Sommet, non. Les organismes contestataires croient que par leurs provocations, les flics cherchent seulement à nous intimider, mais jusqu'à aujourd'hui, je n'ai que rarement apprécié une menace qui ne se soit pas réalisée du côté des autorités.

Nous serons combien de radicaux et radicales, réuni-e-s dans les rues de Toronto? 5 000, gros max? Ça fait 200 000 $ d'investis dans chaque individu "potentiellement dangereux". La prochaine fois, envoyez un chèque, au lieu de me faire matraquer pour avoir crié un slogan j'vais rester chez nous.