lundi 29 décembre 2008

Petit guide de l'extrême-gauche québécoise (1)

Introduction

Ce ramassis d'articles d'introduction servira à déterminer les tendances principales et les groupes les plus importants qu'on peut rattacher à la gauche radicale, voire extrémiste, ayant pignon sur rue au Québec. Il s'adressera à un public non-initié ou relativement détaché du milieu militant radical. Il visera aussi à réfuter quelques idées reçues. N'hésitez pas à proposer des modifications ou des ajouts par courriel ou par commentaire, car ceci est un work in progress destiné à démystifier un peu l'obscure nébulosité entourant la situation des mouvements radicaux de gauche. Je tiens à souligner que mon expérience au sein des mouvements radicaux ne me permettra d'avoir qu'une appréciation fragmentaire de la situation.

Afin de mettre de l'ordre dans ce fouillis de petits groupes, je débuterai l'essai en parlant des plus modéré-e-s et nous ne plongerons que graduellement dans l'abîme, en terminant par les collectifs les plus extrémistes.

Dans ce premier billet, je parlerai de deux organismes politiques de gauche comptant des éléments extrémistes, soit Québec Solidaire et L'ASSÉ. Dans des articles à venir (nous ferons de larges pauses entre les chapitres du petit guide, afin de traiter d'autres sujets dignes d'intérêt), je commencerai à me concentrer sur les groupes d'importance moindre et qui ont une visibilité médiatique plus réduite.

1. Québec Solidaire

Contrairement à ce qu'avançait Joseph Facal aux Francs-Tireurs au moment de la formation du Parti, Robert Dutritzac et Antoine Robitaille dans un article du Devoir en novembre, et contrairement à ce que l'on entend de temps en temps dans des discussions de cuisine, Québec Solidaire n'est pas d'extrême-gauche. Le Parti s'est distingué de son aile radicale au cours des dernières élections, pendant lesquelles il a écrit une série d'articles sur les "mythes" entourant Québec Solidaire.

Généralement, les gens d'extrême-gauche souhaitent, sinon une révolution, au minimum un renversement total de la société vers un idéal qui NE PEUT PAS coexister avec le capitalisme, le patriarcat, ou une autre institution structurante visée par le regroupement radical. Québec Solidaire, qui propose une plateforme aux tendances égalitaires, n'est pas en faveur de l'abolition du capitalisme; il tente simplement de lui donner un "visage humain".

De plus, comme nous le verrons plus tard, il est clair que Québec Solidaire n'a pas adopté le même discours, ni les mêmes méthodes que l'extrême-gauche en général. Il n'a pas non plus la même base de partisan-e-s ou de militant-e-s, et ne s'adresse pas du tout au même genre de personnes que les groupes dits extrémistes.

Toutefois, Québec Solidaire compte dans ses rangs des groupes et des individus plus radicaux, tels que le Parti Communiste du Québec, dont la plateforme, plus audacieuse, s'apparente toutefois davantage aux partis de gauche radicale européens qu'aux castristes révolutionnaires de l'Amérique latine. Mais nous en reparlerons.

Notons aussi que Québec Solidaire aurait demandé à certain-e-s anarchistes avoué-e-s de se joindre au Parti, arguant que le parti "présenterait une perspective critique du capitalisme". [1]

2. L'ASSÉ

L'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante est un des groupes les plus structurés parmi la gauche radicale, et de loin celui qui compte le plus grand nombre de membres, soit autour de 40 000 (le membership est affiliatif par association étudiante locale et donc automatique, ce qui fait que l'ASSÉ compte beaucoup de membres involontaires, comme tout syndicat et à l'inverse de tout autre groupe de pression politique). Ses revenus, tirés essentiellement de la cotisation perçue chez ses membres, est assez confortable (environ 120 000 $ par an) et ses instances, comme ses méthodes, en font un puissant moteur de contestation sociale. Comme plusieurs tendances politiques sont présentes dans ses rangs, l'ASSÉ est aussi un lieu de rencontre et de renouvellement de la gauche radicale.

La plateforme de l'ASSÉ ne peut toutefois pas être considérée comme révolutionnaire. Sur le plan idéologique, elle s'accomoderait plutôt assez bien d'un gouvernement formé par Québec Solidaire (ou du PQ des années 70), même si les porte-paroles du groupe étudiant décrivent généralement celui-ci comme non-partisan et relativement indifférent aux formations présentes à l'Assemblée Nationale. En tant que tel, l'ASSÉ n'est donc pas d'extrême-gauche. C'est un groupe de pression de gauche, dont les idées s'appuient parfois simplement sur la Déclaration Universelle des droits de l'Homme. L'ASSÉ est réformiste, pas révolutionnaire. Ce sont plutôt ses militant-e-s, appartenant souvent à des groupes extrémistes de gauche, qui lui donnent cette couleur caractéristique. Ses méthodes, visant à établir un rapport de force, sont souvent flamboyantes, mais elles restent généralement des exercices tout à fait légaux. Les occupations, manifestations et conférences de presse organisées par l'ASSÉ ne se déroulent qu'assez rarement plus mal que celles organisées par des syndicats en grève. Ce qui change le plus souvent, c'est le traitement médiatique qu'on réserve à l'ASSÉ, la fréquence des actions, et le contenu du discours, qui est beaucoup plus idéologique.

L'ASSÉ est souvent durement critiquée par l'extrême-gauche québécoise, mais les détracteurs/trices gauchistes les plus impitoyables sont souvent ceux et celles qui ne comprennent pas l'importance que joue cet organisme dans la diffusion des idées d'extrême-gauche dans le milieu étudiant, qui est depuis toujours le milieu dans lequel les adhérant-e-s aux idéologies révolutionnaires sont les plus faciles à recruter. C'est par exemple à travers l'ASSÉ que les idées de quelques groupes relativement marginaux tels que Hors-D'Oeuvre[2] et La Mauvaise Herbe[3] se sont le plus diffusées.

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[1] Ces propos, cités dans certains forums anarchistes, ont aussi été rapportés par Arwen, sur son blogue Ya basta.
[2] Un petit groupe post-moderne surnommé pendant un certain temps "la police de l'anarchisme", oeuvrant surtout au sein du mouvement étudiant mais faisant universellement la promotion d'une vision unifiée du communisme libertaire autour de la pensée de Marx et peut-être de Bakounine. Nous en reparlerons peut-être.
[3] Un groupe anarcho-primitiviste ou anarcho-écologiste.

mercredi 17 décembre 2008

"Mouton marron" est un nom poche. J'le sais.

Et ne dites pas: "Bien non, c'est même pas vrai." Si vous le dites, vous manquez de franchise ou vous avez vraiment de très mauvais goûts. Les tribulations d'un Mouton Marron compte parmi les blogues avec les titres les plus médiocres du monde, à égalité avec ces "un peu de moi", "Le Québécois Libre", "mon_humble_opinion.com" ou "GB pour Geloso-Breguet" (je me retiens pour ne pas faire la diffamation de ce petit boss adéquiste défroqué "scientifiquement juste" de Geloso, on me dirait que je profite de mon anonymat pour faire des attaques ad hominem) qu'on croise partout. C'est certes inattendu, et en fait c'est un peu ça le problème: c'est tellement un titre inattendu que c'est poche. En plus, ce n'est même pas à propos.

Où sont mes tribulations? De un, je suis bien trop effrayé pour toutes les raconter toutes. Les choses seraient peut-être différentes si j'avais trouvé le moyen de tenir un blogue sans pouvoir être identifié par l'État. (Je tiens à préciser que j'ai sans doute violé les lois moins souvent - et moins dangereusement - que n'importe quelle personne honnête. Quand j'ai la malchance d'avoir à conduire un char, je dépasse rarement 85 dans une zone de 90. J'arrête pour laisser passer les piéton-ne-s et je ne bois jamais d'alcool ou ne fume pas là où c'est interdit. Mais apparemment, les "infractions" que j'ai commises méritent, sinon une arrestation violente, au minimum une agression physique sauvage, une note à mon dossier scolaire ou une fiche avec photo dans les dossiers des limaces en uniforme, voire une shotte de taser.) Et de deux, il ne se passe que très peu de choses dans ma vie depuis le sommet du PSP à Montebello (j'y reviendrai un autre jour).

Où est le Mouton Marron? Je ne suis pas frisé brun. L'utilisation de ce nom de "personnage" tire son origine d'une métaphore poche.

Je vais vous avouer, ma première idée était d'intituler mon blogue La mouche à marde - insecte avec lequel j'ai plus de traits physiques en commun - mais j'avais peur que les gens "sérieux" ne prennent pas la peine de me lire, par dégoût. Or, je veux que les gens sérieux soient dégoûtés à cause du CONTENU, pas à cause du titre.

Les Tribulations d'un Mouton Marron est un titre qui ne fait pas marketing, mais franchement j'en ai rien à faire, parce que je vends rien.

À venir (ces articles seront moins nombrilistes, c'est promis):
- Petit guide sur l'extrême-gauche québécoise.
- Mon serment d'infidélité au pays.
- La liberté doit être un service gratuit, public et universel.

jeudi 11 décembre 2008

Un vieux texte sur l'indépendance du Québec

Je viens de faire un peu de ménage dans mes documents et je suis tombé par hasard sur ce texte écrit alors que je commençais mon bacc, il y a quelques années, et que mes sympathies anarchistes étaient encore à l'état larvaire (autrement dit, j'étais encore au PQ). C'est tiré d'un courriel envoyé à un marxiste libertaire quelconque qui ne voyait pas d'intérêt dans l'indépendance. Le problème de cette argumentation, comme l'a intelligemment remarqué une de mes amies, est que je n'ai que peu d'exemples pour illustrer toute cette théorie pas très évidente. Mes conceptions de "nation" et de "peuple" ont également évolué depuis. Il va donc de soi que je ne suis plus d'accord avec ces quelques lignes.

Considérez ce texte comme une réponse à Anarcho-Pragmatiste, qui dans son dernier billet, nous renvoie à son antique essai: Vive la séparation du Québec.

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Je soutiens l'indépendance pour plusieurs raisons qui répondraient peut-être à quelques-unes de vos interrogations - je ne prétends toutefois pas détenir la vérité, et je n'ai pas de certitudes profondes à cet égard.

Sociologiquement, anthropologiquement, historiquement, prenez les mots que vous voulez, le peuple québécois existe en tant qu'entité plus ou moins cohérente. Ce n'est hélas pas une illusion: les Québécois-e-s forment un groupe, une collectivité possédant une culture unifiée, même s'il y a des disparités régionales ou même individuelles (celles-ci sont relativement peu importantes en comparaison d'autres peuples
[1]).

Et si on ne prend pas en considération les points de vue les plus anarchistes (que je partage aussi souvent), on peut reconnaître facilement l'importance pour un peuple de se gouverner lui-même, avec ses propres institutions qui répondent à ses besoins, et qui représentent au mieux la mentalité, l'espace moral et la culture en général du peuple en question.

Il est d'importance plus majeure encore qu'un organe de gouvernement absentéiste ne vienne pas prendre de décisions affectant directement la vie des membres de ce peuple. C'est ce que fait Ottawa, présentement, avec les peuples québécois, autochtones et canadiens-anglais. C'est ainsi parce que pour ne pas avoir trop recours à l'oppression, le gouvernement règne par COMPROMIS; il rend donc insatisfaite l'entière population. Dans ce cas précis, il ne peut donc exister de véritable démocratie. Les minorités seront toujours écrasées ou assimilées, même au sein d'un régime centralisé et utopique: la simple différence de culture des différents peuples peut faire d'une loi utile ici une loi répressive ailleurs. Au-delà de la culture, les disparités dans le climat, la densité de la population et d'autres facteurs de ce genre peuvent rendre impossible la gestion d'un État trop diversifié et trop étendu.

De plus, la vassalisation du groupe québécois à la fédération canadienne en fait implicitement un sous-groupe qui ne peut traiter d'égal à égal avec les autres groupes. Il en résulte des informations fausses sur notre situation, des informations colportées partout et qui peuvent devenir des dangers. Par exemple, notre appartenance au Canada (favorable aux politiques belliqueuses) nous expose à des attaques de la part de groupes terroristes, malgré le fait que nous ne l'ayons pas cherché. Éventuellement, des sanctions imposées au Canada peuvent nous affecter également dans des situations anodines, comme dans l'histoire de la vache folle et du bois-d'oeuvre. Tout ça parce que nous ne sommes pas perçu-e-s comme une entité indépendante.

Je pourrais aussi rajouter à ces arguments très prudents la mauvaise couverture médiatique que subit le Québec à travers le monde sans possibilité de contre-attaque. Si les bombes des Basques paraissent aux yeux des étrangers-ères comme des actes de liberté, les lois linguistiques du Québec sont des décrets racistes et dignes d'Hitler.

Il y a aussi l'oppression qu'a subi le Québec par le passé et qui semble encore avoir des effets négatifs sur ses politiques publiques. Au moindre nouveau "trouble" politique, il est à craindre que de nouvelles mesures soient prises contre les citoyen-ne-s par la décision unilatérale de dirigeant-e-s qui, pour maintenir la stabilité, préfèrent présentement adopter une attitude conciliante. Ce ne serait pas le cas dans un Québec souverain, où l'oppression policière pourrait perdurer, mais pas la peur des french separatists, qui justifie souvent des violations de domiciles par les forces policières, par exemple.

Maintenant, pour ce qui est de l'appartenance au monde des travailleurs et travailleuses, j'applaudis
[2]. Mais appartenir à un monde de travailleurs et travailleuses, ça ne signifie pas que tous et toutes habitent dans un même pays avec un seul gouvernement central qui fait des routes de la même largeur partout. Ils et elles peuvent s'entraider malgré les différences de langue, de culture, de religion... et de pays.

Je crois finalement que la situation présente condamne le combat pour une meilleure liberté (la vraie, pas la liberté de commerce) et une émancipation des citoyen-ne-s du Québec et du Canada. Comme c'est le compromis qui règle la donne et que les pouvoirs constitutionnels sont divisés, c'est un tiers parti qui commande réellement: le milieu des affaires (dixit: les bourgeois-e-s[3])! Il bénéficie royalement des déchirements et du manque d'autogouvernance des peuples d'Amérique du Nord. Puisque l'intérêt des collectivités citoyennes ne peut plus être directement pris en considération, c'est le poids du gros capital qui fait pencher la balance. Ce n'est pas pour rien que le milieu des affaires du Québec est presque entièrement fédéraliste, et que les partis fédéralistes sont systématiquement les plus à droite. L'indépendance du Québec permettrait aux collectivités de se réorganiser et de ravir le pouvoir aux grandes entreprises - si elles en ont la volonté. Ce ne sera jamais le cas dans un Canada uni, puisqu'il n'existe virtuellement pas de consensus au sein des peuples tant qu'ils ne sont pas autogérés
[4].

Aussi, j'ai des raisons de penser que l'indépendance du Québec est un préalable à une révolution sociale. Et puis il faut bien l'admettre, la frontière de la langue nous isole en isolant une grande majorité de la population, même si elle n'isole pas nécessairement les militant-e-s.

Sinon, je n'ai rien à foutre de la Nation québécoise. J'ai à foutre, par contre, de la Nation canadienne: elle me fait peur. Le Canada, c'est encore presque cool quand ses citoyen-ne-s savent pas trop qui ils/elles sont. Attendez que le Canada anglais se reforge un nationalisme concret, nous allons passer un très mauvais quart d'heure.


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[1] "celles-ci" renvoie à "disparités régionales", et non "individuelles". Bien entendu, je n'étais pas assez con pour croire que les disparités individuelles sont moins grandes au Québec qu'ailleurs dans le monde. C'était une erreur de syntaxe.

[2] On m'objectait en effet que le but du socialisme, soit la collaboration entre travailleurs/euses de tous les pays, rendait futiles tous les débats sur l'identité nationale, et que la séparation entraînerait la division et l'éclatement de la classe ouvrière canadienne, qui devait s'identifier au monde des travailleurs/euses plutôt qu'au monde des Québécois-es.

[3] Adoption d'un champ lexical marxiste pour plaire à mon interlocuteur.

[4] Je ne suis pas certain de ce que j'ai voulu dire, mais ça m'apparaît douteux.

mardi 9 décembre 2008

Le nombre d'étudiant-e-s

Il va augmenter malgré la hausse des frais de scolarité, en raison de la récession économique.

samedi 6 décembre 2008

La majorité silencieuse s'exprime! (ils étaient soixante)


Vaillant comme je suis, j'ai couru aux deux manifs en faveur et contre la coalition PLC-NPD. Celle du Parti Conservateur ne réunissait que soixante partisan-e-s. La réunion avait lieu devant les bureaux de Stéphane Dion, sur Marcel-Laurin, dans le quartier Saint-Laurent, à Montréal. À l'heure où j'écris ces mots, ils y sont sans doute toujours. Après avoir essayé d'attirer vainement leur attention de l'autre côté de la rue (je voulais qu'ils me regardent pour la photo) en faisant des grands gestes - j'aurais dû leur montrer mon cul, ils m'auraient remarqué - j'ai traversé et j'ai discuté un peu avec la première personne qui m'est passée sous l'oeil; c'était, par un drôle de hasard, une candidate défaite du PCC, une comptable blonde à chapeau noir et à la narine morveuse (morveuse à cause du froid... en fait moi aussi je morvais un peu, mais moi c'est normal, je suis un pouilleux d'anarchiste). Inutile, je crois, de parler des détails de notre entretien: vous ne pourrez qu'en conclure que je me glorifie à ses dépens. Disons simplement que la discussion s'est terminée quand un gros homme antipathique m'a bloqué le chemin et qu'un autre gorille a ramené le caniche derrière la ligne de front. "Tu as le droit à ton opinion", a-t-elle dit en tournant le dos. Quelle phrase de merde, qu'on me sert toujours quand on ne sait plus quoi me répondre ou quand je suis trop chiant avec mes questions. Je n'ai hélas pas encore développé le réflexe de harceler les gens et de provoquer, ainsi, des bousculades qui passent ensuite dans les médias. Alors ça s'est arrêté là, avant même que je traite quelqu'un-e de nazi-e. On peut quand même conclure que les Conservateurs sont des maudit lâches.

Autre détail désagréable: les Conservateurs/trices, qui devaient normalement "prendre la rue" pour "défendre notre démocratie", n'ont bloqué que le trottoir, ce qui forçait les passants à descendre sur la voie. Quelle impolitesse!

Qu'ils retournent donc faire leurs pogroms en Russie ou dans le West Island, à l'avenir.

En tout cas, soixante personnes est un résultat ô combien symbolique de la situation. Cette faible mobilisation montre deux choses: que le PCC est incapable de mobiliser la population, de qui il est sensé représenter les intérêts; et que la "majorité silencieuse", au fond, c'est généralement juste du monde qui s'en câlicent, même quand l'autobus est gratuit.

C'était quoi l'idée de faire ça aussi loin, à la station Du Collège? C'est samedi! Le bureau de Dion est FERMÉ.


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La manifestation pro-coalition était soutenue non seulement par trois partis fédéraux, mais aussi par des syndicats. Ceux-ci ont sans aucun doute payé la manif: il y avait une scène montée pour l'occasion. Ça a dû coûter une fortune. Ce fut une manifestation statique, animée entre autres par un groupe (Black Out) qui jouait des tounes poches même pas engagées. Ce genre d'évènements, dans lequel un brutal service d'ordre syndical joue le rôle de la police, et où il y a un seul micro (et donc un seul centre d'intérêt, et pas de possibilité d'expression pour le peuple qui s'est déplacé) me dégoûte. Les 2000-3000 personnes présentes auraient dû prendre une initiative et marcher au centre-ville en criant des slogans inventés spontanément plutôt que d'écouter leurs chefs servilement. Ne suivre que les discours plates et prévisibles des gens d'influence, même s'ils sont progressistes, est une activité aliénante. Répétez l'exercice encore une vingtaine de fois et les gens seront tellement aliénés qu'ils voteront pour un gouvernement conservateur majoritaire.
La mobilisation est plus facile chez les syndicats que chez le patronat, et le centre-ville est plus accessible que Saint-Laurent. Cela explique en partie le plus grand nombre de manifestant-e-s pro-coalition. L'autre facteur est clair: les Conservateurs sont des porcs et les Québécois-e-s ne les aiment pas.

jeudi 4 décembre 2008

Le gouvernement de Harper est maintenu.

L'annonce vient de se faire devant Rideau Hall, vers 11h55. Harper est parvenu à convaincre la Gouverneure générale de remettre le vote de confiance et la session de l'assemblée à la fin janvier, après une rencontre qui a duré de plusieurs heures dans la résidence de la Cheffe d'État.

Harper trouve sa légitimité dans la nécessité de stimuler l'économie. Il affirme que l'économie passe avant tout, et que le NPD, le PLQ et le PCC doivent collaborer et travailler ensemble pour le bien du pays. Il n'accepte pas que l'opposition n'ait pas de vision ou de plan pour améliorer la croissance. Il parle également longuement du Bloc Québécois: il ne peut pas concevoir que la coalition présumée soit dépendante de séparatistes. "Notre Canada inclut le Québec. Pour le Bloc Québécois, leur Québec n'inclut pas le Canada. [...] Cette différence transcende toutes les autres différences entre les autres partis [fédéralistes]. Je ne veux pas me mettre en position de dépendre du Bloc Québécois pour gouverner le pays. [...] On doit considérer les partis selon l'intérêt du pays tout entier."

Bref, la stratégie de Harper est de marginaliser le Bloc et de justifier ses actes par deux duperies: la défense de son projet idéologique et l'unité fédérale. Il tente de détourner le débat qui s'oriente actuellement selon un axe gauche-droite et consultation-huis clos vers un débat national. Divide ut regnes; il divise pour régner.

mardi 2 décembre 2008

C'EST L'ANARCHIIIIE!!!

Une vraie crise politique, ça faisait longtemps. Les conservateurs descendent dans les rues, comme les Chemises Noires, pour affirmer leur mainmise sur la fédération. Il y aura bientôt des contre-manifs. Les politiciens prouvent de manière magistrale que l'État est dysfonctionnel quand il n'est pas autoritaire, et qu'il est autoritaire quand il n'est pas dysfonctionnel. Les crypto-tyrans sont tirés hors de leur tanière. Les gens de pouvoir, par peur de perdre le gouvernement, sont en train de le détruire.


Il ne faudrait surtout pas que la crise se règle, comme ça risque de se faire dans les prochaines semaines. Ah, si le peuple était un peu plus opportuniste...

samedi 29 novembre 2008

Comment l'anarchie est-elle possible? (4) - Les mathématiques existeraient toujours.

Une minuscule note en réaction d'une question qu'on pose souvent: que ferait-on des sciences économiques à l'intérieur d'un système qui ne compte plus sur le capital pour se développer? Je ne vois pas en quoi, advenant le cas de l'abolition de la propriété privée, de l'État et du capital, et même du "marché", les économistes et "gestionnaires" économiques deviendraient inutiles. Dans une commune anarchiste, les capacités d'un comptable peuvent être récupérées, comme celles d'un financier. Seulement, la gestion passe du virtuel au matériel, et du privé au collectif.

Dans un monde dominé par le mode de vie anarchiste, les comptables et autres gestionnaires de l'économie de plusieurs communes (ou enclaves, ou syndicats, ou autres regroupements, peu importe le modèle) continueraient à faire leurs savants calculs, dessinant des graphiques sur la productivité - toujours matérielle - des heures de travail, sur les stocks de nourriture, sur la production de vêtements, etc. Ils continueraient de se livrer à des estimations globales sur l'avenir (bref, à spéculer, mais dans le sens propre du verbe). Le secteur de l'érudition mathématique et économique deviendrait d'autant plus névralgique que les gens ne pourraient plus se permettre de pertes substantielles sans réduire leur qualité de vie ou leur apport calorique, les emprunts étant devenus difficiles à obtenir. Les calculs des économistes et des agronomes permettraient aussi d'établir des données sur l'avenir démographique de certaines régions.

Cependant, au sein d'une société anarchiste, les possibilités seraient très diverses, comme les modes d'organisation. Notre système fonctionne selon des castes professionnelles étroitement cloisonnées. Ce ne serait pas nécessairement le cas dans l'anarchie, laquelle pourrait sonner le glas des professions en général - dont celle d'économiste et de comptable.

Comme je l'ai dit auparavant, trop s'avancer est inutile. Personne, même pas les libéraux classiques, n'ont pu imaginer avec précision, deux cent ans à l'avance, à quoi ressemblerait notre village global aujourd'hui. Et si je crois que l'imagination est bénéfique (elle permet de créer le possible), je ne crois pas que l'idéologie le soit autant. Il ne faut jamais, comme les libertariens ou certains groupes marxistes le font trop souvent, chercher à établir coûte que coûte un système selon des normes établies à partir d'un point de vue émergeant au milieu d'une société aliénée.

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Autre chose importante à retenir: les militant-e-s anarchistes peuvent parfois paraître sauvages, voire dangereux, mais ce ne sont pas des coupeurs de têtes. Les libertaires ne peuvent pas, fondamentalement, se livrer à des purges. Ni dans le cadre d'une révolution, ni dans le cadre d'évolution réformiste.

jeudi 27 novembre 2008

brèves

La blogosphère explose

Je m'explique mal la hausse soudaine de la fréquentation des blogues politiques québécois, dont le mien (sur lequel rien d'intelligent ne s'est dit depuis au moins mai dernier). Peut-être que les journalistes et les amateur-e-s surveillent la blogosphère depuis le déclenchement des élections?

En tout cas, je suis en fin de session jusqu'à la mi-décembre. Désolé si je ne puis proposer des articles rigoureux avec des sources pendant un certain temps, mais j'ai la tête ailleurs.

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Le 8 décembre, un jour comme les autres

La campagne électorale, principalement menée par trois partis à l'idéologie presque identique, est d'un tel manque d'intérêt pour moi qu'il est possible que je ne regarde même pas la télé le soir du vote. Je serai plutôt, sans doute, plongé dans mes études, et peut-être même apprendrai-je les résultats le surlendemain. Quelle délicieuse insulte pour notre système, non?

Les changements lors d'élections québécoises sont rarement autre chose que symboliques. Avec Jean Lesage, on assistait à un "renouveau"... Lancé, en réalité, au cours des années 40 et 50, avec le Refus Global, les grèves, le rock n'roll et la soirée du Hockey. "Un nouveau jour va se lever" en 1960... Et va suivre l'aube. C'est d'ailleurs un gouvernement de l'Union Nationale, qui en 1968, va lancer l'UQÀM, et ce sont des foutus réactionnaires qui ont fait de la santé un service public et gratuit, cédant simplement à la pression du peuple.

Tant qu'il y a des jeunes, tant que les gens sont mobilisés, les choses peuvent changer, peu importe la couleur du gouvernement. Il faut cependant apprendre à ne pas s'asseoir sur ses lauriers, toujours se battre, et surtout, ne jamais, NE JAMAIS avoir de reconnaissance pour la classe politique. Même si on en fait "l'élection", ces gens restent des ennemis. Ici, ils veulent faire de l'argent sur le dos de pauvres malades (n'est-ce pas le cas de l'ancien ministre Couillard, qui se vote des lois pour débroussailler le chemin en attendant de devenir lobbyiste pour une compagnie privée - d'autres diront qu'il aurait dû rester neurologue, mais moi, je ne me laisserais jamais fouiller le cerveau par une crapule de ce genre-là, ça serait capable de me mettre plein de marde dans la tête), et ailleurs, complètement boqués, ils refusent de voir les évidences et s'obstinent à vouloir adopter des mesures purement idéologiques (faut pas jouer avec la vie et la liberté des gens, monsieur Dumont).

En ce sens, les élections ne servent donc qu'à une chose: faire croire aux dirigeant-e-s que leur trône tient sur trois pattes. Tant que les résultats restent imprévisibles, l'élection peut être un outil. Mais simplement un outil rhétorique, métaphorique. Car le pouvoir principal du peuple est dans la rue, et quand le peuple agit librement (dixit: violemment selon les médias et la police), quand il s'approprie son territoire et quand il exproprie les tyrans, les dirigeant-e-s sont terrorisé-e-s.

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Jean-François Lisée

C'est un gros con, un pseudo-intellectuel qui n'a rien dans le crâne. Un conseiller de Pauline Marois. Une âme damnée de Joseph Facal, le faux économiste enseignant à HEC. Un "créateur de richesse" branché. Le snob patron du CÉRIUM, et ami des politicailleux. Ses paroles sont toutes tendancieuses, orientées par son intérêt personnel et carriériste.

Prendre son avis pour du cash, c'est se suicider intellectuellement. Réfléchissez un peu avant d'adhérer à son programme de rénovation de la "social-démocratie", qui n'a rien de social ni de démocrate. Son projet: nous rentrer un bâton dans le cul et le faire sortir par les cordes vocales pour qu'on reste drette et qu'on pose des questions toutes écrites d'avance. Son objectif: satisfaire les puissant-e-s, autant du côté de l'État que du capital.

mardi 25 novembre 2008

Les courants anarchistes et leurs couleurs.

(Image disparue)

*Les deux drapeaux du bas ont été ajoutées le 19 décembre 2008.

mercredi 12 novembre 2008

J'veux pas mourir, mais... (Le manifeste morbide)

Je suis quelqu'un d'heureux qui ai toujours voulu vivre. Je ne voudrais jamais mourir, même si pour ça il me faudrait renier toutes mes idées. Je préfère être humilié que mort, et je préfère prendre mes jambes à mon cou que rentrer les pieds devant. C'est pas que j'ai peur, c'est plutôt que crever me semble dépourvu d'avenir. Et d'ailleurs, je suis en bonne forme, alors je ne vois pas pourquoi j'irais ruiner ma santé en décédant.

Mais si je meurs, je ne veux pas qu'on m'enterre dans les honneurs. Je donne donc ici des indications sommaires en cas d'accident.

1. Tout d'abord, Je ne veux ni prêtre, ni discours. À la limite, une petite réception, mais ce n'est vraiment pas nécessaire. En admettant que finalement, personne ne m'ait réellement aimé, et que personne ne pleure ma mort, j'en aurai rien à foutre, étant donné que j'aurai vécu toute ma vie dans l'illusion sans me rendre compte de rien.

2. Diogène voulait qu'on laisse son cadavre à la merci des charognards. Ce n'est pas mon cas. Voici plusieurs façons de se débarasser de mes restes, je vous laisse le choix selon le contexte.
- Soit on brûle mon corps (façon maison, sur un bûcher c'est moins cher même si c'est plus long) et on jette mes cendres et mes ossements dans un quelconque lieu où il n'y a personne;
- Soit on jette mon corps nu dans une décharge;
- Soit on fabrique un trébuchet et on me catapulte au travers de la fenêtre de la Chambre des Communes pendant une séance ;
- Soit on fait dévorer mon corps par des chiens et qu'ensuite, on les amène chier devant l'entrée de l'édifice de la Bourse (j'aurai réalisé mon ambition, d'être de la merde sur une belle pelouse);
- Je suis ouvert à toute autre idée malsaine et méchante.

3. Je ne veux pas qu'une plaque à mon nom soit taillée quelque part dans un cimetière. Qu'on laisse ma mémoire et mon nom se décomposer en paix, loin de toutes les effusions religieuses, des croix, des anges en granit, des croissants ou des étoiles de David, et surtout loin du son des cloches. J'étais poussière, je redeviendrai poussière.

dimanche 26 octobre 2008

31 octobre.


JOYEUX HALLOWEEN!

lundi 20 octobre 2008

Comment l'anarchie est-elle possible? (3) - mon utopie

Il est nécessaire, je crois, avant de déterminer ce qui est possible et ce qui ne l'est pas, de savoir ce qui serait souhaitable. C'est une étape de réflexion trop souvent évitée. Je présente donc ici une très sommaire description de ma vision, sans doute chargée d'émotion - je ne me revendique pas de l'anarcho-pragmatisme - de ce que pourrait représenter une société émancipée et idéale. Si vous approuvez ce qui est écrit ci-bas, vous êtes peut-être, dans une certaine mesure, anarchiste. Si vous haussez les épaules en disant que ça ne vaut même pas la peine d'essayer, vous êtes peut-être cynique, ou déjà confortable.

Cette société idéale serait une société de don, de convivialité, d'empathie, d'agnosticisme, de décroissance économique, et de débat égalitaire. Pas de capitalisme d'État, ni de capitalisme de corporation, ni aucun autre capitalisme. Aucune règle sinon celles adoptées par des collectivités de population réduite et libre. Aucune propriété privée ni accumulation de "richesses", aucune richesse. La tomate pourrie serait comprise comme une tomate de moins, et la pollution comme facteur coercitif. Des cultures, certes, mais plus de nations, plus de gouvernements. Si quelqu'un veut mettre son pays en guerre, il devra prendre lui-même une arme et s'exposer au danger et à la haine de tous et toutes. La responsabilité. L'égalité. Le médecin ne serait plus un terminal ou un guichet automatique dispenseur de santé, mais un membre d'une communauté. Une médecine publique, mais non étatique. Le grand professeur et l'artiste seraient des voyageurs hébergés dans les maisons des mécènes du quotidien. La science n'aurait d'autre but que la science. L'art n'aurait pour but que l'art. Le savoir n'aurait pour but que le savoir. L'amour pour l'amour. Le travail pour le plaisir. Plus aucune notion d'utilité, en autant que chacun-e soit nourri-e, soigné-e, aimé-e. Chacun-e, même en ville, aurait son petit potager sur le toit d'un édifice ou dans la rue (désertée par les voitures), et les banlieues seraient transformées en grands jardins, remplis de bosquets hirsutes de fines herbes et de fleurs. Les insectes boufferaient tout mais on s'en câlisserait parce qu'on boufferait des insectes aussi.

J'encourage maintenant le lecteur ou la lectrice à mettre au jour ses désirs les plus profonds. Cet exercice est selon moi un moyen de lutte fondamental. La meilleure arme des dirigeant-e-s, c'est d'imposer des limites dans les cerveaux de leurs sujets. La prison est plus efficace si elle est intérieure que si elle est matérielle. Mais une fois les cages démolies, toute soumission perd son support.

mercredi 8 octobre 2008

La SPVM, bande de limaces galeuses.


Le mouvement Montréal-Nord Républik, qui réclame justice pour Freddy Villanueva, devait tenir une conférence au cégep Marie-Victorin, jeudi soir. Mais l'administration du cégep a décidé d'annuler de force l'évènement, allant jusqu'à arracher des tracts (faisant la promotion de la manifestation du 11 octobre) des mains des militant-e-s. C'est un cas de censure abjecte violant les libertés d'expression les plus élémentaires, étant donné, surtout, que Montréal-Nord Républik est un mouvement PACIFISTE, DÉMOCRATIQUE et LÉGAL.

Le cégep ne serait pas le responsable principal de cette atteinte à nos droits; la rumeur court que c'est suite à des pressions de la SPVM que l'administration aurait pris la décision de réprimer ses propres étudiant-e-s.

Un groupe de marxistes, Hors-d'Oeuvre, a commencé à distribuer un tract politique destiné aux jeunes de Montréal-Nord. Résultat: la police, vigilante, a arrêté les "suspects" et les a retenus au poste, interdisant dorénavant à quiconque de distribuer le tract en question.

La police et l'autorité en général réagissent de manière de plus en plus agressive à nos tentatives de rendre ce monde un peu moins invivable; devant leur violence, nous devons nous révolter avec toute la colère de nos poings et avec toute l'audace de nos voix. À quoi sert de voter quand nous avons des dents pour mordre?

Nashwan Abdullah, un jeune de 18 ans, a été blessé par balles, samedi dernier à Saint-Michel, pour avoir résisté violemment à son arrestation. Où était donc le fameux pistolet électrique sensé immobiliser les criminels dangereux? Dans la main d'un-e agent-e occupé-e à torturer un-e militant-e des droits de l'homme et de la femme?

Je dégueule sur vous, polices de tout acabit, ramassis de barbares, de racistes, d'imbéciles profonds, de meurtriers en puissance. Vos postes devraient être démantelés, vos autopatrouilles transformées en boîtes à fleurs et les simonaques de casquettes rouges de votre Fraternité à la con, le peuple que vous êtes sensés servir devrait vous forcer à les bouffer crues.

mardi 7 octobre 2008

Dominique Grange




Cette artiste de mai 68 était de passage à Montréal au cours de la fin de semaine dernière, pour présenter son oeuvre "N'effacez pas nos traces", avec Tardi. Christiane Charette l'a reçue en entrevue. Voici une bonne occasion pour vous de connaître un peu mieux cette compositrice engagée à l'origine de chants de protestation qui devaient devenir des classiques.

Dommage, cependant, que Radio-Canada ait été trop frileuse (ou dédaigneuse?) pour faire jouer plus qu'un extrait de "Grève Illimitée".



à écouter aussi:
À bas l'État policier
Chacun de vous est concerné
Les nouveaux partisans

Les moins de 25 ans éliraient un gouvernement néo-démocrate

Selon le sondage de Ekos, sorti le 6 octobre, les jeunes Canadien-ne-s de moins de 25 ans voteraient à 29% pour le NPD, contre 21% pour le Parti Conservateur, alors que les plus de 65 ans éliraient un gouvernement conservateur majoritaire.

Les femmes, quant à elles, éliraient, comme les hommes, un gouvernement conservateur (à 29%), mais avec seulement deux points d'écart des libéraux, soit à l'intérieur de la marge d'erreur. 38% des hommes voteraient pour le Parti Conservateur. Au Québec, les femmes seraient également plus nombreuses à voter pour le Bloc Québécois.

Et, bien entendu, les gens de la classe aisée sont plus nombreux à voter pour le Parti Conservateur.

dimanche 5 octobre 2008

"Des mots mêlants" (document sur la catéchèse)


Le document, reçu à Lachine, débute par une parabole. Je ne commenterai pas trop, c'est déjà assez drôle de même.

"Une famille vivait dans un pays infesté de voleurs et de bandits de toutes sortes. Pour protéger sa famille et sa maison, le père décida d'installer sur le toit quatre lampes de poche. [...] Un autre alla voir son Dieu [pour qu'il protège ses enfants]. "C'est bien, dit Dieu, je serai leur abri, leur protecteur. Je leur donnerai un 6e sens pour détecter le mal." [...] D'après toi, quels enfants de cette histoire sont les mieux protégés?"

On apprend plus tard que le pays infesté de voleurs et de bandits, c'est le nôtre. Les voleurs et les bandits sont les athées et les gens dépravés. Quant aux lampes de poche (comme si des lampes de poche allaient faire peur à des voleurs, bravo), ils représentent les cours d'éthique religieuse, qui aident le jeune à comprendre qu'il faut tolérer les autres, "avec son intelligence. [...] Mais cela ne change pas vraiment nos vies."

L'enfant qui ne suit pas les cours de catéchèse, dit-on plus loin, "ne deviendra jamais un fan de Jésus. Il pensera qu'il est né pour un petit pain, parce que personne ne lui dit combien il est beau intérieurement."

Dans le paragraphe suivant: "Plusieurs [jeunes de 15 à 20 ans] s'engagent à vivre dans la chasteté pour un an." (Moi, ce fut effectivement le cas de 15 à 20 ans, mais c'était pas suite à un engagement.)

Et finalement, voici deux passages que j'ai particulièrement adorés:

"Tu sais pourquoi un jeune prend de la drogue? Il cherche l'amour, il n'est pas satisfait des valeurs que lui offrent sa famille, son école. Au fond, il cherche l'absolu, il cherche Dieu."

"On leur donne des condons [sic] au lieu de leur révéler que leur corps est sacré."

mardi 30 septembre 2008

Le mouvement anti-Harper s'élargit à l'extérieur des partis.

Après le vidéo de Michel Rivard et de ses acolytes, un nouveau mouvement formé sur le web dénonce le gouvernement Harper, cette fois-ci non seulement au sujet de la culture, mais à partir de tous autres fronts possibles. Plusieurs personnalités culturelles et politiques ont enregistré un court message sous forme de vidéo pour expliquer leurs raisons de ne pas voter pour Harper. Vous pouvez jeter un coup d'oeil au concept ici. Le vidéo d'introduction est disponible sur Youtube .

mercredi 24 septembre 2008

Stephen Harper, notre chef.

La présence d'un « leader » fort est un des éléments clefs de la campagne conservatrice. Les élites sont persuadées qu’une société de gens instruits a encore besoin d’un chef qui soit surhumainement fort, qui soit un héros altier et un commandant féroce ; on a besoin, disent-elles, d’un chef à la poigne de fer. Le premier ministre, bref, doit être le plus fier, le plus brillant d’entre tous et toutes : c’est le principe de l’aristocratie (le préfixe « aristo » signifie « le meilleur ») élue au suffrage, mais une aristocratie quand même, qui, déjà initiée aux sphères du pouvoir, n’aura pas de difficulté à s’y maintenir.

La recherche d'un chef puissant, d'un commandant couillu n'est selon moi que le symptôme d'une peur irrationnelle ou d'un manque de sens des responsabilités. Que le chef soit imaginaire (la main magique du marché capitaliste, par exemple) ou réel, le fait d'être dirigé par un demi-dieu est rassurant pour une population qui n'a jamais fait autre chose qu'obéir.

Le discours de la recherche du chef est très présent dans les États-Nations. On cherche un chef qui mettra fin à la guerre civile et à la misère noire en Haïti, on cherche un chef qui réunifira les clans en Afghanistan, et ici, on cherche un nouveau René Lévesque qui régnera par consensus et qui se saignera en martyr de notre division. Ce messianisme est une maladie mentale courante dans notre société, et elle atteint même les politologues de gauche comme Josée Legault, qui à Christiane Charette le 11 janvier dernier, avait parlé du déplaisir qu'elle ressentait de ne pas voir l'avènement miraculeux au Québec et aux États-Unis d’UN seul Homme d’État, d’UN dirigeant charismatique qui allait tout régler.

Stephen Harper, en dénonçant la faiblesse de Dion comme leader, et en se présentant lui-même comme un premier ministre fort qui écarte de nous tout danger et tout progrès social, joue sur notre désordre psychologique pour gagner des points. Parce qu'il croit que ses sujet-te-s ont moins peur de la dictature que de la liberté.

Une amie m'a dit, l'autre jour, comment elle faisait pour empêcher son rat domestique de s'enfuir, quand elle en adoptait un: "Il faut pas que tu le fasses sortir à sa naissance, sinon il va foutre le camp. Laisse-le dans sa cage pendant les premiers mois, et tu vas voir, même si tu ouvres la porte après, il va avoir peur de sortir. Un moment donné, il s'essaiera un peu dans l'herbe, si tu lui apprends, mais il rentrera dans sa cage vite fait."

Louis Veuillot, journaliste ultramontain et ultraconservateur, écrivit au milieu du XIXe siècle le Droit du Seigneur, qui était une défense de l'intégrisme catholique. En prenant le parti du vrai monde, de qui il se disait un ami, il affirmait: "Nous autres, petites gens, qui avons besoin de chefs, nous devons respecter le grade, la position, l'autorité acquise." J'ai parfois l'impression que ce discours revient à la mode, par fragments.

vendredi 19 septembre 2008

Le passé trouble de Gilles Duceppe

Gilles Duceppe, cet homme pour qui je ne voterai pas, était communiste, dans sa jeunesse. Ce passé resurgit de plus en plus souvent; on se sert encore de la peur du rouge (dans le sens de marxiste) et du syndicaleux pour convaincre les gens de voter pour les Conservateurs, en considérant l'appui de Duceppe à la laïcité comme de l'intolérance face à une Église catholique ultramontaine qui tente de renaître de ses cendres, ou plutôt de ses excréments.

Or, Alain Dubuc, ce notable fasciste capitaliste, était aussi un militant socialiste et maoïste dans ses jeunes années. On ne fait pourtant jamais appel à son passé obscur. Peut-être parce qu'il est trop conforme à ce que l'élite conservatrice attend de lui.

Et pourquoi les nationalistes ne font-ils pas attention au passé de Stockwell Day et de Stephen Harper? Stockwell Day est aujourd'hui beaucoup plus discret qu'avant sur ses sympathies créationnistes, et Harper est un "ancien" francophobe notoire. Stephen Harper accuse Gilles Duceppe de s'attaquer à l'Église catholique, mais celle-ci est dirigée par un "ancien" des jeunesses hitlériennes, qui n'a déserté qu'une fois que l'Allemagne fut réellement battue.

Mais les nationalistes sont crédules.

Et les Conservateurs sont des démagogues. Ils utilisent, afin de convaincre un peuple servile, des expressions populistes et des concepts simplistes; mais en coulisses, leurs plans sont complexes et impitoyables. Ils s'attaquent aux artistes, aux pauvres, aux autochtones, aux minorités marginales pour permettre à LEUR minorité de rester au pouvoir et de nous écraser. Ils disent défendre les gens ordinaires et les familles contre le mépris des gens moins ordinaires et les sans-famille, essaient de nous faire croire que les laissés-pour-compte sont dangereux pour l'Ordre (cette notion effroyable), mais les seuls qu'ils ne méprisent pas, c'est eux-mêmes.

Mort aux rats.

Lawrence Cannon et le mépris des autochtones


L'équipe de Lawrence Cannon a finalement accepté de rencontrer des membres d'une communauté algonquine, au cours de la campagne, à condition qu'ils "se comportent bien, soient sobres et ne génèrent pas de problèmes". Pouvons-nous vraiment être surpris-e-s d'entendre de tels propos venant des Conservateurs, eux qui refusent même de signer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, une charte contre laquelle seulement 4 pays se sont prononcés?

Sommes-nous surpris d'entendre ces paroles racistes, quand Stephen Harper lui-même viole l'Accord de Kelowna, signé en 2005, et qui prévoyait à l'origine une aide précieuse aux autochtones (5oo millions par an pendant dix ans)?

À la fin de la marche du 13 septembre, organisée par un cercle d'autochtones de l'UQÀM, annoncée il y a quelques jours dans les Tribulations du Mouton Marron et appuyée non seulement par des regroupements autochtones, mais aussi par les mouvements étudiants (dont l'ASSÉ), un représentant des Premières Nations, un jeune, avait appelé à défaire le gouvernement conservateur. À ce sujet, les autochtones sont presques unanimes. Destituons les ségrégationnistes de leur poste de pouvoir. Et si possible, n'installons personne à leur place.

mardi 16 septembre 2008

Muslim Massacre

Je remercie tout d'abord Yahoo France d'avoir donné autant de visibilité à ce créateur amateur (raciste?), parce que ça m'aura permis d'écrire la première et dernière (j'espère) capsule jeu vidéo de ce blogue.

Ce jeu exceptionnel, bien réalisé, original, permet à tous les gens remplis de haine de passer leur colère et leur soif de violence sur des hommes barbus et des femmes voilées, dans des décors adaptés à l'expression des instincts les plus sadiques.

Le créateur de ce jeu, un Australien paraît-il, a créé un scénario amusant: un genre de Rambo doit sauver les USA de l'emprise des Musulmans, contre qui une guerre d'extermination a été déclarée par le président Bush. On peut voir, sur la petite image ci-dessus, à quel point sont jolies les petites taches écarlates laissées par le sang des victimes du GI en question.

Selon les médias, le créateur en question se serait excusé et aurait retiré le jeu du net hier, en appuyant sur sa valeur parodique; mais Yahoo France, ce réseau formidable, a eu la présence d'esprit d'ajouter à son article un lien parfaitement fonctionnel vers la page où on peut encore télécharger le jeu en toute quiétude et sécurité. Faisant déjà suffisamment de publicité pour ce crétin consommé en publiant un billet à ce sujet, je pense inutile de vous envoyer des liens supplémentaires.

L'introduction de ce programme est très bien réalisée, et c'est en fait la seule partie du jeu qui en vaille vraiment la peine. On peut y entendre des collages de discours du Président. On peut d'ailleurs se demander, du début à la fin de notre expérience visuelle et auditive, si le créateur blague ou pas. Notons aussi que c'est loin d'être le premier jeu ayant une forte teneur raciste ou xénophobe. Resident Evil avait reçu d'amère critiques il y a quelques années, et différentes versions de Counter Strike, adaptées par les USA et l'Iran, présentent des missions où on peut massacrer exclusivement du petit Blanc ou de l'Arabe, selon la préférence.

Muslim Massacre, de Sigvatr
Graphisme: 5/10
Jouabilité: 7/10
Coté DI: Destiné aux imbéciles.

samedi 13 septembre 2008

Baisse radicale de la fréquentation / Chavez - Morales - Bush

Il semble que depuis que j'ai ouvertement fait part de mon soutien à certaines idées anarchistes, la croissance des visiteurs et visiteuses s'est transformée en déclin soudain. Bien entendu, je n'ai pas créé ce blogue afin de me ploguer, mais quand même, si j'ai choqué les sensibilités ou déçu les espérances par mes derniers articles, du reste assez grossiers et irrespectueux (j'ai quand même traité les riches de gros tas, des anarchistes de charlatans, et j'ai appelé les gens à jeter des pierres aux politiciens) je m'en excuse.

Et si je me rends compte que malgré l'écriture de deux billets par semaine, je n'arrive pas à recevoir plus d'une visite par jour, je pense que ce blogue va prendre le bord assez vite. Parce qu'après tout, j'ai un mémoire de maîtrise à rédiger (ça vous glace le sang de savoir qu'on me laisse baver allègrement sur les pupitres des universités, non? Un goujat comme moi, en voie de devenir un véritable HISTORIEN - peut-être qu'un jour j'enseignerai à vos enfants...), j'ai l'écriture d'un roman et d'un recueil de nouvelles à terminer, une nouvelle langue à apprendre, etc. Je pense que je peux frapper bien plus fort, d'ailleurs, en publiant mes récits de fiction (mes recherches historiques n'ont pas de lien avec la politique, fort heureusement pour l'humanité) qu'en écrivant des textes de qualité assez réduite sur un blogue que personne ne vient voir.

Ou peut-être que je m'en fais pour rien, et que ce blogue manque simplement d'audace, de rigueur ou de publicité. Je gagnerais certainement en lui donnant un nom plus accrocheur (quelque chose comme "Fleur-de-lys" ou "fuck les BS parasites") et en choisissant des sujets plus facilement googelisables, comme parler de Stéphane Dion et de son alliance secrète avec le Parti Vert, mais je ne serais alors plus fidèle à mon approche anti-marketing qui, étonnament, ne s'était pas montrée tout à fait foireuse jusqu'à récemment.

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Les chefs d'État de plusieurs pays "socialistes" d'Amérique latine sont en conflit avec les États-Unis, et ont cru bon de s'allier stratégiquement avec les fascistes de la Russie. Bande d'inconscients! Le responsable du pourissement de la situation en Bolivie est sans doute le gouvernement américain, mais les conséquences d'un retour à la guerre froide risqueraient de faire crever seulement des innocent-e-s et d'épargner les coupables. De plus, le rapprochement avec la Russie pourrait empêcher toute personne rationnelle de prendre parti pour les victimes du terrorisme états-unien. Vivement un monde débarassé de toutes ces brutes, étatistes-populistes comme capitalistes, qui sont la cause de l'oppression et des guerres! Libérés de ces manipulateurs et de leurs discours pompeux sur la nation et sur le diable, plus jamais nous n'aurions l'imbécilité de voter pour notre propre mort, ou pour notre graduelle décomposition au fond des tranchées.

jeudi 11 septembre 2008

Piquetage contre la déportation des déserteurs

Juste avant la manifestation pour les droits des autochtones, samedi le 13 septembre à midi, tout le monde se réunit au Complexe Guy-Favreau à Montréal (200, boul. René Lévesque), pour dénoncer la déportation des déserteurs américains fuyant la guerre d'Irak. Ceux-ci, malgré la résolution prise l'an dernier en chambre, seront renvoyés aux États-Unis, où ils risqueront la prison. Harper a en effet décidé de défier les résolutions adoptées au Parlement et d'aller de l'avant dans ses initiatives dictatoriales, brimant ainsi les droits humains et la liberté de citoyens américains souhaitant seulement vivre en paix et ailleurs que dans un trou d'obus.

Pour plus d'informations: http://www.resisters.ca/index_en.html

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Le Mouton Marron invite tout le monde à participer à ces évènements et plus encore. Il appelle à la DESTITUTION de Stephen Harper, par tous les moyens possible, et cela avant, pendant ou après les élections. Les Conservateurs montrent de plus en plus leurs véritables couleurs: ce sont des fondamentalistes religieux de la même trempe que les dirigeants de l'Arabie Saoudite. Par les actions meutrières qu'ils cautionnent à travers le monde, leur action de censure au Canada, et leur répression ici même, ils font d'eux-mêmes des terroristes et des criminels. Chavirons-les.

lundi 8 septembre 2008

Évènements à venir

I. Le premier évènement à venir, c'est la manifestation du samedi 13 septembre, organisée par le Cercle des Premières Nations de l'UQÀM. La marche vise à inciter le gouvernement canadien à reconnaître la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, niée actuellement par notre cher Parlement fédéral. La manif commencera à 14h00, au Parc Émilie-Gamelin, station Berri-UQÀM, à Montréal.

II. Le 18 septembre, entre 17h30 et 19h, devant le 1420, Sainte-Catherine Ouest (Métro Guy-Concordia), il y aura du piquetage, une distribution de bouffe gratuite et une conférence antimilitariste (de l'ex-soldat Martin Petit) organisées par le collectif "Opération Objection". Celui-ci s'oppose à la propagande pro-recrutement du gouvernement canadien, qui incite les jeunes à s'engager dans les Forces armées, tout en leur cachant certaines informations.

III. Les élections sont déclenchées! Les pancartes reviennent salir nos villes! Chassons les députés de chez nous à coups de pieds dans le cul! Le Directeur Général des Élections aussi! Voici un petit paragraphe publié pour les dernières élections provinciales, sur un autre de mes blogues, dédié surtout à la poésie.

"J'aurais bien voulu faire mine d'ignorer cet exercice devenu insultant, (maintenant, au lieu de payer un roi quelques millions de piasses pour qu'il nous bastonne, on paie cent députés pour qu'ils hochent la tête sous la menace des financiers et pour qu'ils organisent notre esclavage), mais personne ne s'en serait rendu compte. Alors j'exprime mon dégoût et mon envie de dégueuler sur les papiers et les chèques de nos élus. Avant d'accomplir votre devoir de citoyen (scrutin rime avec putain), dites-vous, si vous tenez à votre aliénation, que la démocratie, selon les pères de la nation, se définit par un droit de vote fait à l'aveuglette. Moi, qui ne tiens pas à mon aliénation, je me dirai, après avoir voté (blanc ou noir), que ma démocratie naîtra dans un isoloir et se terminera dans les couilles de la première ordure venue, entre lesquelles j'aurai jeté un morceau d'asphalte décollé du pavé."

samedi 6 septembre 2008

Les hommes riches du Canada sont plus gros.

On nous colporte, dans la culture populaire, une certaine idée du pauvre: c'est un gros tas qui ne fait rien de sa journée. Or, Statistiques Canada, dans une étude sur l'obésité, affirme que les gros tas sont plus nombreux parmi les riches que parmi les gens des classes inférieures, surtout chez les hommes. Chez les femmes, c'est parmi la classe moyenne qu'on trouve le plus d'obèses. Nous vivons dans une société patriarcale qui en demande beaucoup aux femmes de l'élite, sur le plan de l'apparence.

Le mythe de l'assisté social obèse et grabataire tient moins bien dans mon esprit que celui de l'homme d'affaires, fumeur de cigare, chauffeur de voitures de golf, amorphe et mou.

(Maudit que je suis de mauvaise foi, quand même. Mais c'est tellement délicieux. Ha ha ha ha!)

mercredi 3 septembre 2008

Comment l'anarchie est-elle possible? - Parenthèse au sujet des libertariens.

Le terme "anarchie capitaliste" ne vaut pas, il va s'en dire, la moitié d'une tripe de cochon. (Martin Masse, qui se dit "libertarien" et "électron libre", fait partie de cette mouvance. Il parle souvent de la "liberté véritable", et l'oppose à celle des "parasites", c'est-à-dire les étrons libres comme moi. Il prétend que le laisser-aller économique finira par venir à bout de tous les totalitarismes, mais il ne s'oppose toutefois pas à la répression de l'État, des corporations et de leurs paramilitaires, qui marchent toujours main dans la main; il dit être un opposant au pouvoir établi, mais il est passé par les rangs du Reform Party dans les années 90; il a défendu l'étalement urbain et la voiture aux dépens de la vie civile; il est bref une bonne caricature de ce que représente un anarcho-capitaliste.) Les anarcho-capitalistes ne peuvent pas être considérés comme libertaires parce qu'ils ne reconnaissent pas le pouvoir coercitif de la propriété privée, et surtout du capital. Ils agissent devant leurs divines corporations un peu comme les Maoïstes devant la Chine communiste; ils ne reconnaissent pas leurs crimes, ou pire encore, félicitent la répression du droit de libre-expression et d'information. Citons par exemple Martin Masse, qui parle ici des SLAPPs (les procès contre la parole publique), pratique courante chez les capitalistes du Québec: "Les groupes écologistes qui se font poursuivre pour diffamation l'ont bien mérité." Son collègue, Marc Meunier, renchérissait: "Les entreprises s'autoréglementent toutes seules." Je vous renvoie à mon précédent article concernant les perles de ces bonzes du libertarianisme, d'ailleurs à peu près tous lancés en affaires. Considérant les lois économiques comme infaillibles, les désirs comme immuables, la plupart des anarcho-capitalistes ne peuvent se considérer vraiment comme anarchistes. Ce sont des intégristes, qui croient au dieu du libre-marché capitaliste*, et le veulent comme unique monarque. Selon eux, seul ce règne invisible leur permettra d'être libres. Or, ils n'hésitent pas à faire l'éloge de la coercition quand elle vise à protéger la propriété privée des fortuné-e-s ou des entreprises assassines.

Pourquoi certains capitalistes se réclament-ils donc de l'anarchisme? Les capitalistes ont toujours agi par syncrétisme. Sous la Monarchie de Juillet, les bourgeois avaient des places de premier rang; Ils avaient ainsi absorbé l'idéologie royale, même si celle-ci était théoriquement à l'inverse de leur pensée. Ailleurs dans le monde, les capitalistes ont prospéré dans presque toutes les dictatures, mêmes à l'intérieur de certaines prétendument communistes. C'est que, depuis l'Antiquité, le régime le plus populaire est resté la ploutocratie, qui peut s'installer peu importe le fonctionnement des élections et le type de représentation. Ainsi, il est naturel d'entendre les capitalistes appuyer une idéologie dite anarchiste, simplement parce que antiétatique. Mais il ne faut pas se fier à leur bonne foi. Ils ne sont pas près d'abandonner le pouvoir.

Le capitalisme ne peut se rapprocher de l'anarchisme. La spéculation est l'essence même du capitalisme; elle permet aux banquiers de faire de l'argent avec de l'argent. Or, quand un riche ou un groupe de riches vient à s'accaparer une ressource dans le but de la revendre plus cher, il acquiert un pouvoir potentiellement coercitif sur la population, si cette ressource est jugée essentielle. Il peut retenir la vente, faire cesser sporadiquement la production, provoquer des fluctuations dans les prix qu'il contrôle et qui l'avantagent. Il peut menacer les consommateurs et consommatrices sans crainte de tomber lui-même dans la pénurie. Il n’y a pas de libre-contrat possible entre un puissant et son sujet.

De plus, pour conserver une vaste accumulation de propriétés privées, il faut au minimum bâtir un système complexe de protections employant des salarié-e-s intégré-e-s dans une milice ou une police privée. Si la simple jouissance de la propriété privée du capitaliste n'est donc théoriquement pas, sauf en période de pénurie, une démonstration violente de pouvoir, le fait de posséder une armée, et la reproduction à petite échelle des structures répressives de l'État, eux, seraient des démonstrations violentes de pouvoir.

Un capitaliste, dans un système aux structures étatiques abolies, ne peut prêter de l'argent sans compter brimer la liberté d'autrui pour des raisons punitives. La répression de la loi de l'État est actuellement un des principaux facteurs qui pousse les gens à rembourser leurs dettes. Comment, sans elle, les capitalistes parviendraient-ils à maintenir le mode de fonctionnement de leurs finances? Sans doute à l'aide d'une force de répression corporative dont l'armature reproduirait celle de l'État.

Bref, les anarcho-capitalistes utilisent incorrectement le terme « liberté », comme le terme « anarchisme »; le modèle qu’ils proposent et dont les paramètres sont tous déjà réglés à l’avance (comme si tout allait nécessairement bien se dérouler en suivant à la lettre LEURS directives) ne saurait nous émanciper, ni nous valoriser; il serait la ligature de l’expression, la castration de l’individu, et l’abdication de la raison et de la compassion face à la loi de l’offre et de la demande. Il n'y aurait nul endroit où se réfugier, sauf peut-être dans le consumérisme le plus absurde (prions pour qu'il soit d'ailleurs encore accessible, dans ces conditions, à plus de 1% de la population).

Pour un autre avis anarchiste (plus complet et érudit, surtout) sur la question.

*Il existe de nombreuses définitions du marché et du libre-marché. On parle spécifiquement du marché capitaliste ici. La précision n’a pas été ajoutée pour rien. J’élaborerai une autre fois là-dessus, parce que ce sujet est un bourbier et que ça m’écoeure.

samedi 30 août 2008

Comment l'anarchie est-elle possible? (Introduction)

J'écrirai cette série de textes essentiellement pour répondre à ceux et celles qui pensent le projet peu réaliste. La crainte vient surtout de la gauche social-démocrate, essentiellement nationaliste. Quant à une certaine droite, elle croit pouvoir profiter, du moins à moyen terme, de l'abolition de l'État. Nous verrons donc dans les prochains jours/semaines pourquoi je crois qu'elle se trompe.

Peu importe ce qu'en penseront les théoriciens marxistes ou chomskyistes, j'ose interpréter sémantiquement le terme "anarchie": a(n), en grec, signifie "absence de" et archè "commandement", ou "pouvoir". Cette simple définition est suffisante pour décrire l'état dans lequel vit une société anarchiste. Imposer avec certitude toute précision supplémentaire, c'est de la masturbation intellectuelle contraire, justement, à l'idée de l'anarchisme: c'est lui imposer des paramètres et des dogmes, alors qu'elle se doit d'être libre. Au plus, nous pouvons proposer ou imaginer des modèles de société anarchiste, ou en écarter quelques autres, sans marcher sur la gueule des gens qui ne souhaitent pas marcher sur la nôtre, comme le font, je dirais, presque la moitié des individus se décrivant comme "anarchistes". Ces derniers, prêchant la liberté mais agissant parfois en véritables dictateurs, ne valent pas mieux qu’un Pape qui parle de l'amour du prochain tout en massacrant ses fidèles.

Le premier texte de cette série, je vous l'annonce tout de suite, critiquera le point de vue des ploutocrates se prétendant anarchistes.

lundi 25 août 2008

L'avortement

La loi C-484 n'est pas encore défaite.

Je remets en cause, souvent, les stratégies des pro-avortements, qui font des amalgames entre la lutte des anti-choix et leur racisme. La stratégie de l'organisation Avortons leur Congrès m'avait apparue peu à propos, car elle accusait des groupes à tort et à travers, tout en optant pour un nom de très mauvais goût. Une partie de l'argumentation de certains groupes me semble aussi profondément ridicule et inepte; j'y reviendrai peut-être dans un autre billet dédié spécifiquement au mouvement féminisme ou pro-choix en général.

Cependant, je crois, comme les autres pro-choix, que le gouvernement Harper met en danger le droit à l'avortement avec ces brillantes manipulations législatives. (Voici un site web pouvant vous renseigner là-dessus. On y fait souvent référence ailleurs, mais toutes les pages pro-avortement québécoises sur lesquelles j'ai l'habitude d'aller me sont actuellement inaccessibles. Si vous parvenez à accéder à ces pages, bien vouloir m'en informer, s.v.p., pour que je puisse changer de fournisseur Internet).

Je me risquerai à deux réflexions: tout d'abord, je pense que le gouvernement, au lieu d'être obsédé par les enfants à naître, devrait commencer par s'occuper des enfants qui sont nés, par la lutte contre la pauvreté, qui fait de plus en plus défaut de nos jours; et ensuite, afin de rester cohérent idéologiquement, punir comme assassines les entreprises qui provoquent massivement des fausses couches et déformations à la naissance, par leurs agressions psychologiques commises contre leurs travailleuses enceintes, par leur pollution systématique de l'environnement de travail et de l'environnement en général. Les véritables chiens sont incorporés.

Le gouvernement sait très bien qu'une loi interdisant l'avortement ne réduirait pas même sensiblement le taux de grossesses interrompues. C'est par idéologie qu'il s'obstine à défendre des réformes qui ne mèneront à rien. Heureusement pour lui, les citoyens et citoyennes semblent trop enfermé-e-s dans leur petit monde consumériste pour se rendre compte de quoi que ce soit.

lundi 18 août 2008

Des médecins sont contre la privatisation

Ils et elles ne sont pas tous de cet avis, car beaucoup profitent de la commercialisation de la santé et de leur nouveau statut de femmes et hommes d'affaires. Mais certains placent l'intérêt de leurs patient-e-s avant leurs intérêts matériels.

On sait qu'il y a grossièrement deux manières d'agir au cours d'une pénurie: soit on rationne le bien devenu trop rare et qu'on le distribue équitablement entre membres d'une communauté, soit on laisse la spéculation agir jusqu'à ce que la crise passe. Conserver un système public seulement, comme le veulent les médecins de Médecins québécois pour le régime public, entre dans une logique de rationnement. On sait que les médecins sont trop rares pour faire face à la demande, alors on choisit les patient-e-s de manière pragmatique afin de pouvoir maximiser le service; c'est le même principe qu'une économie de guerre. Les médecins et banquiers en faveur de la privatisation de la santé (ici, il s'agit véritablement de capitalisation de la santé, et non seulement de privatisation) comptent au contraire sur la spéculation qu'entraîne la rareté pour maximiser leurs revenus. (Mais ça, tout le monde le sait, bien que certains droitistes parviennent à prétendre que c'est pour le bien du peuple qu'on privatise les hôpitaux.) Dans une telle situation de vente aux enchères des soins de santé, (il y en aura pas pour tout le monde) des chirurgies esthétiques à la glotte peuvent passer avant le traitement du cancer.

Il y a un second problème à cette pénurie: c'est qu'elle dure. Les corporations de médecins ont bien accepté d'ouvrir un peu les veines et d'augmenter les admissions dans les universités, mais c'est loin d'être suffisant. La solution se trouve, d'après moi, dans la destruction du statut social des médecins et dans l'anéantissement de leur caractère névralgique. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article. En attendant, ne croyez pas que je veuille retirer aux médecins leur mérite.

La FTQ, d'autres syndicats et quelques organismes communautaires mènent actuellement une campagne très tiède pour la conservation du système de santé public. Vous pouvez signer une pétition ici, et une autre . Le Mouton Marron préfère encore suivre de loin les brutes syndicales que les chèvres à cravates, car si leur coeur parle rude et étatiquement, au moins c'est leur coeur qui parle.

Cependant, je crois que les hôpitaux devraient être gérés par les citoyen-ne-s des communautés réuni-e-s en assemblées, et non pas par des patron-ne-s actionnaires, ni par des bureaucrates. L'hôpital doit être un lieu humain, ouvert et polyvalent, et non pas un bureau de relations publiques ou une usine. Il ne doit jamais s'y faire de transaction bancaire, car l'argent lui-même est une plaie.

mardi 12 août 2008

Accrochage sur les plaines entre activistes et militaristes

Des membres antimilitaristes des groupes "Opération Objection", "Guerre à la guerre" et "Bleuets pour la paix" se sont réunis, dimanche dernier, pour dénoncer le financement, par le ministère de la défense canadien, des cadets de l'Air. Ces derniers s'étaient mis en rang pour accueillir le descendant de Charles Lindbergh, à Québec. Les militant-e-s, une quinzaine, ont perturbé l'évènement avant d'être menacé-e-s par des parents en colère, qui étaient fiers de leurs apprentis militaires.

Je vous suggère de lire cet article du Devoir pour vous renseigner davantage sur le but de l'évènement organisé dans le cadre du 400e anniversaire de Québec.

Devant les prostestations des activistes, un gros type, entre autres, aurait menacé d'agression deux jeunes femmes dont nous ne publierons pas ici le nom. Soit dit en passant, les Cadets, qui sont mis en contact avec la culture belliqueuse par des exercices militaires, des conférences militaristes et par des cours de tir à l'arme à feu, ont entre 12 et 17 ans. C'est la petite école du crime contre l'humanité.

Note: Le même article, publié sur CMAQ, renvoie à ce blogue en raison de la présence de liens fonctionnels. Les activistes du Mouton Marron ne comptent malheureusement pas parmi les organisateurs et organisatrices de l'évènement.

lundi 11 août 2008

Meurtre perpétré par des policiers.

Le Mouton Marron réclame justice pour Freddy Villanueva! La prison, qu'on impose aux petits criminels de toute sorte, est toujours épargnée aux assassins qui brandissent les lois.

L'émeute d'hier n'était que la conséquence inévitable des mensonges répétés et des exactions policières. Certains y voient la réponse des gangs de rue vis-à-vis l'action des autorités; moi j'y vois la réponse de l'indigence (40% des ménages de Montréal-Nord vivent sous le seuil de pauvreté) à l'oppression policière (40 personnes tuées à Montréal en 20 ans).

Il n'y a pas d'émeutes quand une descente de police provoque la saisie de 100 kilos de cocaïne, il n'y en a pas non plus quand des pimps sont arrêtés. Il y en a quand des jeunes sont tués par des brutes. C'est la police qui crée les émeutes par son oppression; elle doit apprendre la prudence ou disparaître dans le chaos et la violence, ce que moi-même je ne souhaite pas (je souhaite qu'elle disparaisse dans d'autres conditions).

J'espère que le meurtre de Freddy Villanueva sonnera des cloches aux plus modéré-e-s parmi nous, qui doivent comprendre que non, la police n'est pas là pour protéger notre intégrité; elle suit un intérêt qui lui est propre, elle est un lobby, et elle a des armes.

samedi 2 août 2008

La social-démocratie et les riches.


La social-démocratie, décrite comme étant un système parlementaire capitaliste et répartiteur de richesses, est une manière, pour les puissants, de mieux parvenir à leurs fins. Les leaders sociaux-démocrates sont des égoïstes éclairés: ils savent que donner une pause au bon moment aux ouvriers et ouvrières augmente leur productivité, de même qu'ils savent que garantir leur santé assure leur constance. Ils ont donc bâti un savant filet social dont les garanteurs sont la plupart du temps la masse elle-même (regroupant les plus basses couches sociales à la petite bourgeoisie, constituée de castes professionnelles). Cette masse, c’est celle qu'ils exploitent; eux ne payent que peu ou pas d'impôts et de taxes, ou quand ils en payent, c'est qu'ils peuvent augmenter leur salaire en conséquence afin de continuer à nager dans l'opulence.

La social-démocratie, c'est encore et toujours un système à deux vitesses: les ultrariches, surtout les entrepreneurs pouvant faire endosser leurs goûts du luxe par leur compagnie (et ainsi bénéficier d'une remise d'impôts), conservent les privilèges de l'Ancien Régime grâce aux paradis fiscaux... et sont donc partiellement exemptés des ponctions fiscales dont ne peuvent s'évader facilement les indigents eux-mêmes. Bref, les riches garantissent le strict minimum aux citoyens et citoyennes en vue de se garantir à eux-mêmes le strict maximum. Il en va de même pour le nouveau système de santé mixte que l'on veut imposer à la population. Les dirigeants ont en effet commis l'irréparable dans les années soixante, en instaurant un système entièrement public: il ont brûlé leurs chances de bénéficier d'un meilleur traitement que les pauvres. La semi-privatisation leur permet à nouveau de se faire soigner plus rapidement, sans pour autant trop endommager, à court terme, le bétail humain qui trime à les enrichir.

Certaines personnes tentent de me faire croire que la venue du système de santé mixte, au Québec, signifie la vidange de la social-démocratie; en ce qui me concerne, je crois plutôt que c'en est le comble.

Mise en garde contre la soi-disant innovation

Mario Dumont défend, depuis plusieurs années, l'autonomisme provincial, déclarant à qui veut l'entendre que l'idée est de lui, alors que ce courant de pensée était déjà présent sous Honoré Mercier à la fin du XIXe siècle (Linteau, Durocher, Robert :Histoire du Québec contemporain, p. 322). Les libéraux trouvent une nouvelle recette miracle dans les PPP et la sous-traitance, alors que ces processus dépassés datent de l'Ancien Régime. Les entreprises pharmaceutiques nous proposent des pilules miracles qui sont en fait des extraits végétaux utilisés depuis 2000 ans dans toute chaumière commune.

Il faut se méfier des libéraux et des capitalistes qui parlent d'innovation. Ce n'est souvent qu'un vernis cachant quelque chose de pourri. Lucien Bouchard, Joseph Facal et les autres politiciens grabataires ayant signé le manifeste Pour un Québec lucide (en voici un bon résumé, truffé de sous-entendus, écrit un an plus tard) parlaient d'innovations et de "révolution": derrière ces beaux mots, il n'y avait en fait qu'une restructuration néolibérale du Québec, une restructuration ayant pour modèle le système du début du XXe siècle. Mieux, ici on utilise le lustre de la "nouveauté" pour faire avaler à la population des réformes dont elle ne veut pas. La voyant récalcitrante à vouloir retourner en arrière, les bonzes du capitalisme sauvage s'écrient donc: "Les Québécois sont réfractaires au changement!" alors qu'on leur propose de redevenir encore plus esclaves non pas du chacun-pour-soi, mais bien du chacun-pour-les-millionnaires.

Il faut se méfier du discours sur l'innovation des bourgeois, parce que ce sont eux qui sont au pouvoir, et pas nous; comme le prisonnier doit s'inquiéter d'un nouvel instrument de torture acquis par ses bourreaux, les petites gens doivent rester sceptiques devant ces nouveautés qui ne sont finalement que de vieux joujoux réhabilités destinés aux riches.

***

Ces jeunes créateurs de richesse de la Commission Jeunesse du PLQ viennent de passer une résolution afin de faire tripler les frais de scolarité au Québec. La CJ-PLQ compterait pour 33% des voix du Parti Libéral. Si vous habitez près de Sherbrooke, il vous reste encore un jour pour vous exprimer devant les congressistes réunis en fin de semaine.

lundi 21 juillet 2008

L'indépendance du Québec (2)

Les Québécois-e-s sont victimes de trois principaux impérialismes étatiques: celui du voisin états-unien, protectionniste, qui punit les producteurs étrangers quand ceux-ci ne suivent pas leurs directives; celui du Canada, qui cherche à écraser le mouvement d'affirmation nationale tout en retirant les leviers économiques et politiques du Québec en le rendant dépendant du reste des provinces de la confédération; et finalement, celui du Québec lui-même, qui écrase ses citoyen-ne-s par une répression sauvage, brutale, qui liquide les résultats des pressions sociales et des grands projets menés au cours des cinquante dernières années, et qui surtout reste silencieux et sardonique face au désoeuvrement.

Les mouvements nationalistes québécois ont l'habitude de mettre de côté ce dernier impérialisme, l'opposant plutôt au fumeux concept "d'autodétermination des peuples". Cependant, si je ne veux plus être dirigé par des étrangers, je ne veux pas non plus être dirigé par les miens; je ne veux en vérité être dirigé par personne. Car de toute façon, les tyrans sont les mêmes partout.

Conséquences positives d'une hypothétique séparation

Je crois tout de même que la séparation du Québec constituerait un progrès. Au-delà de tous les scénarios-catastrophes qu'on pourrait évoquer, il y aurait à une déclaration d'indépendance des avantages considérables.

La médisance

Tout d'abord, les médias anglophones cesseraient de nous considérer comme des sous-êtres. Les journaux tels que le Toronto Star, le Globe and Mail, etc. ont fortement tendance à considérer les habitant-e-s francophones du Québec comme racialement racistes et arriéré-e-s.
Des actes de boycott des commerces franco-canadiens sont aussi organisés par de flamboyants néo-nazis sans qu'une communauté-soeur (dixit: le Québec) puisse actuellement intervenir. Si le Québec était un pays indépendant, de tels actes de dénigrement passeraient pour des accidents diplomatiques graves; le rapport de force, inexistant pour l'instant, s'établirait de facto entre les orangistes en colère et les minorités francophones du Canada, pour peu que la nouvelle république s'intéresse à elles.

La nation

Le problème de la nation, réglé une fois pour toutes, nous permettrait de passer à autre chose. En effet, cette question permet au PQ de vampiriser la gauche québécoise en la forçant à des compromis ridicules en échange de belles paroles (de plus en plus rares, d'ailleurs) sur la souveraineté. Plusieurs anarchistes se perdent d'ailleurs en chemin au cours de leurs pérégrinations, obnubilé-e-s par la liberté qu'ils et elles croient pouvoir s'incarner à travers le vieux rêve des Baby-Boomers.

Le pouvoir et la politique


L'indépendance rapprocherait le pouvoir des 7 millions d'habitant-e-s peuplant la province. Le gouvernement canadien, régnant sur un territoire trop étendu mentalement et territorialement, doit gérer les intérêts contradictoires d'une population variée. Or, le compromis n'est bon pour personne, sauf pour les ploutocrates, qui aiment diviser pour régner.

Un référendum gagnant ferait se cesser la désaffection des citoyen-ne-s envers la politique du pays. Le Québec verrait certainement survenir une gigantesque phase d'ébullition, ce qui renforcerait le dialogue et inciterait les gens à réfléchir davantage sur le monde dans lequel ils voudraient habiter. Il serait sans doute alors plus facile, pour au moins une décennie, d'organiser des évènements politiques ou symboliques. La petite gauche et les libertaires pourraient tirer profit de cette agitation culturelle et sociale pour marquer d'importants points.

Le changement

Par ailleurs, n'ayant pas à traîner derrière eux et elles ce boulet qu'est le Canada-anglais (sans vouloir vexer mes camarades anglophones), les Québécois-e-s pourraient mieux élaborer leur projet de société sans pour autant rencontrer autant d'opposition, ni de la part d'un aussi large pan de population rétrograde à certaines idées, ni de la part d'une police bien établie (sans le Canada, pas de GRC et d'armée pour nous taper sur la gueule!). Le changement social pourrait être accéléré par ce facteur.

Les autochtones

L'indépendance pourrait jouer en faveur des autochtones, car elle ne se ferait pas sans eux. Ceux-ci ont joué un rôle de premier plan au cours du premier et du second référendum. Québec devrait à tout prix acheter leur accord par des concessions importantes, qui réduiraient sans doute leur situation de misère et contribuerait à leur autonomie.

Conclusion

L'indépendance du Québec pourrait donc être bénéfique à court terme et sur le plan des relations internes si elle se faisait dans le calme et avec l'aide d'une population éveillée. Je n'encouragerais pas mes camarades moutons à en faire la promotion (car l'indépendance du Québec n'est pas notre but), mais je leur recommenderais de ne pas considérer l'option avec trop de dégoût. J'en suspecte quelques-un-e-s d'ailleurs de chercher à s'en exorciser comme si c'était une simple réminiscence de leur passé de péquiste capitaliste.

vendredi 18 juillet 2008

Nouvelle coiffure.

Marcel coiffait déjà mon grand-père, mon père et tous mes oncles il y a 45 ans. Je vais peut-être là-bas une fois aux quatre ans (j'ai déménagé et changé de salon de coiffure depuis plus de dix ans), et à chaque coup de ciseaux, anxieux, j'agrippe le bord de ma chaise, voyant tomber par terre d'énormes mottes de cheveux comme si c'était de la vulgaire tourbe.

J'y suis retourné l'autre jour, pour voir comment il s'en tirait. Voici à peu près ce qu'il a répondu à mes questions:

"Je me suis fait une bonne clientèle avec les années, c'est pas trop mal. J'ai commencé à quatorze ans, alors tu devines que j'ai eu le temps de me faire une réputation.

"Mais depuis une quinzaine d'années, c'est difficile de vivre de la coiffure. La ministre Marois est passée par icitte et elle a déréglementé la profession. Pour créer de l'emploi, qu'a disait. Avant, il te fallait trois années de pratique ou de formation pour avoir la permission d'ouvrir un salon de coiffure. Maintenant, n'importe qui peut devenir coiffeur. C'est pour ça qu'y a des salons à chaque coin de rue. Les nouveaux ont de beaux salons, avec des belles tables en mélanine et des lumières fashion. Ils font du marketing, pas de la coiffure."

Il termina en disant:

"En tout cas, c'est pas moé qui votera pour le PQ aux prochaines élections."

Moi non plus. Pour une fois, je me suis contenté de dire ça sans élaborer.

mardi 8 juillet 2008

L'indépendance du Québec (première partie)

Je compte dédier mes prochaines chroniques à l'indépendance du Québec. J'entame ce sujet avec une parenthèse autobiographique.

Je ne veux pas faire le procès du regroupement pour le oui et de celui pour le non, mais il semble bien que les scandales de financement et les manipulations légales font de ce référendum une farce. Les souverainistes prétendent qu'on leur a volé leur pays (lire Robin Philpot); peut-être avec raison, mais on accuse les gens du oui d'avoir également commis des fraudes pour mousser les résultats... l'histoire arrivera peut-être à un consensus d'interprétation là-dessus dans quarante ou cinquante ans, quand de nouvelles informations seront disponibles aux archives, ou bien encore quand ce consensus sera imposé par les puissants.

J'avais neuf ans à l'époque, mais j'étais déjà un fervent souverainiste, comme toute ma famille: je criais "Vive le Québec libre" partout, brandissais naïvement un fleurdelisé ou me drapais dedans (le tissu était doux).

Dix ans plus tard, ayant rencontré une néo-felquiste aveuglée par un fanatisme débile qui lui faisait nier des évidences, je me suis rendu compte que j'avais tort de me décrire comme un nationaliste; j'ai compris que je ne vénérais jamais les symboles de la nation pour eux-mêmes. Le fleurdelisé monté sur un mat me rappelait invariablement le vent et l'odeur de la mer, avec toutes ces gouttelettes qui crépitaient sur mon visage quand les vagues explosaient contre un cap, en Gaspésie. Le harfang des neiges était gracieux et me rappelait mes escapades en hiver; le « Gens du Pays » de Vigneault me ramenait à mon contexte familial, celui de l’anniversaire de quelqu’un-e, et d’un gâteau immense qu’on avait l’habitude de cuisiner ensemble. J’étais manipulé par mes souvenirs heureux, que j’identifiais de manière erronée aux avatars de l’État québécois. Le vieux piège de la publicité. Je voulais du Québec comme je voulais du Mcdo.

Aujourd’hui, quand quelqu’un me montre un fleuve, une vallée immense, des collines, une forêt de conifères, je ne m’exclame plus « C’est le Québec! », mais bien « C’est un fleuve, une vallée immense, des collines, une forêt de conifères. »

jeudi 3 juillet 2008

Entendu à l'Institut Fraser (2)

Séance du 26 janvier 2008

Dans l'atelier de discussion qui a suivi la conférence de Nadeem Esmail, sur la privatisation des services de santé, l'animateur a parlé sans arrêt, sans demander l'avis des participant-e-s et sans prendre les tours de parole. Nous avons aussi eu droit à cette remarque d'un jeune, visiblement libéral: "Moi, je m'en câlice si t'es malade." Délicieux à entendre.

Marc Simard, l'auteur des Éteignoirs, prétend :

"Être de droite, les journalistes disent que c'est être contre la parole citoyenne."

"Mon livre est le meilleur manuel potentiel sur le plan du contenu, sur le plan pédagogique, mais il a le malheur de n'être pas de gauche." (Parlant de la possibilité d'imposer son livre comme lecture obligatoire à tous les étudiant-e-s du cégep. D'une grande humilité, l'homme.)

"Le Québec aime se penser à l'avant-garde et montrer le chemin aux autres nations arriérées de l'Amérique du Nord."

"Les gens de droite ne peuvent que chuchoter leurs opinions."

"Les bas frais de scolarité, c'est pour payer les futurs riches."

"J'ai pas les moyens de faire du Raft sur la rivière Rupert" (dit ce prof de cégep à 80 000$ par an).

"Être de droite est infâmant. Le discours de gauche est hégémonique."

Dans l'atelier qui suit, on fait preuve de beaucoup de mépris et de paternalisme face à la population. Un jeune homme à la mode déclare: "Il faut s'asseoir avec les gens et leur expliquer en quoi les projets sont bénéfiques." Ce à quoi un mouton marron répond: "Pourquoi ne pas plutôt s'asseoir et demander aux gens de nous expliquer ce qu'ils veulent?" Le premier: "Les gens... (confusion) Presque personne a un bacc. Ils sont pas éduqués!"

Un jeune militant du Parti Libéral du Québec fait la synthèse de sa pensée: "Il faut qu'un gouvernement ait la volonté de faire les choses qui s'imposent, malgré les réticences. Quand c'est fait, les choses passent mieux, il n'y a plus d'opposition."
(Note: Au moment de terminer sa phrase, il arbora une expression diabolique qui me fit vraiment peur. )

Germain Belzile prononce une conférence sur la menace de la Chine. "Quand les journalistes du NY Times sont retournés au Bangladesh pour voir ce qui était arrivé aux enfants qui ne travaillaient plus suite à la campagne de boycott [de Wal-Mart], ils se sont rendu compte que la plupart étaient morts, après s'être livrés à la prostitution."

"Le grand public ne comprend pas."

Durant l'atelier qui suit, Marc Simard, enseignant en histoire et toujours auteur des Éteignoirs, raconte: "Le système [des enclosures] a été la cause de la mort de plusieurs personnes, de l'expropriation et de l'urbanisation forcée de la population. [...] Il faut accepter le changement, malgré ces sacrifices. [...] Il y a eu des morts, mais c'était pour des changements."

Belzile, dans le même atelier:

"Parmi les 25 pays les plus riches, il n'y a que des démocraties, sauf un État. Et tous les pays qui ont adopté le capitalisme sont devenus démocratiques."

"La corruption étouffe la croissance."

Répondant à quelqu'un qui disait que la croissance infinie était impossible si les ressources étaient limitées: "Il n'y a jamais eu de pénurie de ressources primaires, dans toute l'Histoire. Il y a toujours eu du monde pour avoir peur de ça, mais c'est jamais arrivé." (Note: c'est déjà arrivé.)

samedi 28 juin 2008

Suicidez-vous ailleurs!

La STM reste silencieuse quant au phénomène du suicide dans les rampes de métro à Montréal, afin d'éviter de faire de la publicité. Deux tentatives ont lieu par mois en moyenne, environ; 129 ont été couronnées de succès entre 1986 et 1996.

Ces suicides sont de véritables nuisances pour l'humanité. Si la STM n'est pas en mesure de les empêcher physiquement, et que les psychologues en sont incapables thérapeutiquement, qu'on enlève donc les clôtures à suicide sur le pont Jacques-Cartier et qu'on y installe un tremplin.

La société doit cesser d'être hypocrite. C'est elle qui cause ces suicides à répétition qui font chier tout le monde pendant des heures. Le suicide, conséquence ultime d'une maladie mentale souvent causée par une culture consumériste pourrie et des pressions sociales impossibles à assumer, est aussi une manière pour la société de se débarrasser de ses parasites.

Que les autorités cessent donc de promouvoir leur simulâcre de vertu, et qu'elles cessent de prétendre vouloir aider les gens dépressifs, sans jamais s'attaquer à la racine du problème! Qu'elles poussent donc les ostracisé-e-s à se tuer, et surtout se tuer ailleurs qu'à la station Berri-UQÀM. Des travailleurs en maudit d'arriver chez eux après deux heures d'attente, et qui restent en maudit jusqu'au lendemain, ça réduit la productivité...

mercredi 25 juin 2008

You don't have to be Jewish to eat Kosher!

Je reviens tout juste du centre commercial Wilderton, situé entre le quartier Côte-Des-Neiges et Outremont.

Alors que je flânais devant une charcuterie-boulangerie, observant une affiche sur laquelle on pouvait lire "You don't have to be Jewish to eat Bagles" et y voir un Inuit très souriant, un homme de peau blanche, blond et mal rasé, dans la fin vingtaine, est sorti du fond du magasin. Il avait un visage assez long, en triangle renversé, un nez aquilin et les yeux clairs. Il m'a abordé en anglais, ôtant ses grosses lunettes de soleil. "Get out, fucking Frenchie". Il continua ensuite de m'insulter en anglais, me sommant de partir et de ne pas revenir. Je fis mine de ne pas comprendre, alors il traduisit: "Barre-toi, le francophone! Ne reste pas devant moi." Je lui répondis que je ne faisais que regarder les prix dans la vitrine et lui demandai ce qu'il me reprochait. "Vous abandonnez les immigrants. Je ne veux pas voir de francophones ici." J'objectai que ce serait difficile de se débarasser des francos, étant donné qu'il y en a plus d'un million dans le boutte. Ensuite, il me dit de partir, me menaçant de me frapper si je restais là. J'ai alors regardé dans ses mains: il portait un sac de petits gâteaux. Très efflanqué, grand mais peu costaud et de toute évidence pas armé, il n'avait pas l'air très dangereux. Je lui demandai d'élaborer, mais il se contenta de me dire que j'avais peur, que je bégayais et que je tremblais devant lui (c'est vrai, je tremblais de rage, les poings serrés) et qu'il me jurait qu'il allait me frapper si je ne me "barrais" pas.

À ce moment-là, un homme dans la soixantaine avancée s'approcha. L'autre a alors déguerpi en beuglant. Je discutai un peu avec le vieux, qui m'aida à me calmer. Très gentille intervention, quoiqu'elle ait mis fin au dialogue entâmé entre moi et le raciste. J'avais l'intention de l'inviter à prendre un café pour parler de ça tranquillement.

Je me demande si cet évènement n'est pas en lien avec le mauvais traitement qu'on fait de la question identitaire au Québec, dans les médias anglophones. Je veux dire: les Québécois-es ne sont pas pires que les autres. J'aurais même tendance à dire que de traiter les Québécois-es de racistes est peut-être une façon, pour les Canadians, de cacher au reste du monde leur propre xénophobie, qui est par ailleurs beaucoup plus intense que celle des Québécois-es, en de nombreux endroits. D'ordinaire, je n'aurais rien à foutre des dépêches qui nous décrivent presque racialement comme des nazis, mais maintenant que je sens mon intégrité physique menacée (ce con aurait quand même pu me faire mal ou provoquer une bagarre qui m'aurait amenée chez les boeufs), je commence à me poser de sérieuses questions.

Sinon, qu'est-ce qui aurait pu causer cet éclat de haine soudain? L'omniprésence du fleurdelisé (ce symbole de l'abominable question nationale), hier à la Saint-Jean? Ou était-ce la réponse à une agression du même type, qu'aurait vécu l'intimidateur en question?