mardi 18 août 2009

Le smog

Ça devient intolérable de vivre à Montréal pendant une partie de l'été à cause de ça. Montréal est d'ailleurs une ville dans laquelle je me suis récemment promis de ne pas élever d'enfants.

Je me souviens, quand j'étais plus jeune­, je me disais que la situation serait réellement désespérée quand le smog atteindrait jusqu'au bout de campagne dans lequel j'ai passé mon enfance, Saint-Christophe d'Arthabaska.

...

Le smog a envahi le ciel du hameau de petites maisons rurales et de fermes pour la première fois il y a maintenant deux ans.

lundi 10 août 2009

Manif en soutien à Freddy Villanueva

Je n'étais encore jamais passé dans ce secteur de Montréal-Nord et j'ai été bouleversé par l'incroyable exotisme de la place. Je sais pas pourquoi. C'est pourtant un peu comme ça que je me suis toujours figuré mon chez-moi imaginaire. Des familles cordées sur les balcons des énormes blocs rectangulaires de HLM. Des femmes immenses fumant la cigarette en nous regardant passer, appuyées à moitié sur leur canne et à moitié sur la rambarde. Une femme blonde et tatouée à la voix rauque qui disait avoir fumé des joints avec Freddy. Les gens qui se joignaient graduellement à nous et ceux qui nous encourageaient d'un signe de "peace" à partir de leur logement au quatrième étage. Je sais bien que des choses de même il s'en passe aussi au centre-ville, ou tout près dans les quartiers cossus. Et j'en ai fait des manifs. Mais celle-là avait quelque chose de spécial. Je ne sais pas exactement quoi. Je me sentais un peu comme si on avait passé Tremblay et Laferrière dans le blender.

Il y avait quelque chose dans cet endroit de profondément intrigant et de sympathique.

J'habite à Saint-Michel et c'est un autre monde. C'est encore crasseux, pauvre, très multiculturel, mais chez moi c'est encore autre chose; c'est de la crasse moderne, avec des dépanneurs. Dans Montréal-Nord, la crasse date des années soixante-dix - l'air a quelque chose de vieillot, de typique et d'humble.

Voici la pancarte dont tout le monde parle. "J'étais certain que c'était que moi qui haïssait Lagacé et Martineau" m'a dit le gars à lunettes qui la portait. Paraît que j'étais au moins le huitième à le féliciter.


La police dit qu'elle a arrêté un gars avec des cocktails molotov dans son sac à dos (et pas dans ses mains). Je comprends pas. Comment ils ont su, les agents? Ils avaient des lunettes à rayons-X? C'est pas clair, cette histoire.

lundi 3 août 2009

Tuer un parasite.

Quelques personnes, suite à la lecture de mon dernier billet, ont été soit choquées, soit intriguées par le rapport que j’entretiens avec le travail. Comme le débat menaçait de devenir interminable (Coeus a écrit un commentaire très pertinent de plus de 700 mots, ça aurait dû figurer sur son propre blogue), j’ai décidé de sortir de ma boîte de commentaires (qui n’est par ailleurs pas très commode) afin de rédiger une réponse à peu près complète.

La nature de l’attachement au travail

Je pense qu’un condamné à la peine capitale, dans l’angoisse de l’attente de son exécution, peut en venir à désirer la mort et que de la même manière, les personnes qui n’ont pas d’emploi et qui meurent de faim ou d’ennui peuvent en arriver à voir une embauche potentielle comme une lumière à suivre au milieu de l’obscurité.

Mais est-ce que ce n’est donc pas davantage l’espérance d’une vie matérielle plus digne qui les motivent, plutôt que l’amour du travail? Veut-on travailler ou sortir de la grisaille quotidienne? Trouver un travail ne vise-t-il pas essentiellement à satisfaire les pressions sociales qui séparent le monde en deux clans (celui des travailleurs/euses, et celui des « oisifs/ives », ou des « parasites »)?

Il se trouve que les périodes durant lesquelles je n’ai pas travaillé (soit une bonne partie de mon enfance) ont également été les plus productives. J’étais RÉELLEMENT plus productif, par exemple, pendant l’été de mes 15 et 16 ans que maintenant : j’écrivais des romans et de la poésie. Maintenant, impossible : les études, jointes au travail, me parasitent l’esprit et me siphonnent tout ce que mon cerveau peut créer de beau. Tout est encadré par cette ignoble institution qu’est le travail, encarcané dans une hiérarchie, harnaché de normes et de contrôles de qualité.

Je ne suis pas trop paresseux pour travailler (de toute façon il y a bien des emplois qui sont pas très difficiles), je suis trop indépendant. J’accepte les critiques, mais devoir accepter l’irrationalité de la conformité me fait carrément dégueuler.

Dans notre société, ne pas avoir de job signifie en chercher une. Or, être en recherche d’emploi, c’est le comble de l’oisiveté. Pendant une période de recherche d’emploi, on a tellement l’esprit occupé qu’on arrive à rien faire d’autre qu’attendre.

Et ce qui me dégoûte le plus, c’est d’être payé pour ce que je fais. La paie, ce n’est pas une récompense, c’est ce qui m’est dû; c’est mon droit de vivre. Pourquoi il faut que je sois considéré comme un monstre si je ne trouve rien à faire en échange? Idéalement, on devrait s’assurer bénévolement de ma subsistance, comme je devrais assurer bénévolement tous les services que j’offre de bon cœur. Je sais que la société du don c’est utopique… mais on jase, là.

La mentalité de l’effort et de l’appréciation de la récompense, je gobe pas ça. La vaste majorité des efforts humains ne sont pas suivis de récompenses : ce sont des échecs matériels, ruinés par les guerres, les dettes, le favoritisme ou le loyer. Et quand il y a récompense, elle est très variable et le plus souvent décevante. C’est donc plus l’illusion de la récompense à venir que la récompense réelle qui nous motive à piocher dans l’espoir de décrocher une promotion qui ne viendra jamais. C’est ce que je désigne par le jeu de la carotte accrochée au bout d’un fil qu’on fait pendre devant le nez d’un âne. L’âne est si obsédé par la carotte qu’il oublie que quelqu’un est monté sur son dos.

Nous fonctionnons de la même manière que l’âne. Notre salaire, la récompense finale, est versé de manière arbitraire, et son augmentation est bien plus une question de rapport de force que de mérite! Pourtant nous sommes obsédé-e-s par le chèque que nous recevons à chaque deux semaines, peu intéressé-e-s par un questionnement sur l’utilité ou la signification des tâches qui nous sont imposées. Le meilleur exemple de ça c’est le fait que les employé-e-s d’une entreprise vont toujours tout faire pour garder leur usine ouverte, même quand le produit de leur travail ne sert à rien. La fermeture d’une usine ou mieux, le remplacement d’employé-e-s par des robots, dans un monde gouverné par le sens pratique, devrait être l’objet de réjouissances. Mais pourtant les employé-e-s sont mécontent-e-s, car ils/elles sont conditionné-e-s par une philosophie absurde et par le pouvoir exclusif que détient le patron sur leur moyen de subsistance. Carotte + bâton.

On pourrait aussi croire que l’être humain a le droit d’aimer le travail quand ce travail l’émancipe. Mais je considère qu’un travail qui émancipe réellement doit comporter plusieurs caractéristiques qui le rapprochent plus du jeu que du travail tel qu’on le connaît dans notre société capitaliste. Coeus nous a parlé du plaisir qu’on peut ressentir dans le service à la clientèle… mais ce n’est pas du travail, ça, c’est de la socialisation.

Le parasitisme

Je n’achète pas cette vieille notion libérale de bon pauvre / mauvais pauvre, qui revient au XXIe siècle sous l’avatar de BS invalide / BS valide. Donc, passons. J’y reviendrai plus tard si on me le demande.

J’aimerais cependant qu’on règle la question une fois pour toutes avec les « BS » : ils/elles ne sont PAS des parasites. Au contraire, en ne travaillant pas, en réduisant la productivité moyenne et en consommant ridiculement peu, ils/elles ralentissent l’économie et sauvent la planète de la faillite écologique causée potentiellement par la surconsommation.

Imaginez-vous si tout le monde travaillait. Je sais que dans une société idéale gérée avec intelligence, 0% de chômage nous permettrait tout simplement de mieux distribuer les tâches afin de répartir l’effort et de le réduire partout là où il y a surcharge. Mais dans notre société illogique et irrationnelle, parce que capitaliste et basée sur cette notion puante qu’est la croissance, 0% de chômage ne permettrait pas à l’ouvrier et à l’ouvrière de souffler un peu. Le surplus de la production causé par l’absence de chômage serait consommé sans que les gens aient la bonne idée de réduire leurs heures de travail... au lieu de s’acheter un deuxième écran plat et un troisième Blackberry.

Les écosystèmes ne pourraient tout simplement pas survivre à cette croissance supplémentaire et à la pression sur leurs ressources causées par la surconsommation.

Car les véritables parasites de la Terre, ce ne sont pas les BS : ce sont les consommateurs/trices. Les plus nocifs parmi ces parasites sont les riches.

mardi 28 juillet 2009

Tuer un homme.

"La meilleure manière de tuer un homme, c'est de le payer à ne rien faire," a dit Félix Leclerc. Cette maxime est reprise à toutes les sauces par les amant-e-s du travail, qui crachent sur l'aide sociale, arguant que la dépression nerveuse, ça n'existe pas, le capitalisme ne faisant que des heureux au sein de notre société Ronald McDonald. Ces demeuré-e-s (il faut ne jamais avoir travaillé pour aimer le travail - ou être stupide) essaient de nous faire croire que le "travail rend libre" toutes les personnes "aptes". (Quant aux invalides, eh bien l'émancipation ne leur sera jamais offerte, tant pis.)

L'aide sociale actuelle force littéralement le ou la bénéficiaire à ne rien faire, et c'est bien ça le noeud du problème. Impossible de faire quoi que ce soit sans trahir sa condition de personne "apte au travail". Pour vraiment mériter le statut d'inapte, il faut être sale, laid, vraiment idiot et de préférence atteint d'une pathologie mentale ou physique. Sinon? Coupure. Retour au montant de base de... 564$ par mois, soit 6800$ par année.[1]

Le résultat: les gens qui ne sont pas en mesure de travailler sont encouragés à ne rien faire du tout. Ni peinture, ni bénévolat, ni musique, ni tricot. En cela, je suis d'accord avec un autre passage de la chanson de Leclerc, qui porte à confusion dans sa syntaxe et qui est peu utilisé par les pères fouetteurs de la société québécoise: "Non je crois que la façon la plus sûre de tuer un homme / C'est de l'empêcher de travailler en lui donnant de l'argent." Dans le sens où interdire à une personne (homme ou femme) de faire quoi que ce soit, tout en lui donnant de l'argent, c'est une belle façon de la transformer en larve mort-vivante.

En revanche

Je trouve que la meilleure façon de libérer un être humain, c'est de le payer... juste sans rien lui demander.

Arbeit macht Frit!
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[1]En ce qui me concerne je vis dans un appart surpeuplé de Saint-Michel avec 10 000$ environ par an, et j'arrive à peine à m'acheter de quoi bouffer. Avec seulement 6800$ par an, je vous l'assure, je tomberais d'inanition. Il faut vraiment être un connard ou une connasse pour dire que les assisté-e-s sociaux sont plus confortables que les contribuables. Je vais vous dire: si vous êtes moins confortable que des "BS aptes au travail", c'est que vous faites un salaire ridicule, que vous ne payez donc pas d'impôts, que les "BS" ne sont pas à votre charge et que leur situation ne vous regarde donc pas.

samedi 18 juillet 2009

My dear unilingual anglophone friends from Montréal

Fellows,

I don't think you are obligated to learn French, even if you live in a french city, in the middle of a french province where people are attached to their culture just like an african tribe, (as you would probably say with contempt). You are free to not understand anything and to not listen to what your neighbours are telling you.

But you have no fucking right to disrespect us, calling people from Québec (especially the bilingual population of Montréal) racists and bigots. We may be lazy, depressed, divided, jealous and blinded by capitalism and nationalism, but not bigots. Everybody knows that Québécois are far from being bigots. Bigots vote for Conservatives, love war, hate gays, never change their mind and don't learn foreign languages.

And there is racism everywhere.

You must admit it, therefore: you are not different or superior. Under your insults and your false beliefs about us, are hidden your own weaknesses that you try to bury (without success). Your hatred is your illusion.

And I'm sorry for my bad use of English, but I am uneducated.

mardi 14 juillet 2009

Julien Gagnon, du PLQ, pastiche Bourgault.

Merci à Mademoiselle C. pour m'avoir mis la puce à l'oreille en m'envoyant ce vidéo.

Le Président du Comité-jeunesse du PLQ, Julien Gagnon, a en effet pastiché une partie d'un des plus grands discours de Pierre Bourgault lors du congrès de l'aile jeunesse de la formation libérale en mai dernier.

Dans l'allocution de fermeture du congrès, il a prononcé cette phrase, à 4min30: "Le Parti Libéral a su être le parti de ces bâtisseurs, de ces innovateurs, de ces penseurs, parce qu'il est attaché à ses valeurs." Un peu plus loin, il a renchéri: "Le Parti Libéral a produit les Godbout, Lesage, Bourassa, parce qu'il est resté dévoué aux rêves qu'il a eu pour l'avenir."

En 1971, Pierre Bourgault prononce un discours très inspirant (c'est le cas de le dire) lors du Congrès du Parti Québécois. On en a conservé l'enregistrement dans les archives de Radio-Canada. À 5min55, il prononce cette phrase: "Ho Chi Minh n'était pas respectable, il l'est devenu. DeGaulle n'était pas respectable, il l'est devenu. Castro n'était pas respectable, il l'est devenu. Parce qu'ils sont restés fidèles à leurs rêves de jeunesse. Et c'est ce que je voudrais que le Parti Québécois fasse: rester fidèle aux rêves qui l'ont enfantés."

Il y a vraiment trop d'éléments en commun entre les deux passages. Premièrement, la référence à trois personnages figurant comme des exemples de réussite; ensuite l'allusion à des rêves originels; et finalement la double mention de la fidélité aux "projets de jeunesse". Dans les deux cas, elle est tout d'abord décrite comme concept général, puis appliquée à la réalité politique avec des exemples concrets. J'aurais pu encore penser qu'il s'agissait d'une coïncidence si Gagnon n'avait pas imité jusqu'à l'intonation de Bourgault dans son fameux "parce qu'ils", prononcé deux fois plutôt qu'une par le prestidigitateur.

Vous observerez qu'en bon libéral, Gagnon ne propose toutefois pas un changement dans son parti, comme le faisait Bourgault: il se contente d'en vanter les accomplissements. Bourgault parle de l'avenir, Gagnon du passé. L'allusion est discrète et bien dénaturée. On arrive à reprendre une structure oratoire de Bourgault ayant pour but de déclencher l'inconfort afin de créer, chez les jeunes libéraux, une situation de confort. C'est du grand art.

Mais c'est aussi vraiment stupide: en pastichant Bourgault, Gagnon nous révèle que son ambition est plus grande que son originalité. Il nous montre aussi sa suffisance: pour lui, le PLQ est tout simplement armé depuis toujours des vertus que Bourgault souhaitait voir le PQ posséder. Finalement, en récupérant non pas un orateur de son camp, mais bien du camp adverse, il fait preuve d'une hypocrisie qui frôle la bouffonnerie.

Julien Gagnon, étudiant en économie, est une des étoiles montantes d'une jeunesse dorée incarnée à travers une pléthore d'organismes élitistes (pour les 18 à 30 ans) qui font la promotion du leadership. Sa reprise de Bourgault, qui vise sans aucun doute à électriser les moutons blancs immenculés de la Commission-jeunesse et de se faire remarquer dans la cour des grands, risque de ne pas être sa dernière tentative de crosser des gens naïfs. Maintenant que nous connaissons ses méthodes, nous avons plusieurs raisons de plus de se méfier de ce petit Napoléon.

dimanche 5 juillet 2009

Sale pub sexiste.

Pwel, du blogue Chercher les poux, félicite le comité Les délicates attentions d'avoir produit cette affiche destinée à être utilisée comme autocollant sur les pubs de Budweiser qui considèrent les femmes comme objets masturbatoires pour les hommes.

Tout d'abord, si ça peut rassurer les camarades du comité en question sur mon cas, il se trouve que si je me touche souvent en pensant à elles, je ne les considère cependant pas comme des objets masturbatoires.

Cette contre-pub s'adresse aux hommes. L'intention est bonne, mais le concept est pauvre et le public visé ne comprendra sans doute pas le message véhi-cul-é. Il réagira sans doute d'ailleurs très négativement, se sentant méprisé dans son identité d'onaniste. C'est sans doute pas l'intention (quoique...), mais c'est ce qui va selon moi arriver. La manière d'associer la bière avec la masturbation est très maladroite. La masturbation toute seule ne constitue en tant que tel plus un vice dans la culture populaire; la consommation de bière non plus. Mais quand on lie les deux thèmes de cette manière dans une caricature dénonciatrice, c'est leur valeur mythique de vices qui ressort. La luxure. L'ivrognerie. Alors que ce qu'on veut dénoncer, c'est la pub sexiste, pas les hommes. Bullsanus! Les militant-e-s féministes manquent leur cible.

Comme d'habitude, on me demandera: "Oui mais as-tu quelque chose de mieux à proposer, si t'es si bon que ça en stratégies de communications?" J'ai travaillé fort pour pouvoir répondre positivement à cette question.

Voici donc deux esquisses gossées rapidement sur Paint et qui s'adressent aussi aux hommes, destinées à inspirer les gensses de Délicates attentions. Comme c'est tout à fait dans la même veine que ce qu'ils/elles ont déjà fait, je suis certain qu'ils/elles vont adorer.

Le premier montage est inspiré d'une ancienne campagne anti-drogues gouvernementale:





Le second, très simplifié, vise particulièrement les X:



Voilà comment on parle à des hommes sans vexer leur intelligence et leur pénicitude... Oh Yeah!

samedi 4 juillet 2009

Les terrains de l'Assemblée Nationale.

Ils ont été remis au gouvernement du Québec par Ottawa. Les politiciens, contents, festoient. La propriété a enfin été "remise" à la population du Québec.

Pendant ce temps, le terrain du CSA de Pointe-Saint-Charles reste toujours usurpé par des voleurs.

vendredi 26 juin 2009

Le Renart et Lagacé

Clair que je suis du côté de Renart. Dans mon cas la question ne se pose même pas. J'ai déjà planté Lagacé sur mon blogue parce qu'il avait écrit un article à la con dans La Presse, se permettant de juger sans s'informer, comme le ferait un très mauvais éditorialiste digne de travailler dans la presse jaune (pour ne pas dire dans les pages jaunes). On peut déduire du ton emprunté que j'ai un parti pris en sa défaveur, et en faveur de Renart, qui fait partie de ma liste de blogues favoris depuis plusieurs mois.

Remarquez, je n'accuse pas le monsieur d'être un collabo, un serviteur de Gesca, un suppôt du capitalisme ou quelque chose dans le genre. Juste d'être foutrement pas original. Jamais je n'ai lu de lui un article qui sortait de l'ordinaire. C'est d'autant plus ennuyant que le strict conformisme de ses billets me force à le lire pour me faire une idée de ce que Joe-le-conseiller-municipal pense. Lagacé a son franc-parler, mais ce qu'il avance ne sort jamais du cadre bien-pensant de la petite élite villageoise lettrée. Assez intelligent pour questionner la police, trop frileux pour questionner le rôle de la police. Assez vif pour critiquer les politiciens, trop hypocrite pour les haïr.

Je peux quand même lui donner un point: à chaque fois que je le lis, il arrive à me décevoir à nouveau. Car Lagacé n'est pas politically correct: il est thinkally correct. Il est audacieux dans la forme, mais c'est à peu près toujours pour dire des banalités.

Je dis tout ça parce qu'il me semble avoir entendu des petit-e-s comiques (était-ce Lagacé lui-même) s'étonner du fait que certain-e-s blogueurs/euses s'en prennent à lui quotidiennement. Si c'est effectivement le cas ce n'est sans doute pas par haine des gens à succès; ni parce que ces blogueurs/euses n'ont pas de vie; c'est juste parce qu'il est prévisible et unidimensionnel. Ça, ce ne sont pas qu'une poignée de blogueurs qui le disent. C'est une opinion assez répandue.

Je dis tout ça aussi parce que Lagacé tint, à propos de Renart, à peu près ce langage: "Depuis, Pascal (son vrai nom), se fait blaster solidement, on l’accuse d’avoir attaché le grelot à une rumeur." Eh bien moi, je ne le blaste pas. Et on sait jamais. Je fais peut-être partie de la majorité silencieuse.

jeudi 18 juin 2009

Les fachos s'entredéchirent.

Dieudonné et ses allié-e-s ultranationalistes et islamistes se sont frottés, fin mai, à ce que plusieurs considèrent comme étant des nationalistes sionistes français et quelques militant-e-s antiracistes, peut-être proches de la Ligue Communiste Révolutionnaire. À Paris, alors que l'ex-humoriste souhaitait prendre la parole en public pour parler de sa fameuse liste antisioniste, la tension a commencé à monter entre son parti et quelques militants (visiblement tous des hommes) venus distribuer des tracts contre cette initiative. Dieudonné parle de ces opposants comme des Juifs français qui criaient "Israël vaincra"... entre autres choses. Après un match d'insultes sans doute très intéressant à entendre, des nationaleux ont approché des contre-manifestants. Un antiraciste a alors donné un coup de pied dans le ventre d'un antisioniste, puis une bagarre a éclaté immédiatement, faisant plusieurs blessé-e-s. Les nationalistes et islamistes de Dieudonné ont ensuite poursuivi les "agresseurs" dans les rues sur plusieurs centaines de mètres.

Alternatives Libertaires attaque la liste "antisioniste" de Dieudonné en disant qu'elle est chapeautée par des fachos qui ont même agressé un passant refusant de prendre leur tract. Les gens de l'UCL, dans La Commune, se vantent d'avoir bien accueilli Dieudonné à Montréal et appuient leurs camarades antifas en France. Les antisionistes français accusent actuellement certains groupes antiracistes d'être manipulés par des pro-Israéliens violents, et ceux qui appuient Dieudonné sont, aux yeux de la gauche plus mainstream, des antisémites.

Comment les gens opposés à la fois à l'antisémitisme et au sionisme peuvent-ils se positionner face à cette guerre entre Franco-Français? Plusieurs libertaires pourraient très bien, dans les mois à venir, se battre contre leurs propres ami-e-s, par accident, se retrouvant dans une manif anticolonialiste fréquentée également par quelques personnes controversées et soudainement perturbée par des antiracistes.

Les deux camps sont des nids à fachos. Les deux camps le savent. Il n'y a que nous, de l'autre côté de l'Océan, pour être pognés dans un no man's land. Certes, les structures anars du Québec, que je trouve toujours aussi sympathiques, ont décidé de tonner contre Dieudonné. Mais sans vouloir les vexer, je les suspecte d'être plus largement influencées par leurs homologues françaises que par des sources complètement indépendantes.

CE RACISME

Le racisme a très mauvaise presse depuis plusieurs décennies. On hésite rarement à le dénoncer en public. Mais pourtant il se renforce. Car le racisme le plus populaire au XXIe siècle, c'est de prétendre que l'Autre est raciste... de manière congénitale. Les médias anglophones, par vagues, traitent les Québécois de racistes; ceux qui se laissent laver le cerveau par ces torchons en deviennent tellement agressifs que l'un d'entre eux a décidé de m'attaquer en plein centre commercial, totalement gratuitement, seulement parce qu'il avait des raisons de croire que j'étais francophone, donc raciste. J'en ai parlé il y a un an. Ce n'est pas une attaque raciste? Pour les militant-e-s d'extrême-droite en faveur d'Israël, un rien est considéré comme un crime haineux. Ansi selon eux l'humanité se divise en deux parties: l'une est juive, et l'autre antisémite. Ça aussi, c'est raciste. Idem pour les Québécois-es qui accusent TOUS les Juifs, les Pakistanais et les Haïtiens de se tenir en petite gang et de refuser de s'intégrer; finalement d'être racistes. À cause de ça, quand ils en voient qui portent la kippa, ils ont juste envie de leur donner la volée de leur vie. C'est raciste.

C'est raciste d'haïr l'ensemble des membres d'un groupe culturel en raison d'un trait qu'on leur attribue collectivement. Et le racisme victimaire, c'est toujours du racisme. De toute façon, qui sont les victimes et les faibles? Les Israéliens entourés d'Arabes, ou les Palestiniens entourés d'Israéliens? Les Québécois-es entourés d'Anglais, ou les Montrealers entouré-e-s de Québécois-es? C'est sans doute plutôt nous-mêmes, entouré-e-s de crétinerie.

"Dans le doute, abstiens-toi", diront certains. Moi je dis plutôt: "Dans le doute, tape dans le tas." C'est la seule réaction rationnelle. Deux groupes racistes "antiracistes" s'affrontent dans des chicanes enfantines? Ne prenons pas parti: tapons sur les deux*. Et sur la police aussi si elle intervient*.

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*Dans le cadre d'un débat et sans agression contre les personnes. Cela va de soi.