jeudi 11 février 2010

Usines sans patrons - compte-rendu

La conférence a lieu hier à L'UQÀM. C'était une activité organisée par nos camarades de l'UCL. Si vous avez manqué l'évènement, vous pouvez vous reprendre en visionnant The Take, le documentaire de Naomi Klein, et peut-être en lisant ce petit article publié sur le blogue La Commune. Ensemble, ces deux documents résument assez bien la conférence d'hier.

J'ai trouvé l'envoyé de Red Libertaria fort intéressant. C'est cependant dommage qu'on ait pas envoyé d'Argentine un-e conférencier/ère qui connaisse bien le français. La traduction simultanée était très correcte, et en même temps ça me permettait d'entendre les informations deux fois plutôt qu'une (pratique pour la prise de notes) mais je vous jure que cette méthode, pour l'avoir expérimentée à quelques reprises, écourte de beaucoup les échanges.

J'aurais également apprécié qu'on parle davantage des structures d'une usine sans patrons et des modes pragmatiques de l'établissement de telles usines dans un contexte différent de celui de l'Argentine de 2001. Même si quelques cas d'usines sans patrons ont été étudiés brièvement, nous avons surtout eu droit à une conférence historique sur la crise du néolibéralisme vécue par les Argentins au début de la dernière décennie.

Parmi les usines mentionnées par le conférencier figure le célèbre cas de Zanón. Les ouvriers viennent d'ailleurs juste d'obtenir l'expropriation officielle de leur patron et gèrent de manière autonome leur entreprise depuis plusieurs années déjà. En occupant leur usine dans un premier temps et en décidant de recommencer à produire à leur propre compte ensuite, il ont créé un nouveau modèle de gestion et de production égalitaire sans hiérarchie. Tout ça au sein de cette usine qui avait été fermée pour des raisons de faillite il y a presque dix ans, laissant les employé-e-s subir un retard de plusieurs mois dans le paiement de leur salaire.

Dans quelques cas, les usines récupérées ont subi de durs revers économiques; mais chez Zanón, le nombre d'employé-e-s a doublé depuis la faillite. Et Zanón n'est pas une petite usine: en 2001, on y comptait déjà 240 postes. Le modèle autogéré n'a pas eu que des répercussions sur l'emploi: les accidents de travail y sont également beaucoup plus rare qu'auparavant. L'usine est d'ailleurs globalement plus saine et l'entreprise s'implique au sein de la communauté.

L'intervenant de Red Libertaria nous a toutefois fait comprendre, en conclusion, que les progrès des usines récupérées sont souvent ralentis par le capitalisme, qui dicte par exemple le rythme de travail et qui met les usines en compétition les unes contre les autres, forçant même parfois les travailleurs/euses à "s'autoexploiter" jusqu'à ce que les usines reprennent un fonctionnement normal et redeviennent rentables.

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