mercredi 16 mai 2012

Charest, sa loi spéciale, ses mensonges et le chaos.

Charest attribue, ce soir, la responsabilité des violences et des blessures aux seul-e-s étudiant-e-s en grève.  La démission de Beauchamp, c'est de notre faute aussi: la ministre est une martyr.  Il y a selon lui une contradiction entre le fait de bloquer les portes d'un cégep et défendre l'accès à l'éducation.  Comme si on pouvait croire, par analogie, à une possible contradiction quand des employé-e-s en grève bloquent leur usine dans l'objectif ultime de pouvoir continuer d'y travailler.

Charest prétend que les grévistes sont violent-e-s, agressifs/ives, qu'illes refusent de négocier.  Il prétend qu'il nous écoute depuis le début.  Pourtant, il a fallu des mois avant que le gouvernement daigne «négocier».  Dire que ça vole pas haut, ce serait un euphémisme.  On pourrait plutôt suggérer que Charest fait du rase-mottes intellectuel.

Sa loi est une grosse farce.  Elle ne garantit pas le droit à l'éducation: elle force ici une suspension, ailleurs (et plus tard?) une école militarisée.  C'est une négation du droit à l'autodétermination des collectivités.  L'esprit de cette loi et de tout le comportement du gouvernement depuis trois mois, c'est le refus de la légitimité de toute institution démocratique qui sorte de la sphère de pouvoir de ce parti contrôlé, on s'en doute de plus en plus, en sous-main par le crime organisé et un réseau d'hommes d'affaires opulents et accapareurs. 

Le gouvernement prétend que nous répandons le chaos, que nous menaçons la démocratie par notre «intimidation» et notre «violence».  Pendant ce temps, il encourage ses ami-e-s à piller nos ressources, ruiner notre environnement, détruire nos rêves et voler notre travail. 

C'est lui qui est la cause du chaos.  Tout-e observateur/trice un peu scientifique démontrera que la répression provoque toujours plus de désordre.  Il n'y a que le dialogue, la liberté et la solidarité sociale qui sont des gages de paix.

Peut-être que le désordre peut assurer la réélection de Jean Charest, ou même favoriser des tyrans à la François Legault, mais il ne parviendra jamais à leur donner raison sur nous. 

Toute loi, qu'elle soit spéciale ou pas, qu'elle suspende des sessions ou force le retour en classe, ne peut régler un conflit à long terme.  Comme la prison ne calme pas la faim.

5 commentaires:

  1. Mr Charest risque d'apprendre a ses dépend que la loi internationale existe. Et qu'un premier ministre, ca peut etre mis en prison.

    RépondreSupprimer
  2. Je serais heureux qu'il aille en prison, mais j'ai des doutes.

    RépondreSupprimer
  3. Non, je pense pas qu'il ira en prison.

    RépondreSupprimer
  4. Je rappelle que George W. Bush n'a pas été en prison.

    "Elle ne garantit pas le droit à l'éducation: elle force ici une suspension, ailleurs (et plus tard?) une école militarisée. "

    Peux-tu me préciser le "ailleurs"? Je ne comprends pas trop. Ou peut-être est-ce moi qui délire à force de trop écouter la radio...

    RépondreSupprimer
  5. Les établissements sous injonction?

    RépondreSupprimer